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    Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le commerce...

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/2006

    © Photos.com

    Le commerce alimente rarement les conversations familiales ou les bavardages entre collègues.

    Si le public a pris la mesure de l'impact du commerce international, il reste perplexe. Il ignore souvent sa capacité d'enrichissement ou la conduite à tenir pour en tirer profit.

    Pour que le public adhère au programme en faveur du commerce, il doit prendre conscience de son intérêt pour lui-même et les autres.

    Tous les jours, les citoyens expriment leurs craintes face au chômage et aux inégalités, à la fuite des cerveaux, à l'immigration, aux guerres civiles ou à la pollution; ce qu'ils ignorent, c'est que le commerce international peut être une des solutions aux problèmes.

    Les échanges sont générateurs d'emplois et d'industries pour les communautés pauvres ou marginalisées. La libéralisation du commerce transfrontalier peut profiter aux entrepreneurs innovants et dynamiques. Dans les pays où les chances de développement sont rares, le commerce est un moteur essentiel de la lutte contre la pauvreté. Il permet aux communautés pauvres d'acheter les services dont elles ont envie ou besoin.

    En Inde par exemple, la libéralisation des télécommunications faisait craindre une réduction des services, notamment dans les régions rurales pauvres où vivent peu de consommateurs aisés (appelants internationaux et nationaux longue distance). À la surprise générale, elle a surtout amélioré l'accès aux télécommunications de ces régions et fortement réduit les coûts grâce à la concurrence. L'amélioration des services a contribué au développement de l'éducation et de la communauté. La modernisation des infrastructures par les nouvelles entreprises a créé de nouvelles industries pour l'externalisation des processus d'affaires et multiplié les emplois.

    Au cours des dernières années, les cercles de développement ont admis la contribution du commerce au recul de la pauvreté. Mais nous n'avons pas encore atteint les nombreux citoyens instruits qui font déjà ce lien. Une minorité a cerné les tenants et les aboutissants des politiques commerciales et rares sont ceux qui appréhendent la façon dont fonctionne le développement du commerce, à commencer par la capacité de produire des biens et services sachant séduire les consommateurs du monde entier.

    Sans la compréhension et le soutien avérés du public envers le commerce international et le développemnt, les initiatives telles que le Programme de Doha pour le développement, l'Aide pour le commerce et les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont vouées à l'échec. Que peuvent faire les organisations de développement du commerce pour s'attacher les faveurs du public?

    Saisir le lien entre commerce et recul de la pauvreté



    Dans les pays industrialisés, comprendre les questions de pauvreté et de développement n'est pas une priorité. La récente étude transatlantique du Fonds allemand Marshall des États-Unis révèle un soutien en faveur de la libéralisation du commerce, des craintes liées à la perte d'emploi et une réticence à lever les barrières commerciales (voir Libre-échange: Le soutien du public peut-il s'affirmer davantage?). à la question sur leurs motivations à investir dans l'aide, Américains et Européens placent en général l'allègement de la pauvreté, les questions sanitaires et le renforcement de la démocratie avant l'«aide au commerce en faveur des pays pauvres».

    Selon une étude de 2003 de l'Organisation de coopération et de développement économiques, rares sont les citoyens sensibilisés aux politiques officielles d'assistance et de co-opération en faveur du développement. De même, quatre ans après l'adoption des objectifs du Millénaire pour le développement, près de 88% des Européens n'en ont jamais entendu parler, selon une étude de la Commission européenne.

    Pourquoi ce déficit de sensibilisation?



    Les mieux placés pour louer les avantages du commerce ne s'expriment pas ou limitent leurs propos à des cercles restreints. Le commerce est un thème parfois complexe à expliquer. Même lorsque des secteurs devraient fonctionner ensemble, la réalité est bien différente. Les sommités en matière de commerce, développement et finance des pays les moins avancés ne communiquent pas toujours bien entre elles, notamment pour accorder au commerce la place qu'il mérite dans les stratégies de développement (voir À la recherche d'un cadre adapté).

    Ce manque de coordination transparaît dans les systèmes éducatifs, la presse et autres moyens de communication qui touchent le grand public.

    Des intervenants peuvent changer la donne:

    • Les dirigeants d'entreprise s'efforcent de rendre les entreprises viables. L'action collective n'est pas leur objectif. Mais les choses évoluent. Avant la Conférence ministérielle de Hong Kong, le Financial Times a publié une lettre rédigée par des chefs d'entreprise en formation à IMD, grande école internationale de commerce, déplorant le «manque de leadership commercial et professionnel dans un secteur que nous jugeons actuellement prioritaire».
    • Les négociateurs commerciaux ne souhaitent pas dévoiler leurs positions de négociation, compliquant du même coup la tâche des journalistes (voir Communiquer sur le commerce: Le point de vue du Kenya).
    • Les journalistes jugent le développement du commerce moins «accrocheur» que la maladie, les conflits ou les très controversés pourparlers commerciaux. Il faut un effort délibéré pour trouver sur des jours, des mois et des années, des histoires à dimension humaine pour illustrer le développement du commerce et la réduction de la pauvreté.
    Pour communiquer sur les questions commerciales, mieux vaut avoir une connaissance du sujet ou avoir suivi une formation préalable. Selon un rapport de 2002 de la Banque mondiale sur le rôle des médias dans le développement économique, dans de nombreux pays en développement, le personnel des médias manque souvent d'expertise pour rendre compte des questions économiques et politiques; il éprouve des difficultés encore plus grandes à atteindre le grand public. Les citoyens des pays industrialisés par exemple ont 25 fois plus de chances de lire un quotidien que les résidents africains. Le travail effectué par l'institut Panos avec des journalistes des pays en développement (voir Améliorer la couverture du commerce dans les médias) mène aux mêmes conclusions.

    • Les organisations commerciales ne font peut-être pas tout pour sensibiliser à la contribution du commerce au développement économique et social. Bannir le jargon et privilégier l'angle humain ne suffit pas. Aligner des plans de développement pour inclure le commerce est essentiel mais ces initiatives doivent s'accompagner d'efforts pour faire comprendre au grand public la contribution du commerce à la transformation de la société.

    Renforcement de la sensibilisation



    Que peuvent faire les organisations de développement du commerce pour remédier au désintérêt - voire à l'hostilité - du public insuffisamment sensibilisé aux atouts du commerce? Avec qui communiquer? Voici la liste.

    • Les journalistes. Sans eux, impossible d'atteindre le grand public. Quelques organisations règlent le problème en créant à leur intention des programmes de formation axés sur la politique commerciale, qui peuvent être adaptés ou élargis pour inclure le développement des exportations et se focaliser sur des études de cas et des histoires à dimension humaine illustrant la contribution du commerce au recul de la pauvreté.
    • Les enseignants et les étudiants. Les ONG ont développé des programmes d'éducation au commerce. Oxfam chef de file dans ce secteur, atteint les enseignants, les enfants et les adolescents par le biais de livres, jeux, posters et DVD sur des thèmes variés: commerce équitable, pauvreté et mondialisation. La Banque mondiale dispose d'un programme d'éducation sur le développement visant à sensibiliser étudiants et enseignants du secondaire aux problèmes socio-économiques et environnementaux du développement durable. Recherchez ce type de programmes et explorez les partenariats pour développer et tester les programmes de développement du commerce présentant un intérêt pour votre pays.



    © Co-op America, People & Planet, Fairtrade Foundation

    Guides du commerce équitable
    Ces groupes utilisent des brochures et des manuels pour sensibiliser les communautés.



    Site internetYouthink
    Les récits, vidéos, photos et jeux du site de la Banque mondiale sensibilisent les jeunes au commerce notamment.



    • Le monde des affaires. Les entreprises ont un double rôle, en tant qu'apprenantes et éducatrices. Leurs connaissances se limitent souvent à leur champ d'activité. Par ailleurs, les coalitions commerciales bien informées peuvent faire pression sur les parlementaires et les ministres lors de l'élaboration des stratégies de développement du commerce et des exportations. Ce rôle peut être élargi, notamment dans les économies en transition et en développement. Plusieurs programmes du CCI aident les entreprises à faire entendre leur voix afin d'instaurer un environnement commercial plus favorable.
    • LesONG. De nombreuses ONG ayant pour vocation première l'humanitaire ou la protection de l'environnement, développent actuellement des programmes de sensibilisation à la politique commerciale comme le soulignait un récent numéro du Forum du commerce (voir Le commerce pour tous, Tendre la main aux ONG). Ouvrir le dialogue avec ces groupes et rechercher des intérêts communs est un bon début.
    • Les décideurs commerciaux. Ils ont aussi un double rôle. Le pouvoir décisionnel et l'influence des parlementaires en font des acteurs importants de la sensibilisation à la contribution du commerce. Ils subissent diverses pressions. Les agences donatrices ont leurs propres points de vue sur le commerce qu'elles érigent souvent en conditions pour les bénéficiaires; elles pourraient consacrer une part de leur aide à la sensibilisation du grand public. Le CCI dispose de programmes mettant en relation les défenseurs des intérêts des entreprises et les stratèges en vue d'informer ces derniers des besoins et intérêts des entreprises en matière de développement des exportations.
    Les syndicats et les associations religieuses peuvent également conclure un partenariat en vue d'agir en faveur du commerce.

    Toucher un large public



    Une stratégie efficace consiste à regrouper les actions des différents groupes en une campagne commune. Une récente campagne nationale du Gouvernement suédois pour renforcer la sensibilisation aux OMD est remarquable à cet égard. L'approche, qui a réuni Gouvernement, institutions internationales, universités, ONG et entreprises privées suédoises, a été efficace. Quatre ans après l'adoption des huit OMD, 27% des Suédois savaient ce dont il s'agissait contre seulement 12% dans les autres pays de l'Union européenne.


    © InterAction , Care

    Guides de sensibilisation des ONG
    Les techniques utilisées par les ONG, surtout
    pour la sensibilisation au développement, peuvent
    être adaptées par les professionnels du
    développement du commerce.

    Les autorités chargées de planifier les campagnes de sensibilisation aux exportations peuvent constater que leurs manuels touchent peu au commerce. Des manuels et des directives sur l'organisation de campagnes et la sensibilisation sont disponibles auprès d'ONG comme InterAction, CARE, Oxfam. Les organisations du commerce équitable disposent également de guides pour s'assurer du soutien en faveur des produits équitables.

    Il faut commencer par identifier les partenaires pour organiser et mener la campagne avant d'identifier les audiences cibles. Afin d'améliorer l'impact, collaborez avec des partenaires non traditionnels et ciblez des audiences multiples. Leur participation aux campagnes renforce leur prise de conscience et en font des partenaires importants de la sensibilisation.



    Les entreprises doivent faire l'éloge du commerce


    «… Dans chaque entreprise américaine opérant à l'international, même les plus petites, le président-directeur général doit prendre le temps d'expliquer à ses employés - qu'ils soient 5, 5 000 ou 50 000 - que la mondialisation multiplie les opportunités pour l'entreprise, que l'ouverture des marchés affecte les recettes de l'entreprise et qu'une part de leur salaire est payée par les activités internationales.

    Les chefs d'entreprise doivent s'investir pour changer le point de vue des travailleurs américains sur le commerce en s'appuyant uniquement sur les chiffres. Par exemple, peu d'Américains savent que l'abaissement des barrières commerciales, ne serait-ce que d'un tiers, dans le cadre du Cycle de Doha se traduirait par une augmentation annuelle moyenne de leurs revenus d'environ US$ 2 000 (en dollars de 2003)… Peu savent que l'ouverture des marchés prônée par le Cycle de Doha permettrait de faire reculer la grande misère … Peu savent qu'un million d'emplois seraient créés dans les pays en développement si 15 millions de tonnes de sucre pouvaient être exportés sur les marchés fortement protégés… sans aucun effet secondaire pour le marché intérieur américain ou l'économie mondiale…

    Publiciser ces faits permettrait aux chefs d'entreprises d'expliquer aux travailleurs que le commerce est le meilleur moyen de doper la croissance économique à l'intérieur comme à l'extérieur, d'alléger la pauvreté et d'encourager la stabilité mondiale.»

    «The Stakes of Doha,» Carla A. Hills, ancienne représentante américaine pour le commerce, dans Foreign Affairs, édition spéciale «Freer Trade?», décembre 2005.

    Recherche: Marija Stefanovic, CCI. Rédacteurs: N. Domeisen, P. de Sousa, P. Hulm, M. Stefanovic.

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