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    Réduire la pauvreté grâce au commerce: Redonner du goût à la vie rurale

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/2004

    Photo : CCI Le CCI a concentré ses efforts en vue de la réduction de la pauvreté sur les paysannes des communautés rurales les plus pauvres de l'Inde. En collaboration avec des organismes tels que Spices Board India, le CCI a contribué à instaurer des sources de revenu durables, fondées sur l'exportation des épices.

    En 2000, l'Inde exportait des épices biologiques et des condiments pour la valeur de US$ 290 000. En 2003, ces exportations ont presque été multipliées par quatre, passant à US$ 1,13 million. Une grande partie de cette augmentation est le fruit des efforts de Spices Board India dans l'encouragement de la culture des épices biologiques destinées à l'exportation.

    En décembre 1998, un atelier du CCI sur les villages exportateurs a été à l'origine de l'initiative de cet organisme pour aider les communautés rurales à exporter des épices biologiques. Le projet qui en est né, élaboré avec l'assistance du CCI, fut un des 44 programmes choisis parmi 1200 en compétition et a gagné une récompense de US$ 250 000 accordée par la Banque mondiale en tant que «projet innovant pour la réduction de la pauvreté». Il est ainsi devenu un projet-pilote du CCI dans le cadre de son Programme de réduction de la pauvreté par l'exportation.

    Le CCI a analysé le marché des épices biologiques en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, et identifié celles qui étaient le plus demandées. Il s'est uni à Spices Board India et à d'autres ONG locales pour former des agriculteurs dans la préparation de la terre, la plantation biologique, la certification, la récolte et le stockage hygiéniques, le contrôle des parasites et des maladies, les bases de la commercialisation et des rapports avec les exportateurs.





    Dès sa création, le projet, soutenu par le CCI et destiné à améliorer les exportations indiennes d'épices, s'est concentré sur les milieux les plus pauvres, en particulier les populations indigènes et les femmes. Ce projet se révélant bien accepté, sa flexibilité a permis d'en étendre la portée..

    De 335 à 2160 familles concernées

    Les quatre sites-pilotes - deux dans l'État du Kerala, un au Tamil Nadu et un à Orissa - impliquaient 335 familles, dont 135 originaires de tribus indigènes, et bénéficiaient aussi à quelque 1800 cultivateurs vivant aux alentours. Dès le départ, la proportion de femmes était élevée: de 40% à 50% sur les sites du Kerala et d'Orissa, et jusqu'à 90% à Nilgiris, au Tamil Nadu.

    L'idée originale était d'occuper 350 familles sur 309 hectares, dans le cadre d'un projet se déroulant de 2000 à 2003. En mars 2004, le projet impliquait 2160 familles cultivant 1885 hectares. L'intention de mener à bien six programmes principaux de formation a abouti en novembre 2002. Un autre projet a été organisé en juin 2003, et trois ateliers répondant à des besoins plus spécifiques ont également eu lieu. Entre 2000 et 2003, les 36 cours prévus ont eu lieu et, en mars 2004, 16 autres avaient été donnés.

    Une des tâches majeures consistait à créer une infrastructure pour la promotion de marché et le suivi des projets. A cette fin, un logiciel a été élaboré pour les ONG concernées, des sites internet ont été créés et sont régulièrement mis à jour, et un laboratoire de contrôle de la qualité, pour des analyses de base, a été mis sur pied. HOPE (Health of People and Environment), une ONG locale de Nilgiris, et Samanwita, une ONG sise à Orissa, ont collaboré à la conception d'un herbier et d'une marque d'épices dans des emballages de vente. De plus, les ONG concernées ont élaboré des systèmes de contrôle internes.

    Promouvoir la certification

    Les projets réussis sont viables à long terme et, pour assurer leur durabilité, Spices Board India a encouragé la certification des cultures. À l'heure actuelle, trois quarts des terres cultivées dans le cadre du projet ont obtenu la certification officielle de ferme biologique, le reste devant le faire d'ici à avril 2005. Les récoltes autres que les épices sont aussi incluses dans la certification.

    Dans le cadre des activités de publicité et de commercialisation du projet, les quatre ONG locales ont participé, en 2002 et 2004, à BioFach, Salon international des aliments biologiques et des produits naturels, tenu à Nuremberg (Allemagne), et elles ont mis sur pied un stand biologique lors du Congrès mondial des épices. Un film sur le projet a également été produit. En conséquence, des rédacteurs spécialisés dans l'alimentaire du monde entier ont visité les sites du projet.

    «Le projet a démontré la viabilité de la réduction de la pauvreté grâce au renforcement des capacités d'entreprise. Tout cela pourrait être reproduit ailleurs, en Inde ou dans le monde», a déclaré M. K.P. Somasekharan, Directeur de Spices Board India. Un des objectifs était d'encourager les exportateurs à passer des contrats avec les cultivateurs pour acheter leurs récoltes à la fin du projet. «Cela a déjà commencé», a-t-il annoncé.

    «Ce projet est important pour les pays en développement, observe M. Jaime Crespo-Blanco, Coordonnateur du Programme de réduction de la pauvreté par l'exportation du CCI. Il montre aux communautés défavorisées que les exportations représentent une possibilité pour soulager la pauvreté et, plus important encore, pour s'intégrer solidement à l'économie mondiale.»

    Pour M. J. Denis Bélisle, Directeur exécutif du CCI: «Le succès du projet indien d'exportation d'épices biologiques a entraîné des programmes similaires avec différents produits dans 11 pays, notamment en Chine, au Brésil, à El Salvador, en Éthiopie, en Iran, au Kenya, en Mongolie et en Afrique du Sud.» D'autres projets-pilotes similaires à celui du Brésil sont en cours, financés par les Gouvernements d'Allemagne, des Pays-Bas, de la Norvège et de la Suisse.

    Texte: Peter Hulm





    Quelques sites épicés sur l'internet



    Spices Board India:
    http://www.indianspices.com

    Les ONG associées au projet ont chacune lancé un site. En voici les adresses:

    • HOPE (Nilgiris):
       http://www.hopeinnilgiris.com
    • Peermade Development Society (Kerala):
       http://www.pdsorganicspice.com
    • Samanwita (Orissa):
        http://www.samanwita.com
    • Wynad Social Service Society (Kerala):
        http://www.wsssindia.com

    Organisations mentionnées dans cet article:

             

         

    Site(s) lié(s) au CCI:

    Vaincre la pauvreté:

    http://www.intracen.org/eprp/en/welcome.htm


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