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    Le droit humain à l'égalité économique

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 3-4/2008

    Les gouvernements se sont engagés à éradiquer toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Les politiques commerciales éclairées intègrent la dimension de genre.

    DÉFINITION DE LA DISCRIMINATION À L'ÉGARD DES FEMMES

    L'article 1 de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes fait de l'égalité économique des femmes un droit humain:

    "Aux fins de la présente Convention, l'expression 'discrimination à l'égard des femmes' vise toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe qui a pour effet ou pour but de compromettre ou de détruire la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice par les femmes, quel que soit leur état matrimonial, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femme, des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social, culturel et civil ou dans tout autre domaine."


    En adoptant la Déclaration universelle des droits de l'homme le 10 décembre 1948, la famille des Nations Unies, qui ne comptait alors que 56 membres, a concrétisé leur aspiration à "l'égalité des droits des hommes et des femmes". Malgré les nobles principes énoncés dans la charte pour sauvegarder la dignité inhérente de chaque être humain, l'Assemblée générale des Nations Unies a constaté que les femmes sont maintenues en état d'infériorité par rapport aux hommes quant à la jouissance des droits civils, politiques, culturels, sociaux et économiques.

    Cette prise de conscience a conduit les Nations Unies à adopter en 1979 la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Convention CEDAW).

    La famille des Nations Unies s'est élargie et à ce jour 185 États membres ont ratifié la Convention et 95 le Protocole facultatif à la Convention. La majorité des gouvernements se sont donc engagés à respecter l'esprit du traité sur les droits humains des femmes et à appliquer des politiques qui garantissent la participation des femmes au développement durable.

    Un engagement de cette importance ne peut être pleinement réalisé que si les politiciens et les décideurs intériorisent l'idée selon laquelle les droits des femmes sont des droits humains.

    Les politiques commerciales sous l'angle des droits humains

    Afin d'intégrer efficacement les femmes dans les grandes politiques commerciales, les décideurs doivent saisir pleinement les implications économiques de la Convention et s'engager dans un "dialogue constructif" avec les experts en matière de genre.

    Au fil du temps, le CEDAW a noté que les femmes de tous les pays restent en retard sur les hommes dans d'importants secteurs: prise de décision politique; poids dans les assemblées contrôlant le capital économique des sociétés; et accès aux ressources financières et aux moyens de garantir l'indépendance économique des individus et membres de groupes.

    Les pays développés proposent des exemples remarquables de femmes qui ont su s'imposer dans les allées du pouvoir économique autrefois détenu par leur père, leurs frères et leur mari. Mais dans les pays en développement, la plupart des femmes n'ont pas accès à l'arène où sont conçues et mises en œuvre les décisions économiques et les politiques commerciales.

    En fait, l'examen périodique des rapports soumis au CEDAW par les États parties à la Convention révèle que la tendance mondiale est à:

    • La féminisation de la pauvreté
    • L'érosion des environnements social et physique qui confinent les femmes dans des secteurs traditionnels de la société
    • Une hausse de l'incidence de la violence fondée sur le genre qui génère peur et insécurité chez les femmes et les jeunes filles
    • Une augmentation des grossesses d'adolescentes
    • La féminisation de la pandémie de VIH/SIDA dans des régions comme l'Afrique subsaharienne, l'Amérique latine et les Caraïbes.

    Les politiques commerciales progressistes doivent s'articuler autour de ce constat. Dans la quête d'opportunités commerciales, il faut s'attaquer pleinement aux barrières patriarcales qui privent encore les femmes de leur droit à l'égalité.

    Documenter la marginalisation économique

    En juillet 2008, le Comité a soulevé des craintes quant à la marginalisation économique dont souffrent encore des femmes dans de nombreuses sociétés à travers le monde.

    Au Nigéria, le CEDAW est préoccupé par la pauvreté généralisée chez les femmes, notamment dans les régions rurales et les familles ayant à leur tête une femme. Il a souligné que les piètres conditions socio-
    économiques des femmes sont une des causes de la persistance de la discrimination et de la violation des droits humains des femmes. Le Comité recommande que le Nigéria applique des stratégies et programmes de développement rural attentifs au genre et garantisse la pleine participation des femmes.

    En Slovaquie, le CEDAW a pris note des mesures prises par le pays pour "éliminer la ségrégation fondée sur le genre sur le marché du travail". Cependant, il souligne que les stéréotypes traditionnels constituent toujours des obstacles systémiques à la réalisation d'une véritable égalité des femmes en Slovaquie. À cette fin, le Comité recommande vivement au Gouvernement de développer des politiques et des programmes garantissant l'éradication des stéréotypes de genre "dans la famille, sur le marché du travail, dans le secteur de la santé, les universités et la société dans son ensemble".

    À Genève, en novembre 2008, le Comité a examiné les rapports de dix États parties à la Convention CEDAW, dont celui du Canada, économie développée. Malgré le statut du Canada au plan mondial, le CEDAW constate avec préoccupation la prédominance des femmes dans le travail à temps partiel et l'écart persistant entre le taux d'emploi des hommes et celui des femmes.

    Le Comité constate avec regret que les femmes autochtones "continuent de vivre dans des conditions misérables: taux de pauvreté élevés, santé médiocre, logement inadéquat, absence d'accès à l'eau potable, faible taux de réussite à l'école et taux élevés de violence."

    Afin de mettre un terme à la marginalisation des femmes dans la sphère économique, les responsables politiques devraient réexaminer les dispositions de la Convention. Les articles un et deux définissent clairement la nature de la discrimination à l'égard des femmes. L'article quatre recommande l'adoption de mesures temporaires visant à accélérer l'intégration des femmes dans les politiques commerciales. L'article cinq demande aux États parties de faire tout leur possible pour éliminer les stéréotypes de genre dans les pratiques coutumières et la vision du monde. Une fois que les pays auront examiné et appliqué toutes ces directives, les femmes pourront occuper la place qui leur revient dans la sphère économique mondiale.

    Pour plus d'information, visitez le site:www.un.org/womenwatch/daw/cedaw/



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