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    La voie de l'avenir

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 2/2009

    Photo avec l'aimable autorisation de Mark Assaf, CNUCED Les participants de la communauté portuaire de Dar es Salaam visitent le port durant le cours de la CNUCED sur la gestion des ports modernes. Le programme de formation relatif aux ports mené par la CNUCED en Tanzanie est financé par la République d'Irlande.

    On sait depuis longtemps que l'Aide pour le commerce est un puissant moteur de la création d'emplois, de l'investissement et du développement durable. Selon la CNUCED, les pays en développement ont plus que jamais besoin de son appui.

    Aux abords du port de Dar es Salaam en République-Unie de Tanzanie, la file de camions n'en finit pas de charger et de décharger des marchandises. Le port frôle la congestion du fait de la lourdeur douanière et des contrôles, et de l'inadaptation de l'infrastructure, qui alourdissent les délais et donc les coûts. Au plan mondial, près de 77 pour cent des marchandises en volume transitent par les ports maritimes, probablement plus en Tanzanie.

    Le cas de la Tanzanie n'est pas unique. La situation n'est guère meilleure dans les autres pays en développement: en Amérique latine, il faut en moyenne 36 jours pour acheminer des marchandises depuis l'arrivée aux ports jusqu'aux entrepôts contre 28 jours en Asie de l'Est. Les délais sont réduits de moitié dans les pays membres de l'OCDE.

    Centrer l'aide sur les capacités commerciales des pays en développement stimule le potentiel d'exportation tout en facilitant l'importation de biens de consommation et d'intrants pour les industries nationales créatrices potentielles de capacités de production vitales. Et en période de crise, soutenir le développement de l'infrastructure et la capacité commerciale permet de stimuler l'emploi et d'attirer l'investissement à moyen et court termes.

    Les progrès accomplis



    L'OMC et l'OCDE annoncent une hausse de l'Aide pour le commerce d'environ 10 pour cent par an depuis 2005. En 2008, elle a représenté près de $E.U. 25 milliards du total des nouveaux engagements auxquels s'ajoutent près de $E.U. 27 milliards de prêts non concessionnels. Mais en cette période de restriction, il faut espérer que les pays sauront résister à un gel ou une réduction de l'aide officielle au développement ou qu'ils ne soutiendront pas un secteur au détriment d'un autre. En fait, il faut aussi prendre en compte le manque de transparence concernant les montants octroyés par les pays donateurs à "l'Aide pour le commerce".

    Le financement du commerce est une composante de l'Aide pour le commerce et début 2009 les pays du G20 ont clairement réitéré l'urgence à satisfaire les besoins d'aide. Ils sont convenus d'allouer $E.U. 250 milliards au soutien du crédit à court terme qui fait tant défaut et qui est essentiel aux transactions commerciales. Reste à savoir si ces fonds additionnels permettront à eux seuls de stimuler le commerce mondial mais ils sont essentiels pour combler le vide laissé par le resserrement généralisé du crédit et stimuler la confiance en l'économie mondiale. Le marasme actuel du commerce mondial a un effet pervers sur les économies de nombreux pays en développement, dont les exportations représentent 40 à 100 pour cent du PIB. Les exportations américaines quant à elles ne correspondent qu'à 12 pour cent du PIB. La petitesse des marchés intérieurs et la dépendance à l'exportation exacerbent l'intérêt d'une Aide pour le commerce ciblée. Outre le financement du commerce, il faut aussi soutenir les capacités d'infrastructure et de production, vers lesquelles s'orientent la plupart des engagements liés à l'Aide pour le commerce.

    Le point de vue de la CNUCED



    Pour que l'Aide pour le commerce profitent pleinement aux pays bénéficiaires, elle doit cibler leur capacité à produire des biens destinés à la fois à l'exportation et à la consommation intérieure, tel est le leitmotiv martelé par la CNUCED. En développant leurs capacités de production, les pays sont mieux à même de tirer parti des autres composantes de l'Aide pour le commerce, qui pourraient faciliter leur approvisionnement en intrants pour l'industrie nationale et diversifier leurs marchés d'exportation.

    La CNUCED a constamment souligné le rôle de la coopération régionale dans le développement des marchés et la compétitivité internationale. Particulièrement en Afrique et dans les PMA, certaines institutions, liaisons de transport et relations commerciales sont traditionnellement tournées vers le commerce des services avec le Nord. Le commerce Sud-Sud progresse d'environ 13 pour cent par an (selon des chiffres de 1995 à 2007). Il faudrait donc que l'Aide pour le commerce développe en priorité l'infrastructure régionale et la capacité de négociation régionale.

    À cette fin, la CNUCED a recommandé que les pays créent ou renforcent les mécanismes institutionnels pour exprimer clairement leurs besoins et leurs priorités. Ce processus doit inclure toutes les principales parties prenantes, dont le secteur privé, susceptibles de contribuer à l'élaboration de projets d'Aide pour le commerce. Les organisations internationales doivent s'efforcer systématiquement d'aider les pays bénéficiaires en ce sens et de relier ces efforts aux initiatives régionales.

    Longtemps la CNUCED a fourni aux pays en développement des services consultatifs axés sur les négociations commerciales et un renforcement de leur capacité commerciale à développer et mettre en œuvre de meilleures politiques commerciales sur le long terme. Elle a aussi fourni d'autres formes d'assistance technique pour aider les pays à s'adapter à la demande du système commercial mondialisé, notamment par la modernisation des procédures douanières. Le ciblage des capacités de l'Aide pour le commerce - via des circuits bilatéraux, souvent supplantés par des circuits multilatéraux - est essentiel non seulement pour aider les pays à surmonter la crise actuelle mais aussi pour développer leurs capacités de production sur le long terme et s'ajuster au futur environnement commercial mondial.

    Photo: Les participants de la communauté portuaire de Dar es Salaam visitent le port durant le cours de la CNUCED sur la gestion des ports modernes. Le programme de formation relatif aux ports mené par la CNUCED en Tanzanie est financé par la République d'Irlande.


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