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    Coup d'œil sur les exportations lors du Forum exécutif

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/2004

    Photo : Antonio Diaz En 2003, le CCI a organisé le rendez-vous annuel du Forum exécutif destiné aux cadres gouvernementaux et commerciaux à Cancún (Mexique), afin de créer un lien avec la Réunion ministérielle de l'OMC. Cela a permis aux participants de placer la compétitivité à l'exportation dans le contexte élargi du Programme de Doha pour le développement.

    Améliorer les résultats à l'exportation d'un pays exige davantage que signer plus de contrats à l'étranger. Ces six dernières années, de nombreux cadres gouvernementaux et représentants des milieux d'affaires des pays en développement et en transition l'ont compris, grâce au Forum exécutif sur les stratégies nationales d'exportation du CCI.

    S'ils veulent aider leur pays à se lancer dans l'environnement commercial actuel hautement concurrentiel et en rapide évolution, les stratèges commerciaux doivent élargir leurs perspectives et intégrer leurs partenariats de travail. En effet, il ne suffit plus de promouvoir l'exportation des biens et services à disposition, il faut chercher à développer les exportations. En 1999, le CCI a lancé le premier Forum exécutif, pour combler un manque dans la recherche sur des stratégies concrètes et efficaces en vue d'un développement réussi des exportations. Des équipes formées de représentants issus des gouvernements et des milieux économiques des pays en développement et en transition partagent leurs expériences et apprennent ainsi les uns des autres.

     L'idée à l'origine du Forum exécutif est l'aboutissement de nombreuses années de collaboration entre le CCI et les cadres gouvernementaux ou d'affaires des pays en développement et des économies en transition issues de l'ex-Union soviétique.

    «En 1999, commente M. J. Denis Bélisle, Directeur exécutif du CCI, nous voulions lancer l'idée que les décideurs des pays en développement et des économies en transition devaient élargir leur approche du développement des exportations pour assurer une amélioration durable des résultats nationaux à l'exportation. L'objectif était de rappeler l'importance, pour chaque pays, de mettre en place une stratégie nationale d'exportation réaliste ainsi que la capacité pour la gérer. Et cela demeure notre philosophie de base à ce jour.»

    M. Bélisle, originaire du Canada, pays bénéficiant d'une excellente image nationale comme négociant international ainsi que dans le domaine du hockey sur glace, assure que la conception de stratégies est «un sport d'équipe. Ce n'est pas une discipline que l'on domine avec une seule institution. Pour être pertinente, une stratégie nationale d'exportation doit refléter les apports d'un ensemble d'organismes du secteur public, et elle doit également impliquer la collaboration directe et continue du secteur privé. La participation est la condition préalable à l'appropriation.» Chaque pays représenté au Forum exécutif doit envoyer des participants représentant le gouvernement et la communauté des affaires au sein d'une équipe nationale.

    Des discussions plutôt que des conférences

    Pour faire passer ce message, M. Brian Barclay, spécialiste du CCI et principal organisateur du Forum exécutif dès ses débuts, affirme qu'il est vital de réunir les représentants des secteurs public et privé de tous les pays dans une atmosphère détendue mais semblable à celle propre aux milieux d'affaires, loin du cadre de leurs préoccupations quotidiennes. Ils peuvent apprendre les uns des autres la manière de rendre leur pays plus compétitif sur les marchés mondiaux et savoir quelles ressources ils devraient créer ou quels programmes nationaux conserver pour y parvenir.

    «Pour nous, la formule idéale était de garantir un débat ouvert et de ne pas retomber dans les discours ni les conférences, mais de faire connaître toutes les questions en jeu, explique M. Barclay. Il appartient à nos partenaires de venir parler des meilleures méthodes qu'ils ont adoptées et de leur réussite, mais de laisser aux autres la décision de ce qui est possible et avantageux d'adapter à leurs propres conditions.»

    Rompre avec les habitudes

    «Il n'existe rien de comparable dans le circuit des conférences internationales sur le commerce, remarque M. Femi Boyede, Directeur exécutif de Koinonia Ventures, firme nigériane exportatrice de services, en dégustant un café dans son hôtel lors d'une chaude journée de septembre 2004, à Montreux. On note une véritable interaction. Nous apprenons les uns des autres.»

    «Cette réunion est vraiment unique, et nous sommes bien placés pour le savoir, puisque nous organisons de nombreuses conférences nous-mêmes, s'exclame M. Wang Jinzhen, Président adjoint et Porte-Parole du Conseil chinois pour la promotion du commerce international. Aucun autre forum international ne traite des questions dont nous discutons ici de manière si approfondie et avec une orientation si concrète.»

    Ces commentaires, répétés par d'autres participants de toutes origines, reflètent les résultats du Forum exécutif sur les stratégies nationales d'exportation depuis son lancement en 1999. «Un projet sans prétention à ce moment-là», comme le relève M. Barclay.

    Depuis l'an 2000, cette rencontre s'est tenue chaque année à Montreux, ville sise sur la rive suisse du Léman. Montreux va probablement rester un lieu de rendez-vous permanent, en septembre de chaque année, cela grâce à un partenariat entre le CCI et le Secrétariat d'État à l'économie (seco) de la Suisse.

    De la promotion au développement des exportations

    M. Boyede parle des problèmes de son pays que le Forum exécutif a permis de résoudre. «Par le passé, les compagnies nigérianes se déplaçaient dans toutes les foires commerciales internationales, brandissant leur drapeau et vantant leurs marchandises. Elles rentraient avec leurs livrets de commandes pleins, annonçaient leurs succès… mais se retrouvaient face à leur manque de capacité à remplir les contrats qu'elles avaient signés. Cela n'améliorait pas notre image de partenaire commercial de confiance.»

    Une attitude, selon M. Barclay, que l'on retrouvait dans beaucoup d'autres pays en développement: «C'était une tournure d'esprit qu'il fallait changer.»

    Lors de la préparation de la première rencontre, se souvient M. Bélisle, «notre principe de base fut, et demeure, que la stratégie d'exportation doit aller au-delà de chercher à vendre ce que vous avez déjà produit. Cela va aussi plus loin que de protéger votre accès sur les marchés internationaux. De notre point de vue, la stratégie nationale d'exportation a trait au développement des exportations, pas seulement à leur promotion. Elle devrait être conçue de manière à renforcer la compétitivité sur le long terme, au niveau de l'entreprise, du secteur de production et de la nation dans son ensemble.»

    Les participants prennent la relève

    Ce qui a commencé comme une consultation entre élus privilégiés s'est transformé en une entreprise élargie. En 2004, les équipes nationales présentes à Montreux représentaient 43 pays. Les participants venaient d'Amman à Abidjan, de Bangkok à Bucarest et de Lima à Lusaka. La nature de cette réunion aussi a changé. Alors que le CCI a établi le programme en 1999, aujourd'hui le Forum exécutif a été repris en main par ses participants. «Un réseau d'anciens a été créé et ils se mettent d'accord sur les sujets de discussion», explique M. Barclay. En 2004, ce réseau, et non le CCI, a préparé le calendrier des débats et procédé à la plus grande partie des recherches sur les propositions de meilleures méthodes présentées. «Le CCI est devenu un facilitateur plutôt qu'un initiateur, il n'est plus le catalyseur, mais un prestataire de services», ajoute-t-il.

    Chaque équipe participante fournit un exposé relatant son expérience dans l'établissement d'une stratégie nationale, en en relevant les avantages et les inconvénients. Lors du Forum exécutif de 2004, l'équipe du Cambodge a avancé le point du vue selon lequel il n'était pas nécessaire de créer un secteur étendu de moyennes entreprises pour générer la croissance économique et des exportations. «En revanche, une économie saine et en croissance se caractérise par un secteur économique restreint mais en bonne santé, et de laquelle on a éradiqué les obstacles à la croissance tels que des réglementations excessives», conclut cette présentation.

    L'équipe du Bangladesh s'est penchée sur les besoins de certains pays d'une orientation des mesures liées à l'exportation dirigées vers des secteurs déterminés, citant notamment la réussite de son industrie des vêtements sur les marchés mondiaux. Elle a noté toutefois que cette réussite était aussi fondée sur l'accès garanti de contingents dans les grandes puissances économiques octroyé par l'Arrangement multifibres, qui serait remplacé par le système tarifaire mondial dès janvier 2005. Ce n'est que quand ce changement aura eu lieu qu'il sera possible de déterminer si ce secteur est véritablement compétitif. «Il semble prouvé que l'orientation par secteur soit un bon choix lors de l'établissement d'une stratégie d'exportation si le plan d'action global prend en considération la situation du marché extérieur», conclut le travail de cette équipe.

    Parmi les autres thèmes traités lors de l'édition 2004 du Forum exécutif, on peut citer notamment: Les 10 éléments essentiels pour la réussite d'une stratégie nationale d'exportation, Encourager le partenariat public-privé, La compétitivité grâce aux groupements d'exportation, Valeur ajoutée à l'exportation grâce à l'intégration du tourisme, des divertissements et des secteurs productifs, et La dimension genre: quelques scénarios pour une meilleure pratique.

    Une profusion de nouvelles idées

    Mme Jacqueline Emmanuel-Albertinie, Consultante en finance de Sainte-Lucie travaillant actuellement comme coordonnatrice dans l'Équipe stratégique pour le développement des exportations nationales, s'est montrée enthousiaste à propos du programme du Forum exécutif 2004, auquel elle a participé. «Cela nous donne un bon aperçu de l'orientation à prendre, relève-t-elle. Cela serait difficile pour moi de dénicher le type de recherches et d'information traitées ici. Le Forum exécutif nous offre la possibilité de comparer nos considérations avec celles d'autres personnes travaillant dans la même direction. Il est bon d'apprendre des erreurs des autres, et c'est surtout important pour un petit pays comme le mien, où toute faute se paie très cher. Tout ce que nous avons appris ici ne peut être appliqué à l'échelle de Sainte-Lucie, mais le débat nous aide de toute façon à clarifier ce que nous devons faire.»

    M. Wang Jinzhen (Chine) a trouvé particulièrement intéressante la présentation de l'équipe thaïlandaise sur la création de groupes d'exportation qui relient des villages dans tout le pays. «Peut-être est-ce la méthode que nous pourrions appliquer car, dans mon pays, la croissance à l'exportation se concentre dans les villes principales et le long des côtes. Cela pourrait nous aider dans nos efforts pour diminuer la pauvreté dans les zones rurales.»

    M. Ricardo Estrada Estrada, Président exécutif de la Corporation de promotion de l'exportation équatorienne déclare: «La première fois que nous sommes venus, notre institution démarrait, elle n'avait que deux ans, et nous sommes partis de zéro pour apprendre ce qu'une organisation de promotion du commerce devait faire pour être efficace. Ce que nous avons retenu du Forum exécutif a été précieux pour notre développement. Chaque année nous découvrons des nouveautés qui nous permettent de réévaluer continuellement notre activité. Nous cherchons à nous tenir au courant de l'évolution de notre domaine, et la participation à cette rencontre est le meilleur moyen d'y parvenir. Cela donne l'occasion de penser au niveau stratégique, ce qui est très difficile à faire dans son propre environnement, faute de temps. Je crois que nous avons également pu apporter une bonne contribution. Nous avons fait de nombreuses expériences intéressantes que nous pouvons partager, aussi bien positives que négatives. Surtout, je ne sais pas où nous aurions la possibilité de partager nos expériences avec des cadres de haut niveau des secteurs public et privé dans le domaine du commerce international.»

    Chaque édition du Forum exécutif compte avec la présence d'un tiers d'anciens participants et de deux tiers de nouveaux venus, cela dans l'objectif de garder un équilibre entre tradition et nouveauté. Tous se joignent au réseau du Forum exécutif.

    Texte: Robert J. Evans

    Organisations mentionnées dans cet article:

     




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