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    WEDF 2011: Développement du tourisme durable

    Équipe éditoriale du Forum du commerce
    juillet 01, 2011
    issue 02 2011 WEDF article photo 1
    M. Pascal Lamy, Directeur général de l’OMC, M. Supachai Panitchpakdi, Secrétaire général de la CNUCED (droite). © ITC
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    M. Ali Babaçan, vice-Premier ministre turc. © ITC
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    ‘De nombreux PMA peuvent doper leur croissance par le tourisme,’ a déclaré Mme Patricia Francis dans son discours d’ouverture du WEDF. © ITC
    issue 02 2011 WEDF article box French

    En 2011, le Forum mondial pour le développement des exportations s’est concentré sur les moyens de développer le tourisme durable et a annoncé quatre projets pour connecter les petites et moyennes entreprises des pays les moins avancés à l’industrie touristique.   

    Organisé les 10 et 11 mai à Istanbul, Turquie, en marge de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (PMA-IV – voir encadré), le WEDF 2011 a réuni des experts de haut niveau du tourisme issus des secteurs public et privé pour débattre du thème: ‘Le rôle du secteur privé auprès des PMA pour dynamiser la croissance par le tourisme et le développement durable inclusif.’ 

    Événement phare de l’ITC, le WEDF sert de forum de discussion, permet de partager les meilleures pratiques et de rechercher des solutions aux défis posés par le commerce dans les pays en développement et les économies en transition. L’ITC a choisi le tourisme comme thème du WEDF 2011 car 30 des 49 PMA ont jugé, via leurs Études diagnostiques sur l’intégration du commerce, que le développement du tourisme était un moyen de participer à l’économie mondiale et donc de réduire la pauvreté. L’ITC a consulté des partenaires publics et privés, incluant l’OMT, partenaire d’appui de l’ITC pour le WEDF, afin de déterminer la meilleure voie pour contribuer au développement du tourisme. 

    Dans la plupart des PMA, le tourisme est déjà une importante source de recettes d’exportation mais son importance croissante au niveau mondial (voir page 06, Tour d’horizon) affirme son potentiel à créer des emplois et à doper la croissance. Dans son discours inaugural, Mme Patricia Francis, Directrice exécutive de l’ITC, a estimé que le tourisme est un rouage essentiel de la création d’emplois qui peut directement profiter aux communautés locales si on privilégie les achats locaux et si les communautés y sont associées de manière constructive. 

    La Turquie, pays hôte de PMA-IV, se posant en exemple en matière de développement du tourisme, les fonctionnaires turcs ont présenté des histoires de réussite et les enseignements tirés par la Turquie. Dans son discours liminaire, M. Ali Babaçan, vice-Premier ministre, a décrit le développement du tourisme en Turquie depuis 30 ans en précisant que le secteur absorbe aujourd’hui deux fois plus de main-d’œuvre que l’industrie manufacturière. La Turquie est la huitième destination touristique mondiale avec près de 29 millions de visiteurs par an. Il a aussi rappelé l’importance à protéger l’environnement culturel et physique dont est tributaire le tourisme. 

    Les principaux thèmes abordés lors du WEDF incluent le développement du tourisme durable axé sur les partenariats, l’investissement éthique, la participation des commerçantes à la chaîne de valeur du tourisme, la gestion des ressources, la relance du tourisme après une crise, les stratégies de développement du tourisme inclusif et la création de liens avec d’autres secteurs, notamment l’artisanat et l’agriculture. 

    Mme Francis a souligné que malgré l’attention que porte la communauté internationale, depuis PMA-III (Bruxelles, 2001) aux PMA, leur situation s’est indéniablement aggravée. Ils sont aujourd’hui plus nombreux et plus pauvres. Du point de vue du commerce, le rapport 2010 de l’ITC Accès aux marchés, transparence et équité dans le commerce mondial indique que pour chaque $E.-U. 100 dollars de recettes d’exportation, seuls 14 cents en moyenne reviennent aux 33 PMA concernés.    

    Importance des partenariats public-privé et d’un environnement favorable  

    Un des messages fondamentaux du WEDF concerne le rôle majeur joué par les partenariats public-privé dans le développement du tourisme. 

    ‘De nombreux PMA peuvent doper leur croissance par le tourisme. La multitude des biens et services de la chaîne d’approvisionnement touristique permet un impact plus large sur le recul de la pauvreté. Mais elle exige aussi une volonté des secteurs public et privé à collaborer au développement du tourisme durable pour un bénéfice local,’ a déclaré Mme Francis. 

    ‘Il faut impliquer les décideurs, les investisseurs du secteur privé et les acteurs communautaires pour créer le juste cadre et avoir le bon investissement,’ a-t-elle ajouté en soulignant la nécessité de réfléchir à différentes approches et l’importance du secteur privé pour générer croissance et emplois.  

    M. Pascal Lamy, Directeur général de l’OMC, a souligné que les bonnes politiques doivent aussi être mises en place. ‘Dans les PMA, comme dans d’autres pays à faible revenu, le tourisme étant tributaire des entrées d’IED (investissement étranger direct), de nombreux PMA prennent des mesures pour promouvoir l’investissement dans ce secteur. Il va sans dire que pour tirer pleinement parti du potentiel de ce secteur comme moteur de la croissance et du développement, il faut adopter une série de principes fondamentaux qui faciliteront et encourageront les flux d’IED.’ 

    M. Supachai Panitchpakdi, Secrétaire général de la CNUCED, a rappelé l’importance des politiques qui garantissent que le développement du tourisme profite aux communautés locales. 

    ‘Actuellement, dans de nombreux PMA et d’autres pays dans lesquels l’économie est peu diversifiée, comme les petits États insulaires en développement, les recettes touristiques finissent généralement non dans la poche des opérateurs locaux mais dans celle des entreprises étrangères. Alors que l’investissement étranger et la présence dans le secteur touristique peuvent apporter des avantages non négligeables en termes d’emploi, de connaissance, de formation et de développement des ressources humaines, les décideurs doivent examiner soigneusement la façon d’accroître l’impact pro-pauvres des dépenses touristiques,’ selon M. Supachai.   

    Les projets pilotes de l’ITC pour connecter les PME aux chaînes de valeur du tourisme  

    L’ITC a annoncé que la conférence avait abouti au développement de projets pilotes pour connecter les PME des pays les moins avancés à l’industrie touristique.  

    ‘Notre recherche pré-conférence et les interactions durant la conférence nous ont montré l’intérêt certain à explorer les opportunités dans les PMA,’ a déclaré Mme Francis. ‘Pour obtenir les investissements que nous souhaitons, nous devons revoir notre façon de faire. Les décideurs, les investisseurs du privé et les acteurs communautaires doivent tous contribuer à créer le cadre nécessaire aux investissements pertinents.’ 

    Avant le WEDF, l’ITC a organisé des téléconférences en ligne avec des cadres supérieurs du secteur et des consultants du monde entier pour débattre de leurs expériences dans les PMA et des plans d’investissement potentiels. L’information recueillie a éclairé l’ordre du jourdes sessions plénières du WEDF et d’un atelier pré-WEDF organisé à Nairobi. L’atelier, qui entendait fixer les premières mesures pour développer trois projets pilotes potentiels via la participation d’experts du privé et du public, a permis d’élaborer des idées de projets à creuser davantage durant les principales sessions du WEDF (voir encadré page 10: Développement des résultats du WEDF). 

    Les sessions du WEDF consacrées à l’examen des projets potentiels, ont regroupé des participants des pays concernés ainsi qu’un groupe d’experts des secteurs public et privé et des parties intéressées, incluant l’ITC et d’autres agences partenaires de l’ONU, afin d’élargir l’éventail des compétences et le partage d’expérience.  

    Suite aux ateliers du WEDF, les projets tanzanien, éthiopien et ougandais seront développés localement, puis validés par les parties prenantes locales afin de renforcer leur pérennité via la collaboration. Les projets sont les suivants: 

    Intégration de l’agriculture dans la chaîne logistique du tourisme – Ce projet, axé sur l’intégration des producteurs de fruits et légumes frais aux opérations de l’agro-alimentaire, examinera les meilleures méthodes utilisées dans d’autres pays pour autonomiser les agriculteurs et les connecter aux entreprises du tourisme. 

    Le tourisme inclusif comme opportunité de marché – Ce projet, axé sur le tourisme inclusif via la protection et la promotion du patrimoine culturel et de l’artisanat, se concentrera sur deux secteurs: le patrimoine culturel en Éthiopie et le développement du commerce pour les micro-artisans et les artistes en Ouganda.  

     

    Le WEDF a donné d’autres résultats, dont: 

    • Renforcement d’un partenariat public-privé pour associer les femmes commerçantes à la chaîne de valeur du tourisme dans le Pacifique. L’ITC collaborera avec la Plate-forme d’action sur l’approvisionnement auprès des femmes commerçantes afin de créer un partenariat public-privé entre les Gouvernements néozélandais et australien, Carnival Cruise lines (compagnie de croisière) et l’ITC pour explorer la façon d’intégrer les femmes dans la chaîne de valeur de la région du Pacifique; et 

    • Développement d’un guide pour les PMA sur la gestion du tourisme après une crise. Sous l’impulsion de l’OMT, ce projet élaborera un guide pour réhabiliter le tourisme dans un PMA après une crise naturelle ou provoquée par l’homme.    

    L’ITC collaborera avec les partenaires concernés dans les PMA pour faire de nouvelles recherches et développer les projets pilotes afin que les partenaires du public et du privé des pays concernés assument un jour le leadership des projets. 

    L’ITC a collaboré avec neuf autres institutions des Nations Unies, dont l’OMC, l’Organisation internationale du travail (ILO), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et l’OMT, pour créer le Comité directeur des Nations Unies sur le tourisme pour le développement (CDTD). L’union des forces et des compétences de chaque institution et les synergies créées entre les organisations onusiennes permettront au Comité d’offrir aux pays en développement une assistance technique et une aide plus coordonnées, efficaces et performantes. Le CDTD développe actuellement une série d’instruments pour explorer la meilleure façon pour les pays d’interagir avec les organisations internationales au profit du développement du tourisme.   

    Pour plus d’information, y compris un résumé des sessions et des téléchargements en anglais: www.intracen.org/wedf   

     

    WEDF 2011: Résumé des principaux messages
     

      Il faut aborder le tourisme de manière durable  

      Il est important de faire du tourisme une priorité dans les stratégies de développement  

      La sécurité et la stabilité politique sont des nécessités absolues 

      Les circuits impliquant les partenaires régionaux sont une approche hautement souhaitable  

      Le rôle de l’État dans la formulation de politiques, lois et réglementations est essentiel mais il faut également réduire la bureaucratie et rationaliser les procédures d’habilitation  

      Il est essentiel d’autonomiser les communautés locales et d’accroître leur part des retombées du tourisme  

      Les partenariats public-privé sont essentiels  

      La majorité des PMA connaissent un problème de rétention des recettes et de réduction des pertes  

      La formation et le développement des capacités humaines doivent être une priorité majeure  

      La coordination et la cohérence avec d’autres secteurs économiques sont importantes  

      Les stratégies de commercialisation et de positionnement efficaces sont importantes pour asseoir la marque et créer une niche de marché  

      Il est important de tirer les leçons des expériences d’autres pays et de partager les histoires de réussite. 

     

    La ConfÉrence PMA-IV de l’ONU Réitère son engagement envers une hausse de l’aide et des conditions favorables d’accès aux marchés pour les PMA
     


    La quatrième Conférence de l’ONU sur les PMA organisée par la Turquie en mai a adopté un plan d’action décennal pour 48 PMA.   

    L’accord résulte de plusieurs mois de négociations et de l’appel lancé par le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon lors de l’ouverture de PMA-IV en faveur d’un ‘programme d’action complet et ambitieux pour une croissance économique durable’ dans les PMA.   

    Via le Programme d’action d’Istanbul, les pays acceptent d’œuvrer en faveur de conditions favorables d’accès aux marchés pour tous les PMA, notamment la réduction ou l’élimination des barrières non tarifaires arbitraires ou injustifiées.   

    Les pays développés se sont engagés à réaliser l’objectif de 0,15% à 0,20% du revenu national en faveur de l’assistance au développement (AOD), soit une hausse sensible de l’AOD en faveur des PMA, vu que les pourcentages de l’aide restent légèrement en dessous de 0,1% du revenu national brut des pays donateurs.   

    Le plan promeut les capacités de production – bâtir l’infrastructure, le capital humain et les capacités de gouvernance dans les PMA.   

     ‘Les PMA approuvent l’accent mis sur les capacités de production dans le but de moderniser et diversifier leur économie, de créer des emplois et de mobiliser les moyens d’éradiquer un jour la pauvreté,’ a déclaré Cheick Sidi Diarra, Sous-secrétaire général de l’ONU et Haut représentant pour les PMA, les pays enclavés en développement et les petits États insulaires en développement.   

    En période de hausse des prix alimentaires, la priorité va à la revitalisation de l’agriculture et à l’établissement de la sécurité alimentaire. Le programme rappelle aussi la nécessité de s’attaquer aux effets néfastes du changement climatique. Les partenaires au développement et les PMA se sont engagés envers la bonne gouvernance, l’État de droit, les droits de l’homme, l’égalité hommes-femmes, l’autonomisation des femmes, et la participation démocratique.