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  • UNE HISTOIRE FAITE MAIN

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    Une histoire faite main

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/2004

    Photo:CCI

    De nos jours, les artisans et leurs entreprises ont tout lieu d'espérer améliorer leur position au sein du commerce mondial grâce aux changements survenus dans la classification des produits, qui pourraient rendre plus visible leur contribution à l'économie. Grâce à ses réseaux dans les pays en développement et à sa position comme organisation active en faveur du commerce à l'exportation, le CCI a joué le rôle de facilitateur dans cette initiative.

    Cela peut paraître un tout petit pas en avant à l'échelle internationale. En date du 7 juillet 2000, le Conseil de coopération douanière, nom officiel de l'Organisation mondiale des douanes (OMD), a recommandé, aux États d'«ajouter dès que possible dans leurs nomenclatures statistiques autant de subdivisions supplémentaires pour les produits fabriqués à la main qu'ils le jugent utile». Il a également suggéré qu'ils devraient y «inclure une définition des produits «fabriqués à la main», ainsi que des dispositions relatives à la certification des produits «fabriqués à la main» en tant que tels, si cela est jugé nécessaire».

    Avant cette décision, les artisans avaient demandé durant des décennies la reconnaissance de leur contribution dans le commerce international qui, pour les pays en développement, représente souvent la principale source de devises. «Pendant plus de 30 ans, les associations d'artisans et les organes décisionnels du monde entier ont cherché en vain (à quelques exceptions près) à identifier les produits de l'artisanat au sein du principal système international de statistiques commerciales, le Système harmonisé de désignation et de codification des marchandises (SH)», avance Mme María-Mercedes Sala, Administratrice principale du CCI en développement des marchés pour les industries créatives.

    De nombreux pays ne séparent pas les objets artisanaux des autres produits manufacturés dans leurs statistiques, ce qui empêche les gouvernements de développer ou de financer des programmes de promotion des exportations et les pays importateurs de différencier les produits traditionnels des biens manufacturés courants.

    «Lorsque j'ai pris mes fonctions en tant que responsable de ce secteur de produits, les demandes que je recevais de la part des clients mettaient en évidence le fait que, sans ces chiffres, il était impossible d'obtenir un appui, qu'il soit politique, officiel, financier ou social, pour accroître la production ou avoir accès aux marchés», se souvient Mme Sala.

    La situation s'est débloquée en 1997. Le CCI et l'UNESCO organisèrent un symposium auquel participèrent 44 pays ainsi qu'un représentant de l'OMD qui avait rencontré Mme Sala et compris l'intérêt de traiter cette question longtemps en suspens dans le nouvel environnement commercial multilatéral. Les participants chargèrent alors le CCI de rechercher des moyens pour faire avancer les choses. Le CCI a mis ainsi sur pied et coordonna un groupe de travail sur la codification douanière de l'artisanat, réunissant des associations d'artisans du monde entier.

    «Je fus nommée leur porte-parole auprès du Sous-Comité de révision du SH et du Comité du SH à Bruxelles, explique Mme Sala. Au fur et à mesure que les négociations progressaient, nous avons découvert que les délégués des pays industrialisés étaient aussi impatients que ceux des pays en développement de trouver une solution, et qu'ils appréciaient notre aide dans ce domaine.

    En fait, depuis 1996, l'OMD n'a approuvé que neuf recommandations non contraignantes relatives au SH. Pourtant, même si elles n'obligent pas les parties contractantes au SH, les recommandations de l'OMD sur les produits fabriqués à la main sont d'une importance capitale en regard du manque de progrès au cours de ces 30 dernières années.

    La recommandation couvre uniquement le système national. Considérant la difficulté de parvenir à un accord sur les définitions et l'harmonisation internationale, c'était le meilleur moyen pour commencer. Les autorités nationales devraient donc notifier au Secrétariat de l'OMD les définitions qu'elles utilisent, les clauses de certification et, si elle existe, la liste des subdivisions introduites, l'acceptation de la recommandation et la date de sa mise en application. Cela ouvre la voie à de futurs progrès.»





    Ce tapis richement coloré et noué à la main en Tunisie peut atteindre un bon prix sur les marchés internationaux.(Photo: CCI)