© Centre du
commerce international, Forum du commerce international - No.
3/2003
Si les pays en développement veulent bénéficier
des technologies, il faut mettre l'électronique à leur portée. Les
technologies sont une chose, s'en servir pour stimuler les
exportations, l'emploi et les revenus en est une autre.
Ce numéro de Forum du commerce
fait partie de la contribution du CCI au Sommet mondial sur la
société de l'information (SMSI) qui a lieu à Genève en décembre
2003 et à Tunis en novembre 2005, contribution qui vise à aider les
petites entreprises à améliorer leur compétitivité grâce à l'usage
des technologies de l'information et de la communica
tion.
De l'agriculture à la production industrielle, des biens de
consommation aux services aux entreprises, la technologie est
importante. Que les compagnies effectuent des exportations
traditionnelles d'une façon nouvelle ou qu'elles profitent des
possibilités des nouveaux secteurs d'exportation, toutes tirent
parti de l'électronique pour améliorer leur avantage
compétitif.
Les petits exportateurs des pays en développement le savent.
Pourtant, avec des technologies en rapide évolution, le volume
d'information disponible et des termes techniques qui semblent
compliqués, les choix technologiques peuvent paraître écrasants. Il
existe de nombreuses applications pour le commerce électronique,
mais la plupart sont destinées aux grandes compagnies fortement
dotées en ressources. Dans les pays en développement, les
exportateurs peuvent être confrontés à des obstacles tels qu'une
mauvaise connectivité, le manque de travailleurs spécialisés ou
encore des lacunes au niveau des lois sur la protection des données
ou l'accès limité au financement.
Pourtant, le danger, si l'on n'investit pas dans les technologies,
est que les exportateurs vont rester en arrière à mesure que le
commerce mondial avance en ligne. Le commerce électronique ne se
limite pas à des transactions électroniques; les entreprises
peuvent véritablement en tirer parti pour toutes sortes de tâches
commerciales. Des expériences en Hongrie, au Kenya, au Népal, aux
Philippines, en Afrique du Sud et dans le bassin du Mékong montrent
que les exportateurs se servent des technologies pour traiter la
distribution, les relations clients, les opérations de back-office
et le marketing. Ils exportent même des services liés aux nouvelles
technologies. Pour cela, ils n'investissent pas forcément dans les
solutions les plus chères, mais simplement dans les plus
appropriées. Plusieurs sociétés ont profité de la tendance à
exploiter leurs communautés vivant à l'étranger (réseaux de
diasporas) pour les marchés, les ressources et les contacts.
Les places de marché électroniques sont une option à considérer
pour les petites entreprises. Certaines voient là une occasion pour
les exportateurs d'unir leurs ressources pour attirer les
acheteurs, mener des opérations de back-office et gérer les clients
conjointement. D'autres pensent que, au mieux, les places de marché
électroniques remplacent les pistes commerciales et les répertoires
et que, au pire, elles servent à faire pression sur les
fournisseurs qui les concurrencent sur les marchés entraînés par
les acheteurs. Personne n'a tort ni raison.
À ce sujet, en préparant notre magazine, nous avons passé en revue
les opinions d'universitaires, de sociétés de conseil,
d'exportateurs et d'associations commerciales. Nous avons retenu
deux cas de places de marché entraînées par les fournisseurs,
s'agissant du café gourmet et du tourisme, qui apportent des
expériences pratiques pour les petits exportateurs.
Il est aussi utile d'avoir un aperçu sur les projets des principaux
exportateurs de technologies. Nous illustrons les résultats d'une
enquête faite auprès des responsables des exportations des grandes
multinationales et places de marché électroniques par Forrester
Research, Inc. En tant que moteurs du marché, leur opinion montre
les tendances de pointe dans l'application de technologies pour les
opérations d'exportation.
Cela nous amène enfin à la question de la préparation électronique
- beaucoup pensent que le fossé numérique s'élargit. Les firmes
peuvent tirer parti de l'électronique sans pour autant posséder de
connexions à grande vitesse, d'ordinateurs pour chaque poste de
travail ni un cadre légal. Toutefois, un environnement favorable
peut faire toute la différence entre les gagnants et ceux qui
s'amusent. S'ils ne tiennent pas compte du commerce électronique,
les responsables de la stratégie nationale d'exportation ratent une
occasion en or.
Le rôle de ceux qui appuient les exportateurs varie. Du Brésil à
l'Inde, de Singapour à l'Afrique du Sud, nous avons observé des
exemples de ce que les pays en développement estiment être leurs
besoins en appui commercial ainsi que la façon d'y répondre. Ainsi,
les gouvernements peuvent encourager l'innovation, aider à
développer l'infrastructure et stimuler les investissements en
capitaux. Les réseaux d'affaires, les organisations non
gouvernementales et les organismes internationaux peuvent étudier
et défendre les intérêts des entreprises, faire de la formation et
faciliter les échanges d'idées. Les grandes firmes peuvent aider au
sein d'alliances, servant de guide ou grâce à du capital
d'investissement et des donations d'équipement.
Comme toujours, nous recevons avec plaisir vos réactions, notamment
votre avis sur comment tirer parti de l'électronique, ou vos études
ou expériences au niveau de votre entreprise, secteur ou pays.
Contactez-nous par e-mail, nous tenons à jour ce que vous envoyez
afin de le publier sur notre site internet ou dans une édition à
venir de Forum du commerce.