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    Textiles et vêtements

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 3/2001

    Le secteur textile représente environ 25% des exportations totales des PMA. Le Bangladesh à lui seul compte pour 75% des exportations textiles, qui se montent à US$ 4 milliards.

    Des vêtements bon marché dans une gamme de bonne qualité

    En ce qui concerne l'habillement et les tissus de coton, les PMA se concentrent sur l'exportation de produits standard comme les T-shirts, les chemises d'hommes et les toiles tissées et imprimées, dont le prix est le facteur de succès déterminant et pour lesquels une connaissance approfondie de la mode et des tendances des styles ne sont pas essentielles. Pourtant, un changement s'est produit ces dernières années sur les marchés des pays développés, avec un rejet des importations bon marché et en faveur d'une mode plus chic, de meilleure qualité et plus personnalisée, le contraire des produits d'exportation des PMA.

    Monter dans l'échelle de valeur pour réussir

    Cependant, le Bangladesh conserve un certain nombre de produits d'exportation phares (parvenant ainsi à une croissance élevée dans un marché qui s'étend avec dynamisme), en particulier les jerseys pour femmes. Haïti, autre exemple de PMA exportateur de textiles, s'en est très bien sorti avec ses exportations de T-shirts et vêtements de femmes en coton. Ses exportateurs d'habillement commercialisent toujours plus de pièces élégantes comme des costumes haut de gamme, des vestes et des articles de marque. Cela leur a permis de pénétrer le marché japonais, extrêmement soucieux de la qualité.

    Le Bangladesh a montré qu'il est possible de grimper dans la chaîne de valeur avec succès en exportant des produits finis. En 1999, il était de loin le plus gros exportateur des PMA de toiles tissées finies comportant 85% de coton ou plus, et pesant jusqu'à 200 g/m².

    Déplacement de la production vers des pays meilleur marché

    Le manque de travailleurs et les coûts croissants de la main-d'œuvre ont forcé les pays asiatiques producteurs et exportateurs comme l'Inde et la République de Corée à déplacer leur production dans des pays meilleur marché (Bangladesh, Cambodge, Lesotho, Madagascar, Népal), ainsi que dans des zones extraterritoriales de Chine.

    Il en résulte que les plus importants exportateurs mondiaux deviennent également de gros importateurs, acquérant des intrants intermédiaires pour produire les articles de leur spécialité.

    Une nouvelle structure du commerce mondial du textile se met en place, fondée sur la spécialisation. Comme certains produits vont et viennent le long de la chaîne de valeur, la concurrence entre les exportateurs est de plus en plus féroce.

    Un accès privilégié au marché

    Dans des pays comme le Bangladesh, qui se sert pleinement de ses exemptions de contingent, les exportations de vêtements ont rapidement augmenté en raison de l'accès privilégié au marché dans l'Union européenne (UE) et de contingentements souples sur le marché américain. Les incidences de l'Accord sur les textiles et les vêtements en vue de libéraliser les échanges d'ici à 2005 seront décisives pour les exportateurs de la branche, avec l'élimination des contingents associés à l'Arrangement multifibres (AMF).

    Préférences pour les PMA

    Récemment, les États-Unis ont pris des mesures en vue d'améliorer encore l'accès au marché pour les PMA. Le Conseil de l'Europe a également décidé que les règles d'origine seraient simplifiées grâce au cumul régional. A cet égard, les États-Unis ont accordé une dérogation aux règles d'origine habituelles et encouragé le Bangladesh, le Cambodge, la République démocratique populaire lao et le Népal à utiliser des matières premières en provenance de pays voisins pour la production de vêtements destinés à être exportés aux États-Unis hors taxes sous le Système généralisé de préférences (SGP).

    L'avenir

    L'érosion des systèmes préférentiels va certainement aiguiser la concurrence, en favorisant la venue de nouveaux acteurs sur le marché. L'entrée de la Chine au sein de l'OMC, qui aura probablement effet en 2002, va entraîner une concurrence nouvelle pour les PMA asiatiques tels que le Bangladesh, le Cambodge, la République démocratique populaire lao et le Népal.

    Les occasions et les obstacles

    Suivant leur comportement actuel, ces pays pourraient se retrouver confrontés soit à des restrictions, soit à une expansion de leur commerce textile à partir de l'élimination des contingents, en 2005. Dans un marché mondial compétitif, avec la suppression de l'AMF, il faudra appuyer la production de textiles destinée à l'exportation par des stratégies commerciales dynamiques, notamment la recherche de niches de marché, un contrôle de la qualité strict et des innovations opportunes au niveau de la conception. Pour les PMA, les avantages comparatifs futurs vont dépendre toujours plus, non pas d'une main-d'œuvre bon marché, mais d'une force de travail relativement peu coûteuse et techniquement compétente de surcroît. Cela signifie qu'à l'avenir il faut investir plus dans la formation des travailleurs et le développement des compétences, et stimuler l'adoption des technologies de l'information et des systèmes de commercialisation les plus modernes.

    Pour plus d'information, veuillez consulter les documents Fibres and Textiles Industries at the Turn of the Century: Some Observations, Major Markets for Cotton T-Shirts (v. p. 38). En ce qui concerne l'assistance technique du CCI, Antero Hyvarinen, Administrateur principal en développement des marchés (hyvarinen@intracen.org).