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  • RÉVOLUTION DANS LES SERVICES: EN TIRER LE MEILLEUR PARTI

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    Révolution dans les services: En tirer le meilleur parti

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/2004

    Photo: CCI Les réseaux internationaux sont essentiels pour réussir dans l'exportation des services; les programmes du CCI permettent aux PME de nouer les contacts indispensables.

    Dans les pays en développement, les services sont de plus en plus reconnus comme un secteur qui compte. Mondialement, le secteur des services expérimente une révolution qui permet aux petites entreprises de ces pays de se lancer sur les marchés internationaux. Le CCI a mis ses programmes à jour afin d'équiper les exportateurs en outils nécessaires pour faire front à la concurrence mondiale.

    Au fur et à mesure que la mondialisation introduit de profonds changements dans les échanges, le CCI s'active à stimuler les prestataires de services pour qu'ils s'intègrent aux affaires internationales. Il aide à mettre en valeur, pour une gamme plus large de secteurs, la variété des services qu'ils pourraient exporter. Les associations sectorielles et les chambres de commerce bénéficiant de l'appui du CCI poussent les sociétés de services à se lancer dans l'exportation, en particulier les PME des pays non membres de l'OCDE.

    Une révolution s'opère dans le secteur des services, même si son potentiel n'est pas toujours perçu. Les gouvernements et les associations commerciales ne s'y sont pas bien pris pour rechercher des débouchés dans ce secteur très varié (voir encadré p. 54, «Les exportations manquantes»). Par ailleurs, la nature intangible des services, «des promesses étant vendues, plutôt que des marchandises», a signifié que les prestataires de services, souvent de petites entreprises, ne sont pas conscientes du fait qu'elles exportent.

    Un rôle clé pour les services

    Toutefois, le rôle clé des services est peu à peu reconnu dans tous les pays, et un changement s'opère dans la façon de présenter les services, de les commercialiser, de les vendre et d'en rendre compte, ce qui éveille l'intérêt accru des exportateurs et des responsables du développement du commerce partout dans le monde. Cette évolution s'est accélérée avec l'avènement du numérique, dans les années 1990, qui a déclenché de nouveaux mécanismes puissants facilitant le commerce des services (voir encadré p. 55, «Exportations de services»). Ce secteur a également progressé grâce à une définition commune du commerce des services adoptée lors des négociations du Cycle d'Uruguay sur l'Accord général sur le commerce des services (AGCS) (voir encadré p.54, «Cycle d'Uruguay»). Le CCI, connaissant le potentiel accru pour les entreprises des pays en développement, a rapidement cherché à intégrer le commerce des services à ses activités.

    Un programme qui évolue

    Habituellement, le CCI proposait des publications et de la formation pour appuyer le développement des exportations du secteur des services. À présent, avec le soutien de plusieurs donateurs, le CCI a élaboré des programmes d'assistance technique combinés afin de mieux contribuer au développement des capacités intersectorielles en vue de l'exportation de services, notamment en ce qui concerne les PME des pays en développement. Le CCI a conçu un programme en six phases pour stimuler l'exportation de services dans des pays cibles. Le programme parvient à son aboutissement lorsqu'un pays s'intègre au ServiceExportNetwork; il comprend les étapes suivantes:

    • mener une étude de capacité et établir une base de données pour l'association de services;

    • déterminer les leaders locaux et procéder à des enquêtes pour l'association;

    • créer des sites portails où les pays bénéficiaires peuvent se connecter;
    • organiser des ateliers de formation pour formateurs destinés aux PME, associations de services, chambres de commerce et organes gouvernementaux;

    • organiser une réunion régionale de réseau pour les associations, et conseiller les gouvernements sur leur rôle de promoteur du commerce des services.
      Les réactions des pays participant au programme dans le monde ont permis au CCI d'identifier des questions spécifiques et de les traiter. L'une d'elles est de concentrer l'assistance sur les femmes qui exportent des services. Dans le monde, 86% des femmes entrepreneurs agissent dans le secteur des services. Pourtant, très peu de femmes participaient auparavant aux séminaires sur l'exportation de services du CCI. Sachant cela, le CCI a invité systématiquement les femmes d'affaires à ses réunions, au niveau national et régional, principalement par le biais de leurs associations. À présent, grâce ces efforts, 30% à 40% des participants aux ateliers sont des femmes. De plus, le CCI a établi un répertoire des associations de femmes entrepreneurs afin d'encourager la création de réseaux internationaux de femmes d'affaires.
    À propos des nouvelles préoccupations et activités du CCI dans l'appui aux exportations de services, M. Peter Walters, Directeur de la Division du développement des produits et des marchés du CCI, fait ce commentaire: «Même sur une courte période, nous avons travaillé avec nos partenaires pour faire savoir que les exportations de services sont importantes pour les pays en développement. C'est particulièrement vrai pour les petits pays insulaires où les exportations de services, y compris le tourisme, constituent un véritable espoir pour l'avenir, étant donné le déclin de l'agriculture et le manque de capacités de transformation de ces économies.»

    La reconnaissance croissante de l'importance des services a poussé les gouvernements, institutions de promotion du commerce et groupes commerciaux à lancer des campagnes pour renforcer les capacités nationales ou régionales facilitant les exportations de services. Les exemples ci-dessous illustrent la diversité des services proposés à l'exportation.

    • Une société de conseil en génie civil offre des services de conception assistée par ordinateur à des compagnies qui établissent de nouvelles usines dans une zone industrielle indonésienne.

    • Une société chilienne de décoration intérieure aide une station de villégiature costaricaine à créer un contexte écologique pour ses bungalows de luxe.

    • Une société d'ingénierie australienne conçoit des systèmes de captage d'huiles usées pour des stations-service en Thaïlande.

    • Une compagnie indienne de traitement de l'information fournit des cartes de crédit à une firme italienne de crédit à la consommation.

    Tirer profit de la libéralisation



    Dans les économies en développement, les sociétés de services devraient commencer à bénéficier de services offerts à des prix plus avantageux. Ainsi, dans les secteurs de la finance et des télécommunications, les négociations de l'OMC ont garanti une libéralisation croissante qui va faire baisser les prix en raison de la concurrence. La protection renforcée des droits de la propriété intellectuelle selon l'Accord de l'OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) devrait bénéficier aux sociétés de services tant sur le plan local qu'à l'exportation.

    Toutefois, la libéralisation entraîne une concurrence accrue pour les sociétés de services nationales. En effet, la technologie qui donne les moyens aux firmes des pays en développement d'offrir des services sur des marchés éloignés permet également à des fournisseurs éloignés de proposer leurs services dans ces pays. C'est pourquoi les sociétés de services nationales devront à l'avenir formuler leurs stratégies en tenant compte du contexte mondial.

    L'exportation de services à partir des pays en développement va s'installer durablement. Une étude récente a souligné que tous les pays en développement exportent déjà en moyenne plus de 60 types de services vers plus de 30 marchés. Cependant, la plupart des pays examinés ne se rendaient pas compte de la croissance de cette activité. Bien sûr, si l'on veut profiter de ces nouvelles possibilités, il faut informer et assurer la formation en vue de l'application de meilleures méthodes par la collaboration avec les associations de prestataires de services et les gouvernements. Le programme d'assistance technique du CCI, conçu pour promouvoir ce type d'approche, constituera une base essentielle pour la réussite de l'exportation des services dans de nombreux pays en développement.





    Forte croissance du secteur des services dans le monde

    En 2001, le commerce international des services a dépassé US$ 1,4 trillion. Depuis le milieu des années 1980 jusqu'à l'aube du nouveau millénaire, le secteur des services est celui qui a connu la plus forte croissance dans le monde. Les services représentent une part importante de l'économie mondiale, y compris celle des pays en développement, allant de 39% du PIB du Nigéria à 89% de celui de Hong Kong (Chine). L'industrie des services prend de plus en plus d'importance dans les pays les moins avancés où elle contribue généralement à au moins 45% du PIB. La rapide expansion du secteur des services génère beaucoup d'emplois et permet de vaincre la pauvreté. Les services représentent habituellement un quart des intrants des activités primaires à valeur ajoutée efficaces. C'est pourquoi la croissance de l'industrie des services est si importante pour les pays en développement dont le secteur primaire, comme les industries forestière et extractive, reste dominant.

    «Certains analystes prédisent que d'ici à 2020 les services s'élèveront à 50% des échanges mondiaux, déclare M. Peter Walters, du CCI. Une des raisons principales de la croissance exponentielle des services est le progrès dans les technologies de l'information et de la communication, qui ont permis de nombreux nouveaux débouchés pour ce secteur et ont joué un rôle primordial dans la manière dont on envisage et vend les services. Un des principaux messages du CCI est qu'on n'est jamais trop petit pour exporter des services. Une société peut se réduire à une seule personne et réussir dans l'exportation.»





    Les exportations manquantes

    Souvent, les exportations de services ne sont pas consignées dans les statistiques commerciales des pays en développement. Et même dans les pays industrialisé ne sont-elles pas toujours enregistrées. Cela donne une impression faussée de l'importance économique des activités de service tant dans les statistiques mondiales que dans celles de chaque pays. Ces lacunes sont dues notamment:

    • au regroupement des services liés aux exportations de produits  (formation, maintenance, financement) avec les marchandises vendues;

    • à l'omission d'enregistrer de nombreux services commerciaux internes à l'entreprise;
    • au manque de mécanismes pour exprimer les activités d'exportation  dans le domaine dynamique des services autres que les transports et le tourisme, en particulier les services commerciaux;

    • à l'incapacité à rendre compte des ventes à des entreprises  étrangères sises dans le marché national, surtout parce qu'il n'existe aucune infrastructure pour collecter ce type d'information, et

    • à l'ignorance des sociétés de services qu'elles sont en train d'exporter.







    Cycle d'Uruguay: une nouvelle idée des services

    Dans le cadre du Cycle d'Uruguay, les négociations de l'Accord général sur le commerce des services (AGCS) ont partiellement agi comme cataly- seur pour une nouvelle conception du commerce des services. L'AGCS a établi 4 manières d'exporter des services. Pour la première fois, cela a permis aux entreprises et aux pays d'évaluer, la valeur économique des services exportés. Un des accomplissements majeurs de l'AGCS a été de définir quand a lieu une exportation de services. Chacun des 4 «modes» exposés ci-dessous constitue un «échange» dès lors qu'une firme locale est payée par une firme étrangère («non résidente»), indépendamment du lieu où le service est réellement fourni. Voici les 4 types d'échanges de services:

    Mode 1: La fourniture transfrontière, où seul le service lui-même traverse la frontière, par exemple l'envoi par courrier électronique d'un document ou d'un rapport.

    Mode 2: La consommation à l'étranger, lorsque le consommateur se déplace dans le pays où le service est fourni, par exemple quand un homme d'affaires en déplacement utilise des services.

    Mode 3: La présence commerciale, où le fournisseur de services établit une présence commerciale à l'étranger, par exemple un bureau temporaire lors d'un projet de construction.

    Mode 4: La présence de «personnes physiques», lorsque le fournisseur de services se déplace pour offrir des services dans un autre pays, par exemple les mannequins ou les consultants.





    La Zambie se bat pour combler son déficit commercial des services

    Dès le milieu des années 1980 jusqu'à récemment, la Zambie concentrait ses efforts sur l'exportation des marchandises plutôt que sur celle des services. En 2001, ce pays importait la valeur de US$ 372 millions de services alors qu'il n'exportait que pour US$ 143 millions, ce qui a entraîné un déficit commercial que le Conseil des exportations de Zambie (EBZ) a décidé de combattre.

    L'EBZ a identifié cinq activités de services dotées d'un potentiel d'exportation: la publicité, les conseils commerciaux, l'éducation, l'ingénierie et la construction et les services financiers.




    Photo: Export Board of Zambia


    Fin 2003, la Section du commerce des services du CCI a mis sur pied une série de séminaires destinés aux PME, chacun comptant avec la participation de plus de 20 branches de services. Au total, ces séminaires, administrés par EBZ, eurent plus de 75 participants. Mme Mirriam Nkunika, Présidente du conseil de direction d'EBZ, déclara lors de cette réunion: «Peut-être que le plus nécessaire est d'apprendre comment commercialiser et exporter les services. Bien que souvent invisibles pour les responsables politiques, les services jouent un rôle vital pour faciliter tous les aspects de l'activité économique.» À la suite de ces séminaires, l'EBZ a lancé son propre programme de conscientisation: il a mis sur pied des présentations sur l'importance des exportations de services et sensibilisé le public à travers les médias. Avec ses exportations potentielles, la Zambie visait l'Afrique du Sud, l'Angola, le Botswana, le Malawi, la Namibie et la République démocratique du Congo. Le CCI a ensuite coordonné un programme régional comprenant le Botswana, la Namibie et la Zambie.