La compétence électronique: une question de tournure
d'esprit
«La compétence électronique, c'est… une question de tournure
d'esprit, un changement de mentalité, une évolution des politiques.
Je parlerai même d'un changement culturel. Il ne s'agit pas de
quelque chose que vous pouvez importer, acheter et installer; cela
touche divers aspects dans la manière de concevoir le commerce,
tant de la part du secteur privé que du secteur public.»
Rubens Ricupero, Secrétaire
général, CNUCED, Genève
L'opinion du stratège: il ne s'agit pas uniquement de
technologie
«Nous sommes en train de passer d'une société en réseaux,
dispersés en divers lieux, à un marché électronique mondial. Cette
transition est menée par la technologie, et nos sociétés devront
adapter leurs institutions à cette accélération.
Il s'agit de questions de connaissances, de compréhension, et
ensuite seulement de manque de financement et de partenariat entre
secteurs public et privé, quelle que soit la forme de ce
partenariat. La première chose à faire est de convaincre nos
gouvernements - les persuader, les former, les effrayer peut-être -
qu'il y va de leur intérêt d'agir pour rattraper ce monde-là.
Il faut vous asseoir et vous interroger sur vos points forts:
quelles sont vos compétences fondamentales, en quoi pouvez-vous
renforcer vos capacités? Que ce soit en affaires ou au niveau
gouvernemental, il faut commencer par avoir une position forte et
une vision, puis vous concentrer sur vos compétences principales.
Ensuite, il faut s'occuper de la question administrative: qui va se
charger du processus? Alors, vous considérez la technologie. Puis
vous revenez à votre point de départ et vous vous occupez de votre
stratégie de commerce électronique et de votre site web, mais
seulement après avoir répondu aux autres questions.»
Vadim Levitin, Administrateur en
chef, e-Commerce Institute, San Diego, Californie (résumé d'une
interview)
Le droit du commerce électronique
«Il est frappant de constater comme le commerce électronique
reflète l'un des grands paradoxes de notre temps. Il est
essentiellement sans frontières; pourtant, il n'existe aucun droit
commercial sans frontières. Il est fondamentalement international,
mais le droit international du commerce au sens strict du terme
n'existe pas. Ainsi, les législateurs de chaque pays sont
contraints de participer à la création d'une mosaïque faite de 167
lois différentes pour encadrer un phénomène mondial.»
Jean-François Bourque, CCI,
Genève
«En raison de la rapidité de l'évolution des techniques et de la
nature essentiellement internationale du sujet, le commerce
électronique met au défi l'administration de chaque nation. C'est
pourquoi un ensemble de lois promulguées par des pays qui
persistent à faire cavalier seul manquera certainement de
cohérence.»
Toby C. Monsod, Sous-Secrétaire,
Ministère du commerce et de l'industrie, Manille,
Philippines
La société civile
«À mon avis, le plus important est que le gouvernement suscite
les consensus dans la société civile sur la manière d'introduire
les compétences électroniques. Sinon, toute formation, toute
infrastructure, bref tout ce qu'on fait, ne servira à rien. La
priorité doit être mise sur la création d'un marché national pour
la santé, l'éducation et le commerce en ligne. Alors seulement
pourra-t-on parler d'échanges électroniques.»
José Soriano, CEO, Red Científica
Peruana, San Isidro, Pérou
L'accès depuis le Népal
«Comparé au lent développement de beaucoup de secteurs, dans le
domaine des technologies de l'information le Népal a évolué
considérablement en un temps très court. Neuf fournisseurs d'accès
sont déjà opérationnels. Cela a abouti à une concurrence effrénée
et à une chute vertigineuse des prix de l'internet. Le web est
maintenant accessible à tous, ce qui a ouvert le marché pour le
commerce électronique.»
Vikrant Bhusal, Sous-Directeur,
Worldlink Communications, Katmandou, Népal
Le commerce électronique: un moyen
«Dans l'expression commerce électronique, c'est le mot commerce
qui compte. L'adjectif électronique ne représente qu'un moyen. Le
succès sera déterminé par l'efficacité avec laquelle l'entreprise
applique l'électronique pour mener à terme ses opérations
commerciales.»
Carlos Vera Quintana, Président
exécutif, Corporation équatorienne du commerce électronique, Quito,
Équateur
Zambie: absence du commerce
électronique
«Nous devons mener une bataille rangée pour faire passer le
message aux principaux responsables, car ils n'ont pas encore
compris que les technologies de l'information et le commerce
électronique sont des moyens dont il faut saisir les avantages pour
que nos entreprises locales puissent être compétitives - ou
simplement survivre - sur le marché mondial.»
Daniel Mpolokoso (daniel@zamnet.zm),
Administrateur délégué,ZAMNET Communication System, Ltd.,
Zambie
L'exode des cerveaux: un service
d'exportation
«Nous sommes inquiets, au Nigéria, à propos de l'exode des
cerveaux. À mon avis, la fuite des cerveaux n'est en fait que de
l'exportation de services. Ainsi, nous devrions chercher à faire ce
que le CCI nous aide à faire, à savoir réorienter notre manière de
penser, apprendre à accepter que le Nigéria possède un fort
potentiel d'exportation de services que nous traitons à tort de
fuite des cerveaux. Nous devons donc réorienter la pensée de nos
responsables politiques.»
Femi Boyede, CEO, Koinonia Ventures, Ltd., Lagos,
Nigéria
«En réalité, l'exode des cerveaux qui a eu lieu en Inde a fini
par tourner à notre avantage, puisque les ingénieurs en logiciels
qui sont partis aux États-Unis ou en Europe ont été les points de
contact pour conclure des affaires, qu'ils reviennent pour démarrer
des entreprises et qu'ils ont produit pour un montant de US$ 6
milliards d'exportations de logiciels.»
Alwyn Didar Singh, Spécialiste du
commerce électronique, Chandigarh, Inde
Trouver les clients «chez eux»
«En étudiant le commerce électronique au Brésil, l'an dernier,
j'ai découvert de profondes disparités entre la conception des
sites web et les capacités de leurs utilisateurs. Alors qu'un grand
nombre de sites promotionnels et commerciaux se révélaient
magnifiques et très bien élaborés, la plupart des utilisateurs au
Brésil (et même ceux provenant du pays branché par excellence, les
États-Unis) n'avaient pas les connexions nécessaires pour
télécharger les pages proposées dans un délai raisonnable.
L'écart entre les compétences et la technologie à la disposition
des concepteurs de sites et celles des utilisateurs est un aspect
souvent négligé du commerce électronique. Or, il ne faut pas
oublier d'aller chercher les clients potentiels là où ils se
trouvent, même si ce n'est pas à l'avant-garde.»
John Dunn Smith, Banque
interaméricaine de développement