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  • QUELQUES COMMENTAIRES SUR LE COMMERCE ÉLECTRONIQUE

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    Quelques commentaires sur le commerce électronique

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 1/2001

    Que pensent les cadres d'affaires des pays en développement et les responsables gouvernementaux chargés du développement du commerce électronique? Voici les opinions exprimées lors du Forum exécutif. Consultez notre page web consacrée au Forum exécutif, où vous retrouverez les discussions en ligne, des rapports, des interviews et la version électronique de l'ouvrage issu du Forum exécutif 2000.

    La compétence électronique: une question de tournure d'esprit

    «La compétence électronique, c'est… une question de tournure d'esprit, un changement de mentalité, une évolution des politiques. Je parlerai même d'un changement culturel. Il ne s'agit pas de quelque chose que vous pouvez importer, acheter et installer; cela touche divers aspects dans la manière de concevoir le commerce, tant de la part du secteur privé que du secteur public.»

    Rubens Ricupero, Secrétaire général, CNUCED, Genève



    L'opinion du stratège: il ne s'agit pas uniquement de technologie

    «Nous sommes en train de passer d'une société en réseaux, dispersés en divers lieux, à un marché électronique mondial. Cette transition est menée par la technologie, et nos sociétés devront adapter leurs institutions à cette accélération.

    Il s'agit de questions de connaissances, de compréhension, et ensuite seulement de manque de financement et de partenariat entre secteurs public et privé, quelle que soit la forme de ce partenariat. La première chose à faire est de convaincre nos gouvernements - les persuader, les former, les effrayer peut-être - qu'il y va de leur intérêt d'agir pour rattraper ce monde-là.

    Il faut vous asseoir et vous interroger sur vos points forts: quelles sont vos compétences fondamentales, en quoi pouvez-vous renforcer vos capacités? Que ce soit en affaires ou au niveau gouvernemental, il faut commencer par avoir une position forte et une vision, puis vous concentrer sur vos compétences principales. Ensuite, il faut s'occuper de la question administrative: qui va se charger du processus? Alors, vous considérez la technologie. Puis vous revenez à votre point de départ et vous vous occupez de votre stratégie de commerce électronique et de votre site web, mais seulement après avoir répondu aux autres questions.»

    Vadim Levitin, Administrateur en chef, e-Commerce Institute, San Diego, Californie (résumé d'une interview)

    Le droit du commerce électronique

    «Il est frappant de constater comme le commerce électronique reflète l'un des grands paradoxes de notre temps. Il est essentiellement sans frontières; pourtant, il n'existe aucun droit commercial sans frontières. Il est fondamentalement international, mais le droit international du commerce au sens strict du terme n'existe pas. Ainsi, les législateurs de chaque pays sont contraints de participer à la création d'une mosaïque faite de 167 lois différentes pour encadrer un phénomène mondial.»

    Jean-François Bourque, CCI, Genève



    «En raison de la rapidité de l'évolution des techniques et de la nature essentiellement internationale du sujet, le commerce électronique met au défi l'administration de chaque nation. C'est pourquoi un ensemble de lois promulguées par des pays qui persistent à faire cavalier seul manquera certainement de cohérence.»

    Toby C. Monsod, Sous-Secrétaire, Ministère du commerce et de l'industrie, Manille, Philippines



    La société civile

    «À mon avis, le plus important est que le gouvernement suscite les consensus dans la société civile sur la manière d'introduire les compétences électroniques. Sinon, toute formation, toute infrastructure, bref tout ce qu'on fait, ne servira à rien. La priorité doit être mise sur la création d'un marché national pour la santé, l'éducation et le commerce en ligne. Alors seulement pourra-t-on parler d'échanges électroniques.»

    José Soriano, CEO, Red Científica Peruana, San Isidro, Pérou



    L'accès depuis le Népal

    «Comparé au lent développement de beaucoup de secteurs, dans le domaine des technologies de l'information le Népal a évolué considérablement en un temps très court. Neuf fournisseurs d'accès sont déjà opérationnels. Cela a abouti à une concurrence effrénée et à une chute vertigineuse des prix de l'internet. Le web est maintenant accessible à tous, ce qui a ouvert le marché pour le commerce électronique.»

    Vikrant Bhusal, Sous-Directeur, Worldlink Communications, Katmandou, Népal



    Le commerce électronique: un moyen

    «Dans l'expression commerce électronique, c'est le mot commerce qui compte. L'adjectif électronique ne représente qu'un moyen. Le succès sera déterminé par l'efficacité avec laquelle l'entreprise applique l'électronique pour mener à terme ses opérations commerciales.»

    Carlos Vera Quintana, Président exécutif, Corporation équatorienne du commerce électronique, Quito, Équateur



    Zambie: absence du commerce électronique

    «Nous devons mener une bataille rangée pour faire passer le message aux principaux responsables, car ils n'ont pas encore compris que les technologies de l'information et le commerce électronique sont des moyens dont il faut saisir les avantages pour que nos entreprises locales puissent être compétitives - ou simplement survivre - sur le marché mondial.»

    Daniel Mpolokoso (daniel@zamnet.zm), Administrateur délégué,ZAMNET Communication System, Ltd., Zambie



    L'exode des cerveaux: un service d'exportation

    «Nous sommes inquiets, au Nigéria, à propos de l'exode des cerveaux. À mon avis, la fuite des cerveaux n'est en fait que de l'exportation de services. Ainsi, nous devrions chercher à faire ce que le CCI nous aide à faire, à savoir réorienter notre manière de penser, apprendre à accepter que le Nigéria possède un fort potentiel d'exportation de services que nous traitons à tort de fuite des cerveaux. Nous devons donc réorienter la pensée de nos responsables politiques.»

    Femi Boyede, CEO, Koinonia Ventures, Ltd., Lagos, Nigéria

    «En réalité, l'exode des cerveaux qui a eu lieu en Inde a fini par tourner à notre avantage, puisque les ingénieurs en logiciels qui sont partis aux États-Unis ou en Europe ont été les points de contact pour conclure des affaires, qu'ils reviennent pour démarrer des entreprises et qu'ils ont produit pour un montant de US$ 6 milliards d'exportations de logiciels.»

    Alwyn Didar Singh, Spécialiste du commerce électronique, Chandigarh, Inde



    Trouver les clients «chez eux»

    «En étudiant le commerce électronique au Brésil, l'an dernier, j'ai découvert de profondes disparités entre la conception des sites web et les capacités de leurs utilisateurs. Alors qu'un grand nombre de sites promotionnels et commerciaux se révélaient magnifiques et très bien élaborés, la plupart des utilisateurs au Brésil (et même ceux provenant du pays branché par excellence, les États-Unis) n'avaient pas les connexions nécessaires pour télécharger les pages proposées dans un délai raisonnable.

    L'écart entre les compétences et la technologie à la disposition des concepteurs de sites et celles des utilisateurs est un aspect souvent négligé du commerce électronique. Or, il ne faut pas oublier d'aller chercher les clients potentiels là où ils se trouvent, même si ce n'est pas à l'avant-garde.»

    John Dunn Smith, Banque interaméricaine de développement