La chute des prix du café a provoqué la crise économique la plus
sévère essuyée par les pays exportateurs depuis des années. Comment
cela a-t-il pu arriver à l'un des produits de base les plus
répandus? La production excédentaire de café est due à différents
facteurs: la rapide expansion de cette denrée au Viet Nam, de
nouvelles plantations au Brésil, de meilleures récoltes, un
rendement supérieur, et des encouragements à augmenter la
production, comme la libéralisation des marchés dans les années
1990, qui a entraîné une augmentation des parts des producteurs de
café dans les prix à l'exportation.
À cela s'ajoute une demande qu'on pourrait qualifier de faible. Les
analystes se concentrent souvent sur l'offre excédentaire et
négligent les effets des tendances émergentes dans les marchés et
des nouvelles technologies sur l'offre et la demande
internationales. Ce qui est omis également, c'est que le café n'est
pas un produit uniforme: la variété arabica possède un arôme
délicat et atteint généralement des prix élevés, alors que le café
robusta est souvent meilleur marché et plus facile à produire. La
part de marché du robusta s'est énormément accrue ces dix dernières
années.
La qualité du produit, les coûts de production et les rapports avec
les partenaires internationaux ont représenté des paramètres
commerciaux durant des années. Néanmoins, après plus de trois ans
de production excédentaire et de bas prix, la concurrence s'est
accentuée. Pour de nombreux producteurs et exportateurs, la survie
de cette activité dépend entièrement de leur réponse aux exigences
d'un marché de meilleure qualité et de sa constance, de la
traçabilité de l'origine, de la transparence (économique, sociale
et environnementale), de la capacité à fournir des produits sur
mesure, et de celle d'établir à long terme des partenariats directs
entre producteur et torréfacteur. Les politiciens, les groupes de
défense des intérêts de la branche et les organisations non
gouvernementales et internationales s'emploient à chercher des
solutions. Malheureusement, nombre de celles-ci ne sont que de
mauvaises nouvelles pour des producteurs déjà aux abois.
Certains pourront tirer parti de variétés de café destinées à des
spécialités ou de campagnes de promotion de la consommation sur de
nouveaux marchés. Toutefois, beaucoup devront diversifier leur
production, et les responsables politiques doivent en tenir
compte.
Créer de la valeur à l'origine
Moins de 0,25% des exportations de café des pays producteurs se
fait sous la forme de grains torréfiés et moulus. Le café
instantané s'élève à 5% du marché, et tous les autres types de
cafés sont expédiés sous forme de fèves crues non transformées. Le
café torréfié et moulu sur le lieu de production représente ainsi
moins de deux tasses sur 1000 consommées dans le pays
d'importation. Pourquoi la valeur ajoutée en amont est-elle si
négligeable? Elle est souvent imputée aux droits d'importation
prélevés sur le café transformé. Pourtant, même si les pays
importateurs réduisaient ou supprimaient ces droits, l'exportation
de produits finis resterait probablement modeste, cela pour les
raisons suivantes.
- Mélanges et marques spécifiques aux
marchés. Les cafés torréfiés et moulus sont le plus
souvent des mélanges vendus sous différentes marques; les
torréfacteurs hésitent à changer «le bon mélange». Les mélanges
sont élaborés pour répondre aux goûts sur le marché et adaptés aux
différences de qualité de l'eau. Il est aussi tenu compte de la
disponibilité de substituts et de la saison, tant pour l'offre que
pour la demande. Ces facteurs sont difficiles à gérer sans être sur
le lieu de consommation.
- Maintien de la qualité. Les fèves de
café vertes et non transformées possèdent une longue période de
conservation et peuvent être stockées durant des mois, parfois même
des années. Tel n'est pas le cas du café torréfié et moulu, même si
les nouveaux emballages permettent une conservation prolongée. La
meilleure qualité s'obtient en général par une transformation la
plus tardive possible, par exemple en moulant le grain juste avant
la consommation.
- Livraison juste-à-temps. Les vendeurs
doivent pouvoir livrer dans les jours qui suivent la décision des
torréfacteurs de modifier leurs mélanges ou les quantités. En
outre, les torréfacteurs doivent répondre aux changements demandés
par les détaillants. Ainsi: «La livraison de jeudi prochain doit
être faite en paquets de 1 kg, et non en paquets de 500 g comme la
semaine passée.» Ce type de situation n'est pas facile à gérer à 10
000 km du lieu d'achat.
Baisse des prix due à la demande
Ces dernières années, le cours du café a constamment baissé. Une
des difficultés rencontrées par les producteurs vient du fait que
la plupart d'entre eux ne peuvent pas ajouter de valeur à
l'origine. L'autre point négatif est que la demande croît
lentement. Les tendances du marché et les nouvelles technologies
agissent parfois contre les intérêts des producteurs. Voici
quelques facteurs souvent oubliés lors des discussions sur l'offre
et la demande.
- L'emploi de plus en plus répandu du
robusta. Le café robusta est utilisé comme
remplissage bon marché dans beaucoup de mélanges, bien que des
arômes indésirables limitent la quantité qui peut être utilisée.
Les torréfacteurs ont répondu à la croissance de l'offre en
adoptant des technologies (par exemple le traitement à la vapeur)
en vue d'augmenter l'emploi du robusta.
- L'utilisation de grains meilleur marché pour les
cafés aromatisés. L'ajout d'arômes tels que la
vanille, la noisette et la framboise au café est devenu à la mode
en Amérique du Nord. Aux États-Unis, certaines revues spécialisées
sur le café comptent jusqu'à dix pleines pages de publicité pour
des sirops ou autres additifs, ce qui donne parfois l'impression
que ces arômes sont plus importants que le café. Les cafés
aromatisés peuvent être préparés avec des fèves de qualité
médiocre.
- L'utilisation de fèves meilleur marché pour les
nouvelles boissons à base de café. Aujourd'hui, la
tasse de café traditionnelle se vend parallèlement à des produits
tels que le cappuccino, le café au lait et le mochaccino, dans
lesquels le café ne représente qu'un ingrédient parmi d'autres. Les
torréfactions plus foncées servent à préserver le goût du café
lorsqu'il est mélangé à du lait, de la crème ou de la glace; elles
permettent l'emploi de fèves de moindre qualité.
- Moins de fèves par tasse. Il y a 30
ans, environ 8 fèves de café torréfiées et moulues étaient la norme
pour une tasse de café préparée à la maison (1,5 dl) dans un pays
européen. À l'heure actuelle, le mode d'emploi sur les paquets
recommande souvent 6 g ou 7 g. Les nouvelles technologies employées
pour la torréfaction, la mouture, le mélange et la préparation
permettent d'extraire plus de 1 g de café. La diminution à 1 g par
ration représente environ 12%, ce qui correspond grosso modo au
pourcentage des cafés africains dans la production mondiale.
- Effet plus stimulant du robusta. La
caféine est un stimulant pour la majorité des consommateurs, mais
un excès de cet élément peut avoir des effets secondaires
désagréables, par exemple sur le rythme cardiaque. Le robusta
possède un taux de caféine plus élevé que l'arabica et, avec
l'emploi toujours plus courant du robusta dans les mélanges,
certains consommateurs atteignent leur dose journalière après
quelques tasses de café, ce qui entraîne une diminution de la
consommation générale.
- Plus d'expressos signifie plus de robusta et moins
de fèves. L'expresso, de plus en plus demandé,
nécessite parfois moins de fèves de café par tasse que le café
traditionnel. En outre, pour augmenter la stimulation obtenue par
la caféine et le goût épicé exigé par certains consommateurs,
certains expressos contiennent une grande quantité de robusta.
- Augmentation de la consommation hors de la
maison. Les cafés et restaurants occupent une part
croissante des lieux de consommation de café. Cela a attiré de
nouveaux consommateurs, mais a aussi deux effets opposés. D'une
part, quand le café est préparé par des professionnels, la
proportion de perte est moindre (moins de café jeté dans l'évier),
et la consommation générale baisse. D'autre part, le prix plus
élevé par tasse dans les lieux publics rend les consommateurs plus
hésitants à boire une deuxième ou une troisième tasse.
- Boissons concurrentes. L'industrie du
café doit faire face à la concurrence d'autres boissons, telles les
sodas et le thé froid, que les jeunes préfèrent.
Chercher des solutions
Avec une production croissante, une consommation stagnante et un
effondrement des prix depuis trois ans, nombreux sont les acteurs
qui cherchent des solutions. Parmi eux se trouve TechnoServe, une
organisation sans but lucratif dont l'objectif est de soutenir les
entreprises agricoles dans les pays en développement. USAID et
Procter&Gamble comptent parmi les institutions qui financent le
travail de TechnoServe relatif au café. Son rapport 2003,
Business Solutions to the Coffee Crisis, préparé avec
l'aide de McKinsey & Co. et des organisations et entreprises du
secteur, examine les diverses solutions possibles (voir encadré
ci-dessous); il en a classé trois qui possèdent le plus fort
potentiel:
- promouvoir la consommation de café dans les pays producteurs et
sur les marchés émergents;
- encourager les producteurs de spécialités à assurer les primes
du marché;
- favoriser la diversification chez les producteurs marginaux
sans potentiel de production pour les spécialités et les marchés de
niche.
La Banque mondiale est parvenue aux mêmes conclusions dans un
rapport rendu en mars, intitulé Coffee Markets: New Paradigms in
Global Supply and Demand. Elle affirme qu'il n'existe pas de
solutions miracle pour enrayer le déclin dramatique des prix
mondiaux du café et recommande que les producteurs s'organisent et,
avec l'aide de la communauté internationale, trouvent des moyens
pour diversifier leur production ou en changer.
Ces suggestions sont judicieuses, mais seuls quelques-uns parmi les
producteurs et exportateurs affectés pourront en tirer parti.
Quelques
solutions

Source: technoServe (
http://www.technoserve.org)
Promouvoir la consommation
L'Organisation internationale du café (OIC) et d'autres
associations ont lancé des programmes de promotion générique qui
incluent les marchés nouveaux et potentiels comme la Chine et la
Fédération de Russie, où la consommation par habitant est très
basse. La consommation est également faible dans les principaux
pays producteurs, avec des exceptions telles que le Brésil ou
l'Éthiopie. Des campagnes de promotion peuvent se révéler
fructueuses, comme au Brésil où sont consommés à présent presque
40% de la production nationale. Toutefois, ces campagnes prennent
souvent beaucoup de temps et d'argent avant de donner des
résultats.
L'OIC a introduit, dans les Résolu-tions 407 et 420, des normes
d'exportation qui établissent des critères de qualité minimaux. Ces
normes ont deux objectifs: améliorer la qualité du café en général,
et par conséquent stimuler les consommateurs à en boire plus, et
diminuer l'offre de café globale en éliminant les produits de
qualité médiocre.
Les spécialités
Le café de spécialité fait principalement référence à une qualité
élevée ou à des produits dotés d'une histoire ou d'un cadre
particuliers, souvent liés à la durabilité. Il n'existe pas de
définition universelle des spécialités, lesquelles s'élèvent à 10%
de la production totale.
Les cafés certifiés biologiques représentent environ 0,7% de la
production mondiale. Les producteurs ont en général reçu des
subventions qui compensent largement le coût de la certification,
le travail supplémentaire et, pour certains, des rendements plus
bas. Néanmoins, les primes ont chuté ces dernières années et
l'offre s'est accrue.
Les cafés certifiés issus du commerce équitable représentent
environ 0,3% de la production mondiale. Beaucoup sont également
produits biologiquement. Le commerce équitable représente un schéma
social impliquant notamment un label qui garantit un prix minimal
de US$ 1,26 la livre franco à bord pour des cafés habituellement
négociés à US$ 0,70.
Les cafés certifiés biologiques et issus du commerce équitable sont
des exemples de cafés de spécialité hauts de gamme; ensemble, ils
représentent cependant à peine plus de 1% du marché. La production
et les ventes sont en augmentation, mais ces niches restent
relativement réduites.
Diversifier la production
La diversification peut être difficile. Le café vert possède une
longue durée de conservation; en outre, suivant la région, il n'y a
pas d'autre possibilité de production. De plus, les prix sont bas
pour beaucoup d'autres produits agricoles, certains subissant la
concurrence de produits subventionnés dans les pays
industrialisés.
En même temps, il existe un attachement culturel à la culture du
café, et l'espoir que les prix vont remonter.
Décisions prises avec le CCI
Les producteurs et les exportateurs de café doivent optimiser leurs
activités et prendre des décisions cruciales pour leur
avenir.
Le CCI aide les responsables stratégiques qui envisagent de passer
à la production de café de spécialité et de promouvoir la
consommation et la diversification de la production. Le CCI apporte
aussi son assistance en vue d'améliorer la compétitivité de ceux
qui conservent cette activité. Les exemples qui suivent illustrent
la diversité de l'aide du CCI dans le secteur du
café.
- Le Projet Café gourmet (1998-2000),
au Brésil, au Burundi, en Éthiopie, en Ouganda et en
Papouasie-Nouvelle-Guinée, a permis le développement des
exportations de cafés de qualité dotés de la possibilité de prix
plus élevés. En coopération avec l'OIC et le Fonds commun pour les
produits de base, ce projet a expérimenté de nouvelles méthodes de
production, de transformation et de commercialisation du café
gourmet. Dans ce cadre s'est tenue la première enchère de café par
internet, en 1999 au Brésil, qui a été à l'origine du concours et
mise aux enchères Cup of Excellence (http://www.cupofexcellence.org),
actuellement repris dans plusieurs pays.
- Café: Guide de l'exportateur
(2002-2003) fournit information et conseils pratiques en vue
d'optimiser les pratiques commerciales à tous les stades. Ce guide
se concentre sur le café courant (90% de ce commerce) et aborde
quelques spécialités de niche comme la production biologique et le
commerce équitable. Destiné aux exportateurs de café, cet ouvrage
est utile également pour les producteurs, les autorités, les
importateurs, les banques, les services de douanes et les
compagnies de transport. Il examine les contrats commerciaux, la
logistique, les assurances, l'arbitrage, les marchés à terme, la
gestion de la couverture du risque, le financement, le contrôle de
la qualité, ainsi que le commerce électronique.
- Le Projet sur la qualité du café en
Éthiopie (2003-2006) vise à améliorer la qualité, la
régularité et la traçabilité de différents cafés. Le CCI fournit
son aide pour créer des laboratoires, et pour la formation et les
activités de commercialisation.
- Un site internet interactif sur le
café, premier du genre pour le secteur du café,
accueillera un groupe d'experts qui offriront des réponses sur
mesure, en trois langues, aux questions des professionnels de la
branche dans les pays en développement (dès fin 2004).
Arabica contre robusta
La répartition de la consommation des différentes variétés
de café change. L'arabica perd du terrain par rapport au
robusta.
Environ 60% à 65% de la production mondiale de café est constituée
d'arabica, dont la provenance principale est l'Amérique latine.
Cultivé en haute altitude, ce type de café au goût aromatique et
fin atteint généralement des prix élevés. Il est souvent vendu
comme 100% arabica ou arabica pur. Les plus grands fournisseurs
hors de l'Amérique du Sud sont l'Éthiopie, le Kenya, l'Inde et la
Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Le robusta représente plus de 35% de la production mondiale,
comparé à 25% il y a 20 ans. Cette variété est plus facile à
cultiver, plus résistante aux maladies et adaptable à des altitudes
plus basses. Le robusta est négocié à environ la moitié du prix de
l'arabica et sert souvent à compléter des mélanges. L'arabica
contient 1% à 1,5% de caféine, le robusta environ 2%
.
Tour d'horizon
Trois grands producteurs
Plus de 50 pays produisent du café. La production annuelle
(110 millions de sacs de 60 kg, soit 6-7 millions de tonnes) et la
valeur à l'exportation (US$ 5000-6000 millions) représentent le
double de celles du cacao et du thé.
Trois pays, le Brésil, la Colombie et le Viet Nam, cultivent
presque 60% de la production mondiale. Les pays latino-américains
réunis produisent 63%.
Le Brésil fournit actuellement environ un tiers de la production
mondiale, mais ce chiffre a beaucoup fluctué dans le temps: 48% en
1852; 75% en 1900; 19% en 1964; sautant à 46% une année après, en
1965, et passant à 26% en 1993. Le Brésil a un avantage de coût dû
à un haut rendement, notamment grâce l'irrigation et à la récolte
automatisées. Le gel et la sécheresse ont été les causes
principales des fluctuations de la production, avec les incidences
correspondantes sur les prix mondiaux.
Le Viet Nam est entré en scène vers la fin des années 80. Il a
augmenté sa production d'environ 500 000 sacs en 1986 à 12 millions
par an depuis 2000, soit presque 11% de l'offre mondiale. Ce pays
produit presque uniquement du robusta.
La Colombie produit également environ 12 millions de sacs par an,
exclusivement de l'arabica.
Moyenne annuelle de la
production de café
2000-2003, en millions de sacs de café de 60 kg
Pays
| Arabica
| Robusta
| Total
|
|---|
Brésil
| 29
| 7
| 36
|
Colombie
| 12
| -
| 12
|
Mexique
| 5
| -
| 5
|
Guatemala
| 4
| -
| 4
|
Autres, Amérique Latine
| 12
| 1
| 13
|
Amérique Latine 63 %
| 62
| 8
| 70
|
Ethiopie
| 4
| -
| 4
|
Côte d'Ivoire
| -
| 3
| 3
|
Uganda
| -
| 3
| 3
|
Autres, Afrique
| 3
| 2
| 5
|
Afrique 13%
| 7
| 8
| 15
|
Viet Nam
| -
| 12
| 12
|
Indonésie
| 1
| 5
| 6
|
Inde
| 2
| 3
| 5
|
Autres, Asie/Pacifique
| 1
| 2
| 3
|
Asie/Pacifique24%
| 4
| 22
| 26
|
Total mondial
| 73
| 38
| 111
|
| 65%
| 35%
| 100%
|
Source: Données puisées principalement dans l'ouvrage du CCI
Café: guide de l'exportateur et auprès de l'OIC. Les
chiffres sont arrondis pour indiquer les grandeurs et les tendances
des dernières années plutôt que les détails. «-» signifie moins de
0,5 million de sacs.
Profil des consommateurs
Pays
|
Million de sacs
de 60 kg
| Rapport
arabica/robusta
| Kg per capita
2001-2002
|
|---|
États-Unis
| 19
| 76/24
| 4,0
|
Canada
| 4
| 75/25*
| 4,7
|
Allemagne
| 11
| 76/24
| 6,7
|
France
| 6
| 50/50*
| 5,4
|
Italie
| 5
| 56/44
| 5,4
|
Royaume-Uni
| 2
| 50/50*
| 2,2
|
Pays nordiques
| 4
| 96/4
| 9,3
|
Japon
| 7
| 73/26
| 3,2
|
Fédération de Russie
| 2
| 35/65*
| 0,6
|
Brésil
| 14
| 65/35
| 4,0
|
* Les chiffres des pays avec de
fortes importations de mélanges sont des estimations.
Par «pays nordiques», nous nous référons au Danemark, à la
Finlande, à l'Islande, à la Norvège et à la Suède qui, ensemble,
constituent environ 20 millions d'habitants présentant un profil de
consommation similaire.
Différents profils de consommateurs
Les pays nordiques sont les plus grands consommateurs de café per
capita dans le monde, avec presque 10 kg par an, quasi
exclusivement de l'arabica. Les États-Unis représentent le plus
vaste marché du monde, mais la consommation annuelle per capita est
beaucoup plus basse. Elle a chuté durant les 30 ou 40 dernières
années de 7 kg à 4 kg. Il faut relever que le Brésil est, par sa
taille, le second marché du monde et possède une consommation per
capita aussi élevée que celle des États-Unis.
Le robusta représente environ 24% de la consommation aux États-Unis
et en Allemagne, alors qu'elle se situait à 13% en 1990. Dans
certains pays, le robusta s'élève à 50% ou plus de la
consommation.
Le prix du café
Le prix du café s'exprime habituellement en US$ par livre (lb)
franco à bord (FOB, free on board), selon accord entre
l'exportateur et l'importateur. L'évaluation dominante est le prix
du contrat «C» pour une qualité minimale bien définie de café
arabica négociée au New York Board of Trade (NYBOT).
D'autres références communes sont le prix pour les contrats de café
robusta standard négociés au London International Financial Futures
and Options Exchange (LIFFE) et le prix composite indicatif de
l'Organisation internationale du café (OIC) fondé sur un panier de
quatre types de cafés calculé par l'OIC.
Les prix ont varié considérablement dans les années 1990, alors que
le prix pour le contrat «C» était en moyenne deux fois plus élevé
qu'aujourd'hui. Le 29 avril 2004, les trois prix de référence
étaient :
- NYBOT - 70,10 US cents/lb FOB (arabica)
- LIFFE - 32,75 US cents/lb FOB (robusta)
- OIC - 58,18 US cents/lb FOB (panier de quatre cafés)
Pendant plusieurs années, les organisations en faveur du commerce
équitable ont utilisé le prix minimal de US$ 1,26 la livre pour
l'arabica actuellement négocié à US$ 0,70. Les cultivateurs sont
traditionnellement payés entre 60% et 70% du prix FOB. Le
pourcentage dépend de plusieurs facteurs, dont la propriété des
installations de transformation, les services fournis par d'autres
et les mesures gouvernementales.
Contrats types et marchés à terme
La majeure partie du commerce du café se fonde sur des contrats
types de la Fédération européenne du café (ECF) et de l'association
américaine Green Coffee Association (GCA). Le vendeur et l'acheteur
doivent se mettre d'accord sur la quantité, la qualité,
l'emballage, le transport, le prix et les conditions de paiement.
Parallèlement à ce marché physique se tient un marché à terme,
connu aussi comme bourse des marchandises ou marché terminal de
gros.
L'objectif premier des marchés à terme est de transférer le risque
de prix d'un produit de ceux qui ne veulent pas l'accepter (le
vendeur ou l'acheteur ci-dessus, appelés opérateurs en couverture)
à ceux qui l'acceptent moyennant une prime (les
spéculateurs).
Les principaux marchés à terme pour le café sont le NYBOT, qui est
une compagnie apparentée à la Coffee, Sugar and Cocoa Exchange
(CSCE), pour l'arabica et le LIFFE pour le robusta. De plus petits
marchés à terme pour le café se tiennent au Brésil, en France, en
Inde et au Japon.
Sociétés commerciales et torréfacteurs
Cinq sociétés commerciales de café se partagent environ 40% du
volume total des importations de café vert dans le monde. Il
s'agit, par ordre alphabétique, de Dreyfus (France), EDF Man/Mercon
(Royaume-Uni), Esteve (Brésil), Neumann (Allemagne), et VOLCAFE
(Suisse).
Dix torréfacteurs se partagent quant eux 60% à 65% des ventes de
cafés transformés, pour la plupart vendus sous des noms de marques.
Les quatre plus grands sont, par ordre alphabétique: Kraft Foods
(États-Unis); Nestlé (Suisse); Procter & Gamble (États-Unis);
Sara Lee/DE (États-Unis/Pays-Bas).
Pour plus d'information, veuillez contacter Morten Scholer (scholer@intracen.org),
Conseiller principal du CCI en développement de marché.