• back
  • QUEL AVENIR POUR LES PRODUCTEURS DE CAFÉ?

  •  

    Quel avenir pour les producteurs de café?

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 2/2004

    Le marché du café est engorgé et les prix n'ont jamais été aussi bas au cours de ces 100 dernières années. La concurrence à l'exportation va donc être rude. Inciter les producteurs à «ajouter de la valeur» à leur café pour en tirer de meilleurs revenus est la solution communément proposée. Toutefois, une telle solution est complexe, et irréaliste pour nombre de producteurs.

    La chute des prix du café a provoqué la crise économique la plus sévère essuyée par les pays exportateurs depuis des années. Comment cela a-t-il pu arriver à l'un des produits de base les plus répandus? La production excédentaire de café est due à différents facteurs: la rapide expansion de cette denrée au Viet Nam, de nouvelles plantations au Brésil, de meilleures récoltes, un rendement supérieur, et des encouragements à augmenter la production, comme la libéralisation des marchés dans les années 1990, qui a entraîné une augmentation des parts des producteurs de café dans les prix à l'exportation.

    À cela s'ajoute une demande qu'on pourrait qualifier de faible. Les analystes se concentrent souvent sur l'offre excédentaire et négligent les effets des tendances émergentes dans les marchés et des nouvelles technologies sur l'offre et la demande internationales. Ce qui est omis également, c'est que le café n'est pas un produit uniforme: la variété arabica possède un arôme délicat et atteint généralement des prix élevés, alors que le café robusta est souvent meilleur marché et plus facile à produire. La part de marché du robusta s'est énormément accrue ces dix dernières années.

    La qualité du produit, les coûts de production et les rapports avec les partenaires internationaux ont représenté des paramètres commerciaux durant des années. Néanmoins, après plus de trois ans de production excédentaire et de bas prix, la concurrence s'est accentuée. Pour de nombreux producteurs et exportateurs, la survie de cette activité dépend entièrement de leur réponse aux exigences d'un marché de meilleure qualité et de sa constance, de la traçabilité de l'origine, de la transparence (économique, sociale et environnementale), de la capacité à fournir des produits sur mesure, et de celle d'établir à long terme des partenariats directs entre producteur et torréfacteur. Les politiciens, les groupes de défense des intérêts de la branche et les organisations non gouvernementales et internationales s'emploient à chercher des solutions. Malheureusement, nombre de celles-ci ne sont que de mauvaises nouvelles pour des producteurs déjà aux abois.

    Certains pourront tirer parti de variétés de café destinées à des spécialités ou de campagnes de promotion de la consommation sur de nouveaux marchés. Toutefois, beaucoup devront diversifier leur production, et les responsables politiques doivent en tenir compte.

    Créer de la valeur à l'origine

    Moins de 0,25% des exportations de café des pays producteurs se fait sous la forme de grains torréfiés et moulus. Le café instantané s'élève à 5% du marché, et tous les autres types de cafés sont expédiés sous forme de fèves crues non transformées. Le café torréfié et moulu sur le lieu de production représente ainsi moins de deux tasses sur 1000 consommées dans le pays d'importation. Pourquoi la valeur ajoutée en amont est-elle si négligeable? Elle est souvent imputée aux droits d'importation prélevés sur le café transformé. Pourtant, même si les pays importateurs réduisaient ou supprimaient ces droits, l'exportation de produits finis resterait probablement modeste, cela pour les raisons suivantes.
    • Mélanges et marques spécifiques aux marchés. Les cafés torréfiés et moulus sont le plus souvent des mélanges vendus sous différentes marques; les torréfacteurs hésitent à changer «le bon mélange». Les mélanges sont élaborés pour répondre aux goûts sur le marché et adaptés aux différences de qualité de l'eau. Il est aussi tenu compte de la disponibilité de substituts et de la saison, tant pour l'offre que pour la demande. Ces facteurs sont difficiles à gérer sans être sur le lieu de consommation.
    • Maintien de la qualité. Les fèves de café vertes et non transformées possèdent une longue période de conservation et peuvent être stockées durant des mois, parfois même des années. Tel n'est pas le cas du café torréfié et moulu, même si les nouveaux emballages permettent une conservation prolongée. La meilleure qualité s'obtient en général par une transformation la plus tardive possible, par exemple en moulant le grain juste avant la consommation.
    • Livraison juste-à-temps. Les vendeurs doivent pouvoir livrer dans les jours qui suivent la décision des torréfacteurs de modifier leurs mélanges ou les quantités. En outre, les torréfacteurs doivent répondre aux changements demandés par les détaillants. Ainsi: «La livraison de jeudi prochain doit être faite en paquets de 1 kg, et non en paquets de 500 g comme la semaine passée.» Ce type de situation n'est pas facile à gérer à 10 000 km du lieu d'achat.

    Baisse des prix due à la demande

    Ces dernières années, le cours du café a constamment baissé. Une des difficultés rencontrées par les producteurs vient du fait que la plupart d'entre eux ne peuvent pas ajouter de valeur à l'origine. L'autre point négatif est que la demande croît lentement. Les tendances du marché et les nouvelles technologies agissent parfois contre les intérêts des producteurs. Voici quelques facteurs souvent oubliés lors des discussions sur l'offre et la demande.
    • L'emploi de plus en plus répandu du robusta. Le café robusta est utilisé comme remplissage bon marché dans beaucoup de mélanges, bien que des arômes indésirables limitent la quantité qui peut être utilisée. Les torréfacteurs ont répondu à la croissance de l'offre en adoptant des technologies (par exemple le traitement à la vapeur) en vue d'augmenter l'emploi du robusta.
    • L'utilisation de grains meilleur marché pour les cafés aromatisés. L'ajout d'arômes tels que la vanille, la noisette et la framboise au café est devenu à la mode en Amérique du Nord. Aux États-Unis, certaines revues spécialisées sur le café comptent jusqu'à dix pleines pages de publicité pour des sirops ou autres additifs, ce qui donne parfois l'impression que ces arômes sont plus importants que le café. Les cafés aromatisés peuvent être préparés avec des fèves de qualité médiocre.
    • L'utilisation de fèves meilleur marché pour les nouvelles boissons à base de café. Aujourd'hui, la tasse de café traditionnelle se vend parallèlement à des produits tels que le cappuccino, le café au lait et le mochaccino, dans lesquels le café ne représente qu'un ingrédient parmi d'autres. Les torréfactions plus foncées servent à préserver le goût du café lorsqu'il est mélangé à du lait, de la crème ou de la glace; elles permettent l'emploi de fèves de moindre qualité.
    • Moins de fèves par tasse. Il y a 30 ans, environ 8 fèves de café torréfiées et moulues étaient la norme pour une tasse de café préparée à la maison (1,5 dl) dans un pays européen. À l'heure actuelle, le mode d'emploi sur les paquets recommande souvent 6 g ou 7 g. Les nouvelles technologies employées pour la torréfaction, la mouture, le mélange et la préparation permettent d'extraire plus de 1 g de café. La diminution à 1 g par ration représente environ 12%, ce qui correspond grosso modo au pourcentage des cafés africains dans la production mondiale.
    • Effet plus stimulant du robusta. La caféine est un stimulant pour la majorité des consommateurs, mais un excès de cet élément peut avoir des effets secondaires désagréables, par exemple sur le rythme cardiaque. Le robusta possède un taux de caféine plus élevé que l'arabica et, avec l'emploi toujours plus courant du robusta dans les mélanges, certains consommateurs atteignent leur dose journalière après quelques tasses de café, ce qui entraîne une diminution de la consommation générale.
    • Plus d'expressos signifie plus de robusta et moins de fèves. L'expresso, de plus en plus demandé, nécessite parfois moins de fèves de café par tasse que le café traditionnel. En outre, pour augmenter la stimulation obtenue par la caféine et le goût épicé exigé par certains consommateurs, certains expressos contiennent une grande quantité de robusta.
    • Augmentation de la consommation hors de la maison. Les cafés et restaurants occupent une part croissante des lieux de consommation de café. Cela a attiré de nouveaux consommateurs, mais a aussi deux effets opposés. D'une part, quand le café est préparé par des professionnels, la proportion de perte est moindre (moins de café jeté dans l'évier), et la consommation générale baisse. D'autre part, le prix plus élevé par tasse dans les lieux publics rend les consommateurs plus hésitants à boire une deuxième ou une troisième tasse.
    • Boissons concurrentes. L'industrie du café doit faire face à la concurrence d'autres boissons, telles les sodas et le thé froid, que les jeunes préfèrent.

    Chercher des solutions

    Avec une production croissante, une consommation stagnante et un effondrement des prix depuis trois ans, nombreux sont les acteurs qui cherchent des solutions. Parmi eux se trouve TechnoServe, une organisation sans but lucratif dont l'objectif est de soutenir les entreprises agricoles dans les pays en développement. USAID et Procter&Gamble comptent parmi les institutions qui financent le travail de TechnoServe relatif au café. Son rapport 2003, Business Solutions to the Coffee Crisis, préparé avec l'aide de McKinsey & Co. et des organisations et entreprises du secteur, examine les diverses solutions possibles (voir encadré ci-dessous); il en a classé trois qui possèdent le plus fort potentiel:
    • promouvoir la consommation de café dans les pays producteurs et sur les marchés émergents;
    • encourager les producteurs de spécialités à assurer les primes du marché;
    • favoriser la diversification chez les producteurs marginaux sans potentiel de production pour les spécialités et les marchés de niche.
    La Banque mondiale est parvenue aux mêmes conclusions dans un rapport rendu en mars, intitulé Coffee Markets: New Paradigms in Global Supply and Demand. Elle affirme qu'il n'existe pas de solutions miracle pour enrayer le déclin dramatique des prix mondiaux du café et recommande que les producteurs s'organisent et, avec l'aide de la communauté internationale, trouvent des moyens pour diversifier leur production ou en changer.

    Ces suggestions sont judicieuses, mais seuls quelques-uns parmi les producteurs et exportateurs affectés pourront en tirer parti.

    Quelques solutions



    Source: technoServe (http://www.technoserve.org)

    Promouvoir la consommation

    L'Organisation internationale du café (OIC) et d'autres associations ont lancé des programmes de promotion générique qui incluent les marchés nouveaux et potentiels comme la Chine et la Fédération de Russie, où la consommation par habitant est très basse. La consommation est également faible dans les principaux pays producteurs, avec des exceptions telles que le Brésil ou l'Éthiopie. Des campagnes de promotion peuvent se révéler fructueuses, comme au Brésil où sont consommés à présent presque 40% de la production nationale. Toutefois, ces campagnes prennent souvent beaucoup de temps et d'argent avant de donner des résultats.

    L'OIC a introduit, dans les Résolu-tions 407 et 420, des normes d'exportation qui établissent des critères de qualité minimaux. Ces normes ont deux objectifs: améliorer la qualité du café en général, et par conséquent stimuler les consommateurs à en boire plus, et diminuer l'offre de café globale en éliminant les produits de qualité médiocre.

    Les spécialités

    Le café de spécialité fait principalement référence à une qualité élevée ou à des produits dotés d'une histoire ou d'un cadre particuliers, souvent liés à la durabilité. Il n'existe pas de définition universelle des spécialités, lesquelles s'élèvent à 10% de la production totale.

    Les cafés certifiés biologiques représentent environ 0,7% de la production mondiale. Les producteurs ont en général reçu des subventions qui compensent largement le coût de la certification, le travail supplémentaire et, pour certains, des rendements plus bas. Néanmoins, les primes ont chuté ces dernières années et l'offre s'est accrue.

    Les cafés certifiés issus du commerce équitable représentent environ 0,3% de la production mondiale. Beaucoup sont également produits biologiquement. Le commerce équitable représente un schéma social impliquant notamment un label qui garantit un prix minimal de US$ 1,26 la livre franco à bord pour des cafés habituellement négociés à US$ 0,70.

    Les cafés certifiés biologiques et issus du commerce équitable sont des exemples de cafés de spécialité hauts de gamme; ensemble, ils représentent cependant à peine plus de 1% du marché. La production et les ventes sont en augmentation, mais ces niches restent relativement réduites.

    Diversifier la production

    La diversification peut être difficile. Le café vert possède une longue durée de conservation; en outre, suivant la région, il n'y a pas d'autre possibilité de production. De plus, les prix sont bas pour beaucoup d'autres produits agricoles, certains subissant la concurrence de produits subventionnés dans les pays industrialisés.

    En même temps, il existe un attachement culturel à la culture du café, et l'espoir que les prix vont remonter.

    Décisions prises avec le CCI

    Les producteurs et les exportateurs de café doivent optimiser leurs activités et prendre des décisions cruciales pour leur avenir.

    Le CCI aide les responsables stratégiques qui envisagent de passer à la production de café de spécialité et de promouvoir la consommation et la diversification de la production. Le CCI apporte aussi son assistance en vue d'améliorer la compétitivité de ceux qui conservent cette activité. Les exemples qui suivent illustrent la diversité de l'aide du CCI dans le secteur du café.
    • Le Projet Café gourmet (1998-2000), au Brésil, au Burundi, en Éthiopie, en Ouganda et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a permis le développement des exportations de cafés de qualité dotés de la possibilité de prix plus élevés. En coopération avec l'OIC et le Fonds commun pour les produits de base, ce projet a expérimenté de nouvelles méthodes de production, de transformation et de commercialisation du café gourmet. Dans ce cadre s'est tenue la première enchère de café par internet, en 1999 au Brésil, qui a été à l'origine du concours et mise aux enchères Cup of Excellence (http://www.cupofexcellence.org), actuellement repris dans plusieurs pays.
    • Café: Guide de l'exportateur (2002-2003) fournit information et conseils pratiques en vue d'optimiser les pratiques commerciales à tous les stades. Ce guide se concentre sur le café courant (90% de ce commerce) et aborde quelques spécialités de niche comme la production biologique et le commerce équitable. Destiné aux exportateurs de café, cet ouvrage est utile également pour les producteurs, les autorités, les importateurs, les banques, les services de douanes et les compagnies de transport. Il examine les contrats commerciaux, la logistique, les assurances, l'arbitrage, les marchés à terme, la gestion de la couverture du risque, le financement, le contrôle de la qualité, ainsi que le commerce électronique.
    • Le Projet sur la qualité du café en Éthiopie (2003-2006) vise à améliorer la qualité, la régularité et la traçabilité de différents cafés. Le CCI fournit son aide pour créer des laboratoires, et pour la formation et les activités de commercialisation.
    • Un site internet interactif sur le café, premier du genre pour le secteur du café, accueillera un groupe d'experts qui offriront des réponses sur mesure, en trois langues, aux questions des professionnels de la branche dans les pays en développement (dès fin 2004).



    Arabica contre robusta

    La répartition de la consommation des différentes variétés de café change. L'arabica perd du terrain par rapport au robusta.

    Environ 60% à 65% de la production mondiale de café est constituée d'arabica, dont la provenance principale est l'Amérique latine. Cultivé en haute altitude, ce type de café au goût aromatique et fin atteint généralement des prix élevés. Il est souvent vendu comme 100% arabica ou arabica pur. Les plus grands fournisseurs hors de l'Amérique du Sud sont l'Éthiopie, le Kenya, l'Inde et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
    Le robusta représente plus de 35% de la production mondiale, comparé à 25% il y a 20 ans. Cette variété est plus facile à cultiver, plus résistante aux maladies et adaptable à des altitudes plus basses. Le robusta est négocié à environ la moitié du prix de l'arabica et sert souvent à compléter des mélanges. L'arabica contient 1% à 1,5% de caféine, le robusta environ 2%.


    Tour d'horizon

    Trois grands producteurs

    Plus de 50 pays produisent du café. La production annuelle (110 millions de sacs de 60 kg, soit 6-7 millions de tonnes) et la valeur à l'exportation (US$ 5000-6000 millions) représentent le double de celles du cacao et du thé.

    Trois pays, le Brésil, la Colombie et le Viet Nam, cultivent presque 60% de la production mondiale. Les pays latino-américains réunis produisent 63%.

    Le Brésil fournit actuellement environ un tiers de la production mondiale, mais ce chiffre a beaucoup fluctué dans le temps: 48% en 1852; 75% en 1900; 19% en 1964; sautant à 46% une année après, en 1965, et passant à 26% en 1993. Le Brésil a un avantage de coût dû à un haut rendement, notamment grâce l'irrigation et à la récolte automatisées. Le gel et la sécheresse ont été les causes principales des fluctuations de la production, avec les incidences correspondantes sur les prix mondiaux.

    Le Viet Nam est entré en scène vers la fin des années 80. Il a augmenté sa production d'environ 500 000 sacs en 1986 à 12 millions par an depuis 2000, soit presque 11% de l'offre mondiale. Ce pays produit presque uniquement du robusta.

    La Colombie produit également environ 12 millions de sacs par an, exclusivement de l'arabica.

    Moyenne annuelle de la production de café
    2000-2003, en millions de sacs de café de 60 kg

    Pays
    Arabica
    Robusta
    Total
    Brésil
    29
    7
    36
    Colombie
    12
    -
    12
    Mexique
    5
    -
    5
    Guatemala
    4
    -
    4
    Autres, Amérique Latine
    12
    1
    13
    Amérique Latine 63 %
    62
    8
    70
    Ethiopie
    4
    -
    4
    Côte d'Ivoire
    -
    3
    3
    Uganda
    -
    3
    3
    Autres, Afrique
    3
    2
    5
    Afrique 13%
    7
    8
    15
    Viet Nam
    -
    12
    12
    Indonésie
    1
    5
    6
    Inde
    2
    3
    5
    Autres, Asie/Pacifique
    1
    2
    3
    Asie/Pacifique24%
    4
    22
    26
    Total mondial
    73
    38
    111

    65%
    35%
    100%

    Source: Données puisées principalement dans l'ouvrage du CCI Café: guide de l'exportateur et auprès de l'OIC. Les chiffres sont arrondis pour indiquer les grandeurs et les tendances des dernières années plutôt que les détails. «-» signifie moins de 0,5 million de sacs.


    Profil des consommateurs


    Pays

    Million de sacs
    de 60 kg
    Rapport
    arabica/robusta
    Kg per capita
    2001-2002

    États-Unis
    19
    76/24
    4,0
    Canada
    4
    75/25*
    4,7
    Allemagne
    11
    76/24
    6,7
    France
    6
    50/50*
    5,4
    Italie
    5
    56/44
    5,4
    Royaume-Uni
    2
    50/50*
    2,2
    Pays nordiques
    4
    96/4
    9,3
    Japon
    7
    73/26
    3,2
    Fédération de Russie
    2
    35/65*
    0,6
    Brésil
    14
    65/35
    4,0

    * Les chiffres des pays avec de fortes importations de mélanges sont des estimations.

    Par «pays nordiques», nous nous référons au Danemark, à la Finlande, à l'Islande, à la Norvège et à la Suède qui, ensemble, constituent environ 20 millions d'habitants présentant un profil de consommation similaire.

    Différents profils de consommateurs

    Les pays nordiques sont les plus grands consommateurs de café per capita dans le monde, avec presque 10 kg par an, quasi exclusivement de l'arabica. Les États-Unis représentent le plus vaste marché du monde, mais la consommation annuelle per capita est beaucoup plus basse. Elle a chuté durant les 30 ou 40 dernières années de 7 kg à 4 kg. Il faut relever que le Brésil est, par sa taille, le second marché du monde et possède une consommation per capita aussi élevée que celle des États-Unis.

    Le robusta représente environ 24% de la consommation aux États-Unis et en Allemagne, alors qu'elle se situait à 13% en 1990. Dans certains pays, le robusta s'élève à 50% ou plus de la consommation.

    Le prix du café

    Le prix du café s'exprime habituellement en US$ par livre (lb) franco à bord (FOB, free on board), selon accord entre l'exportateur et l'importateur. L'évaluation dominante est le prix du contrat «C» pour une qualité minimale bien définie de café arabica négociée au New York Board of Trade (NYBOT).

    D'autres références communes sont le prix pour les contrats de café robusta standard négociés au London International Financial Futures and Options Exchange (LIFFE) et le prix composite indicatif de l'Organisation internationale du café (OIC) fondé sur un panier de quatre types de cafés calculé par l'OIC.

    Les prix ont varié considérablement dans les années 1990, alors que le prix pour le contrat «C» était en moyenne deux fois plus élevé qu'aujourd'hui. Le 29 avril 2004, les trois prix de référence étaient :
    • NYBOT - 70,10 US cents/lb FOB (arabica)
    • LIFFE - 32,75 US cents/lb FOB (robusta)
    • OIC - 58,18 US cents/lb FOB (panier de quatre cafés)
    Pendant plusieurs années, les organisations en faveur du commerce équitable ont utilisé le prix minimal de US$ 1,26 la livre pour l'arabica actuellement négocié à US$ 0,70. Les cultivateurs sont traditionnellement payés entre 60% et 70% du prix FOB. Le pourcentage dépend de plusieurs facteurs, dont la propriété des installations de transformation, les services fournis par d'autres et les mesures gouvernementales.

    Contrats types et marchés à terme

    La majeure partie du commerce du café se fonde sur des contrats types de la Fédération européenne du café (ECF) et de l'association américaine Green Coffee Association (GCA). Le vendeur et l'acheteur doivent se mettre d'accord sur la quantité, la qualité, l'emballage, le transport, le prix et les conditions de paiement. Parallèlement à ce marché physique se tient un marché à terme, connu aussi comme bourse des marchandises ou marché terminal de gros.

    L'objectif premier des marchés à terme est de transférer le risque de prix d'un produit de ceux qui ne veulent pas l'accepter (le vendeur ou l'acheteur ci-dessus, appelés opérateurs en couverture) à ceux qui l'acceptent moyennant une prime (les spéculateurs).

    Les principaux marchés à terme pour le café sont le NYBOT, qui est une compagnie apparentée à la Coffee, Sugar and Cocoa Exchange (CSCE), pour l'arabica et le LIFFE pour le robusta. De plus petits marchés à terme pour le café se tiennent au Brésil, en France, en Inde et au Japon.

    Sociétés commerciales et torréfacteurs

    Cinq sociétés commerciales de café se partagent environ 40% du volume total des importations de café vert dans le monde. Il s'agit, par ordre alphabétique, de Dreyfus (France), EDF Man/Mercon (Royaume-Uni), Esteve (Brésil), Neumann (Allemagne), et VOLCAFE (Suisse).

    Dix torréfacteurs se partagent quant eux 60% à 65% des ventes de cafés transformés, pour la plupart vendus sous des noms de marques. Les quatre plus grands sont, par ordre alphabétique: Kraft Foods (États-Unis); Nestlé (Suisse); Procter & Gamble (États-Unis); Sara Lee/DE (États-Unis/Pays-Bas).


    Pour plus d'information, veuillez contacter Morten Scholer (scholer@intracen.org), Conseiller principal du CCI en développement de marché.