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    Papouasie-Nouvelle-Guinée

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 2/2009 
     

    © istock photo 

    Lorsque son mari est tombé malade, Kim Arut a dû se résoudre à quitter son emploi pour prendre les rênes de l'entreprise familiale. Depuis trois ans, Kumul Lodge en Papouasie-Nouvelle-Guinée est sur la voie de la prospérité.

     

    Kumul Lodge, gîte touristique et site d'observation des oiseaux, est situé au cœur des Highlands de la province Enga en Papouasie-Nouvelle-Guinée. À la création de l'entreprise en 1999, Kim Arut souhaitait garder son emploi chez Telekom; son mari a donc été déclaré unique propriétaire de l'entreprise. Lorsqu'il est tombé malade en 2006, les médecins lui ont conseillé de redescendre vivre dans leur maison de Mount Hagen où la raréfaction de l'air se fait moins sentir. Mme Arut n'a pas eu d'autre choix que de prendre la direction de l'entreprise.

    Enregistrer une entreprise en Papouasie-Nouvelle-Guinée est un processus long et coûteux qui dure en moyenne huit semaines. Grâce à une aide de 70 000 kina locaux (PGK), soit près de $E.U. 27 000, du gouvernement provincial, Mme Arut et son mari ont pu aménager six chambres et démarrer leur activité. Ils disposent actuellement de 23 chambres, soit une capacité d'accueil de 69 personnes durant la pleine saison d'août.

    "En 2004, séduits par l'avifaune locale, des membres de Lonely Planet ont décidé de référencer Kumul Lodge dans leur guide" précise Mme Arut. C'est à ce moment-là que tout s'est accéléré. Les touristes nous contactaient via l'office de tourisme de Port Moresby. Devant le succès, Kumul Lodge a fini par créer son propre site internet avec l'aide de l'office.

    Kumul Lodge (la maison de l'oiseau de paradis) est le second site d'observation des oiseaux le plus visité en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'endroit est calme, très prisé des touristes du monde entier en quête de repos, de randonnées et de nature. Les ornithologues amateurs donnent un nom aux oiseaux qu'ils découvrent à Kumul Lodge et établissent une liste des espèces de la région qu'ils communiquent à Mme Arut pour en faire profiter les futurs visiteurs.

    À moins d'une heure de Kumul Lodge, la concurrence s'est engouffrée dans la brèche. Mme Arut sait qu'elle offre une expérience unique. "Les touristes qui viennent à Kumul Lodge ne veulent pas de télé. Nous interdisons la consommation d'alcool… nous ne voulons pas effrayer les oiseaux car ce sont eux qui nous font vivre."

    Croissance de l'entreprise



    "Sans moi, tout s'effondrerait," admet-elle. Son mari s'étonne souvent de sa réussite et l'interroge "Ce que tu fais? Je l'ignore - tout ce que je sais c'est que tu assoies notre réputation." Mme Arut dit qu'il se désintéresse de la gestion de l'entreprise.

    Mme Arut a pris la suite de son mari en 2006, à une époque où est apparu le tourisme de masse. La plupart des visiteurs viennent d'Afrique du Sud, d'Allemagne, d'Autriche, des États-Unis, de Finlande, de France et du Royaume-Uni, par groupe de 10, 12 ou 15 personnes. "Nous accueillons aussi beaucoup d'Australiens mais plutôt des particuliers. La crise financière mondiale devrait décourager de nombreux Américains cette année. Actuellement nous avons encore des réservations en provenance du Royaume-Uni et d'Afrique du Sud" dit-elle.

    En mars 2009, une chambre double coûtait 155 PGK (soit $E.U. 60) la nuit et la durée du séjour variait entre trois à quatre jours. Le chiffre d'affaires annuel de 900 000 PGK ($E.U. 350 000) suffit largement à faire vivre Mme Arut, son mari et ses quatre enfants, et à épargner pour aménager chaque année le gîte.

    Croissance de la communauté



    En 2007, Mme Arut a contribué à l'organisation d'un atelier financé par la Société financière internationale (SFI) afin de bâtir une stratégie touristique en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La SFI, l'autorité en charge de la promotion du tourisme, divers ministères, dont celui du tourisme, et des propriétaires de petits hôtels se sont réunis à Kumul Lodge

    Elle souhaite faire appel à des experts en tourisme pour améliorer le confort de Kumul Lodge mais précise que les villageois n'apprécient guère que des étrangers leur dictent leur loi. Alors elle fait beaucoup de formation sur le tas. Elle voudrait suivre un cours de gestion des affaires mais personne ne peut la remplacer pendant son absence.

    Kumul Lodge emploie 15 personnes originaires des villages voisins et les paie tous les 15 jours même en période creuse. Il s'agit surtout de femmes employées comme cuisinières, agents d'entretien ou femmes de chambre. "Les clients étrangers vont dans la cuisine et se mettent aux fourneaux avec ma cousine [en charge de la cuisine]," dit Mme Arut. "Nous avons ainsi passé de bons moments autour de buffets internationaux!"

    Mme Arut verse 10 PGK ($E.U. 4) par client aux propriétaires attenants et les sensibilise à l'intérêt des oiseaux pour son activité afin qu'ils préservent cet atout prisé des touristes.

    Saisir les opportunités



    La saison touristique bat son plein de juin à septembre et en août des spectacles culturels sont organisés à Mount Hagen. Ces quatre mois rapportent suffisamment d'argent pour aménager le gîte. En 2008 par exemple, le gîte s'est enrichi d'une nouvelle chambre. Kumul Lodge ne parvient pas à satisfaire la demande en pleine saison et voudrait s'agrandir mais les fonds manquent. Il faudrait aussi installer l'alimentation en eau, une clôture et l'énergie solaire pour remplacer l'actuel système consistant à faire bouillir l'eau sur des feux de bois pour le chauffage et la douche.

    Dès que les finances le permettront, le téléphone sans fil sera également installé pour améliorer les communications. En haute saison, sans accès internet et sans e-mail, Mme Arut collecte les messages des visiteurs adressés à leurs amis et à la famille puis les envoie depuis son ordinateur de Mount Hagen. Elle imprime également les réponses par e-mail et les transmet aux touristes séjournant à Kumul Lodge.