Kumul Lodge, gîte touristique et site d'observation des oiseaux,
est situé au cœur des Highlands de la province Enga en
Papouasie-Nouvelle-Guinée. À la création de l'entreprise en 1999,
Kim Arut souhaitait garder son emploi chez Telekom; son mari a donc
été déclaré unique propriétaire de l'entreprise. Lorsqu'il est
tombé malade en 2006, les médecins lui ont conseillé de redescendre
vivre dans leur maison de Mount Hagen où la raréfaction de l'air se
fait moins sentir. Mme Arut n'a pas eu d'autre choix que de prendre
la direction de l'entreprise.
Enregistrer une entreprise en Papouasie-Nouvelle-Guinée est un
processus long et coûteux qui dure en moyenne huit semaines. Grâce
à une aide de 70 000 kina locaux (PGK), soit près de $E.U.
27 000, du gouvernement provincial, Mme Arut et son mari ont
pu aménager six chambres et démarrer leur activité. Ils disposent
actuellement de 23 chambres, soit une capacité d'accueil de 69
personnes durant la pleine saison d'août.
"En 2004, séduits par l'avifaune locale, des membres de Lonely
Planet ont décidé de référencer Kumul Lodge dans leur guide"
précise Mme Arut. C'est à ce moment-là que tout s'est accéléré. Les
touristes nous contactaient via l'office de tourisme de Port
Moresby. Devant le succès, Kumul Lodge a fini par créer son propre
site internet avec l'aide de l'office.
Kumul Lodge (la maison de l'oiseau de paradis) est le second
site d'observation des oiseaux le plus visité en
Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'endroit est calme, très prisé des
touristes du monde entier en quête de repos, de randonnées et de
nature. Les ornithologues amateurs donnent un nom aux oiseaux
qu'ils découvrent à Kumul Lodge et établissent une liste des
espèces de la région qu'ils communiquent à Mme Arut pour en faire
profiter les futurs visiteurs.
À moins d'une heure de Kumul Lodge, la concurrence s'est
engouffrée dans la brèche. Mme Arut sait qu'elle offre une
expérience unique. "Les touristes qui viennent à Kumul Lodge ne
veulent pas de télé. Nous interdisons la consommation d'alcool…
nous ne voulons pas effrayer les oiseaux car ce sont eux qui nous
font vivre."
Croissance de l'entreprise
"Sans moi, tout s'effondrerait," admet-elle. Son mari s'étonne
souvent de sa réussite et l'interroge "Ce que tu fais? Je l'ignore
- tout ce que je sais c'est que tu assoies notre réputation." Mme
Arut dit qu'il se désintéresse de la gestion de l'entreprise.
Mme Arut a pris la suite de son mari en 2006, à une époque où
est apparu le tourisme de masse. La plupart des visiteurs viennent
d'Afrique du Sud, d'Allemagne, d'Autriche, des États-Unis, de
Finlande, de France et du Royaume-Uni, par groupe de 10, 12 ou 15
personnes. "Nous accueillons aussi beaucoup d'Australiens mais
plutôt des particuliers. La crise financière mondiale devrait
décourager de nombreux Américains cette année. Actuellement nous
avons encore des réservations en provenance du Royaume-Uni et
d'Afrique du Sud" dit-elle.
En mars 2009, une chambre double coûtait 155 PGK (soit
$E.U. 60) la nuit et la durée du séjour variait entre trois à
quatre jours. Le chiffre d'affaires annuel de 900 000 PGK
($E.U. 350 000) suffit largement à faire vivre Mme Arut,
son mari et ses quatre enfants, et à épargner pour aménager chaque
année le gîte.
Croissance de la communauté
En 2007, Mme Arut a contribué à l'organisation d'un atelier
financé par la Société financière internationale (SFI) afin de
bâtir une stratégie touristique en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La
SFI, l'autorité en charge de la promotion du tourisme, divers
ministères, dont celui du tourisme, et des propriétaires de petits
hôtels se sont réunis à Kumul Lodge
Elle souhaite faire appel à des experts en tourisme pour
améliorer le confort de Kumul Lodge mais précise que les villageois
n'apprécient guère que des étrangers leur dictent leur loi. Alors
elle fait beaucoup de formation sur le tas. Elle voudrait suivre un
cours de gestion des affaires mais personne ne peut la remplacer
pendant son absence.
Kumul Lodge emploie 15 personnes originaires des villages
voisins et les paie tous les 15 jours même en période creuse. Il
s'agit surtout de femmes employées comme cuisinières, agents
d'entretien ou femmes de chambre. "Les clients étrangers vont dans
la cuisine et se mettent aux fourneaux avec ma cousine [en charge
de la cuisine]," dit Mme Arut. "Nous avons ainsi passé de bons
moments autour de buffets internationaux!"
Mme Arut verse 10 PGK ($E.U. 4) par client aux
propriétaires attenants et les sensibilise à l'intérêt des oiseaux
pour son activité afin qu'ils préservent cet atout prisé des
touristes.
Saisir les opportunités
La saison touristique bat son plein de juin à septembre et en
août des spectacles culturels sont organisés à Mount Hagen. Ces
quatre mois rapportent suffisamment d'argent pour aménager le gîte.
En 2008 par exemple, le gîte s'est enrichi d'une nouvelle chambre.
Kumul Lodge ne parvient pas à satisfaire la demande en pleine
saison et voudrait s'agrandir mais les fonds manquent. Il faudrait
aussi installer l'alimentation en eau, une clôture et l'énergie
solaire pour remplacer l'actuel système consistant à faire bouillir
l'eau sur des feux de bois pour le chauffage et la douche.
Dès que les finances le permettront, le téléphone sans fil sera
également installé pour améliorer les communications. En haute
saison, sans accès internet et sans e-mail, Mme Arut collecte les
messages des visiteurs adressés à leurs amis et à la famille puis
les envoie depuis son ordinateur de Mount Hagen. Elle imprime
également les réponses par e-mail et les transmet aux touristes
séjournant à Kumul Lodge.