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    Normes mondiales: Conforter les acheteurs

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 3/2010

    Le Président fondateur de BSI, Robert Quirk (à droite), a visité un champ de canne à sucre de Colombie et a discuté des conditions de travail avec les coupeurs.

    Avec la montée en puissance des biocarburants sur le marché mondial, leur production augmente au brésil, en Asie et en Afrique, ce qui suscite l'inquiétude des écologistes. Ceux-ci estiment en effet que l'impact environnemental de la production de canne à sucre - déboisement, utilisation d'engrais, brûlage des résidus, conditions de travail difficiles et dangereuses dans les plantations et les usines, importante consommation d'eau et menaces sur la biodiversité - est plus important que les avantages sociaux et économiques qui en découlent.

    C'est pour parvenir à une production de sucre durable que la BSI a été créée en 2005. Cette organisation à but non lucratif réunit détaillants de sucre, investisseurs, négociants, producteurs et ONG. Au nombre de ses membres figurent aussi de grosses entreprises telles Shell, BP, Coca-Cola et Ferrero, de même que de petits producteurs disposant d'à peine ½ ou 1 hectare de terre.

    Les premières normes mondiales en matière de production de canne à sucre ont été adoptées au terme de quatre années de recherches et de consultations entre les secteurs public et privé. Les normes BSI, élaborées à partir du Code de bonne pratique ISEAL, ont été adoptées fin 2009 et le premier éthanol certifié conforme à ces normes devrait être disponible à partir de novembre 2010. Il s'agira là du premier produit à base de canne à sucre certifié à l'échelle mondiale.

    Les normes consacrent en un seul document les objectifs sociaux, environnementaux et liés à la durabilité, et elles énoncent 49 critères mesurables qui couvrent les principales préoccupations des acheteurs et des consommateurs, notamment en termes de travail, d'impact social, de changement climatique, de pollution et d'utilisation des terres à haute valeur de conservation.

    Les normes BSI pour la production de produits à base de sucre et de canne à sucre sont conçues pour être accessibles aux entreprises de toutes tailles et BSI s'est engagée à les aider à décrocher leur certification. BSI s'efforce notamment de contenir les coûts et d'aider les cultivateurs à économiser de l'argent en utilisant plus efficacement les intrants tels l'énergie, les engrais et l'eau et en minimisant les pertes et les déchets. À titre d'exemple, la rétention des déchets de canne à sucre est bénéfique pour l'environnement car elle réduit la quantité de canne brûlée. Elle est aussi bénéfique pour l'écologie du sol et augmente sa charge en nutriments, ce qui permet d'utiliser moins d'engrais non organiques, et les producteurs font ainsi des économies.

    Les normes présentent des avantages tant pour les acheteurs que pour les vendeurs. Pour les acheteurs, les producteurs de canne ou d'éthanol certifié BSI sont une garantie de respect des meilleures pratiques mondiales. Pour les vendeurs, elles sont une porte d'entrée vers de nouveaux marchés qui auraient pu par le passé remettre en question la réputation environnementale de leur produit.

    Les normes reposent sur la minimisation du dommage à l'environnement, et consacrent aussi le respect des droits de l'homme et des normes internationales du travail. Les normes BSI reposent sur cinq grands principes de base:

    1.  Respect de la loi
    2. Respect des droits de l'homme et des normes du travail
    3. Gestion des intrants, de la production et des efficiences de transformation pour améliorer la durabilité
    4. Gestion active de la diversité biologique et des services liés aux écosystèmes
    5. Amélioration continue des domaines clés de l'entreprise.

    Les normes constituent un ensemble de références pouvant être soumises à audit, que les producteurs et les transformateurs accrédités doivent respecter, et dont les principes de base reposent sur des critères très précis.

    Pour de plus amples informations, voir: www.bettersugarcane.org

     

    ÉTUDE DE CAS

    PROTECTION DES ZONES SPÉCIALES DE CONSERVATION

    Brésil

    Une des critiques les plus virulentes à l'encontre de l'industrie de la canne à sucre découle des préoccupations liées au débroussaillage de la végétation autochtone. Elles concernent essentiellement le Brésil, le plus gros producteur de canne à sucre au monde, qui a augmenté sa production pour répondre à la demande mondiale croissante de biocarburant.

    L'introduction de la canne à sucre dans les zones de conservation de grande valeur en termes de diversité biologique est interdite au titre du principe quatre de BSI, lequel protège ces zones contre le débroussaillage pour y planter de la canne à sucre depuis janvier 2008. Les sols à forte teneur en carbone, comme les tourbières, les mangroves, les zones humides et certaines prairies, sont également protégés.

    ÉTUDE DE CAS

    RÉDUIRE LE RECOURS AUX INTRANTS

    Inde

    L'entreprise sucrière indienne EID Parry est le pionnier de la transformation et de la production de canne à sucre en Inde. Avec ses quelque 10 000 producteurs de canne à sucre qui cultivent entre un et trois hectares de canne, elle a été une des premières entreprises à rejoindre BSI.

    BSI a fourni aux usines de l'entreprise et aux producteurs un accès à l'information sur les meilleures pratiques et les lignes directrices relatives à l'amélioration du statut des sols et des ressources en eau.

    La culture de la canne à sucre est très gourmande en eau et EID Parry a mis au point des systèmes permettant d'optimiser son utilisation. Son usine Pudukottai s'est ainsi vue décerner le prix 2006-2007 de 'L'Unité à excellente efficacité hydrique' et de 'L'étude de cas innovante' des Prix nationaux d'excellence dans la gestion de l'eau de l'Inde.

    L'entreprise teste aussi de nouveaux systèmes d'irrigation qui permettront aux producteurs de canne à sucre d'aller au-delà des normes BSI pour utiliser moins de 50 litres d'eau par kilogramme de canne produit.

    ÉTUDE DE CAS

    UNE SUCRERIE VA AU-DELÀ DES NORMES

    Colombie

    L'association qui représente les producteurs de canne à sucre de Colombie, l'ASOCAÑA a rejoint BSI en 2010 pour aider ses membres à satisfaire aux normes imposées par les importateurs, notamment l'Union européenne.

     Le respect des normes de l'Organisation internationale du travail (OIT) représente pour les pays un défi de taille, en particulier en matière de travail des enfants, ainsi que pour la santé et la sécurité dans l'agriculture. Ce défi, l'industrie colombienne de la canne à sucre a décidé de le relever. Rémunéré à la tâche ($E.-U. 3 la tonne de canne), un coupeur de canne colombien peut aujourd'hui gagner entre trois et quatre fois le salaire national moyen. Chaque coupeur dispose aussi d'un équipement de protection (protège-tibias, bottes et gants renforcés à l'aide d'inserts en acier, entre autres).

    L'usine de Providencia, à proximité de Cali, respecte non seulement les normes de l'OIT mais elle a aussi bâti une école qui accueille 4 000 élèves. L'école est financée par les familles des communautés qui gagnent un salaire en fabriquant les uniformes et les vêtements de protection de l'usine et des ouvriers travaillant dans les champs. L'entreprise intervient à différents niveaux et offre des avantages considérables à la communauté.