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  • LES MARCHÉS D'UN COUP D'ŒIL

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    Les marchés d'un coup d'œil

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 2/2000

    outre le prix, les consommateurs tiennent compte de la qualité, de la durabilité, de la fonctionnalité et du confort.

    Le Programme de profils de marché du CCI offre un panorama sommaire et structuré des marchés d'exportation pour une vaste gamme de produits. Les points forts de trois de ces dossiers sont présentés ici, ainsi que des informations sur ce programme.

    Les débouchés dans le marché des meubles en bois au sein de l'Union européenne

    Les exportations de meubles en bois vers l'Union européenne (UE) continuent de représenter un marché lucratif pour les exportateurs des pays en développement, pour autant qu'ils maintiennent leur production d'hévéa.

    L`Union européenne constitue l'importateur principal pour les meubles domestiques en bois, totalisant presque la moitié (47%) des importations mondiales totales. L'Europe de l'Est et l'Asie sont en train d'augmenter leurs parts sur le marché des meubles domestiques en bois dans l'Union, pour une valeur de US$ 54,5 milliards en 1998. (L'UE réexporte beaucoup, ce qui fournit l'occasion de toucher de nouveaux marchés d'exportation.)

    Les exportateurs à la recherche de débouchés seraient avisés de développer la ligne pour chambres à coucher et autres pièces de mobilier et d'éviter les meubles de cuisine. Ces derniers demeurent une spécialité des échanges entre pays de l'Union (avec seulement 8% de parts de marché pour les pays qui n'en font pas partie), en raison d'une forte dépendance des fournisseurs locaux d'éléments de cuisine encastrés. Durant la période 1994-1998, les importations d'ameublement de chambres à coucher de pays extérieurs à l'UE ont augmenté d'une valeur moyenne de 11,2%; quant aux importations d'autres pièces d'ameublement, elles ont connu une croissance de 14,2%.

    Les consommateurs marquent une préférence pour la qualité, la durabilité, la fonctionnalité et le confort. La qualité est particulièrement importante dans le cas où un exportateur recherche des rapports à long terme avec les importateurs, car les acquéreurs finals exigent toujours plus de qualité pour le même prix.

    Les consommateurs préfèrent des bois plus légers tels que le hêtre, le bouleau et l'érable. Toutefois, le cerisier, le teck et d'autres espèces foncées restent en vogue, reflétant une tendance orientée vers le passé et la chaleur. Le bois stratifié et le bois de placage sont peu à peu délaissés au profit des bois massifs.

    L'hévéa reste la source principale pour l'ameublement en bois: 70% des importations européennes proviennent de cette espèce. Grâce à sa texture uniforme et à son ton clair, on peut teindre l'hévéa et lui donner un fini proche de celui de l'acajou, du cerisier, du noyer ou encore du chêne. Il est probable aussi que cette espèce continue de répondre aux exigences européennes strictes concernant le respect de l'environnement.

    Le mobilier domestique se vend principalement dans des magasins spécialisés dans l'ameublement. Les magasins de bricolage ou les maisons de vente par correspondance sont cependant en train d'augmenter leurs parts de marché dans le domaine des articles bon marché. De plus, de grandes halles d'exposition ont augmenté leurs parts des ventes de 15% à 20% (suivant le pays), aux dépens des groupes d'achat.

    Un commerce d'avenir: l'hévéa

    Un nombre toujours plus grand d'Européens plus âgés, une préférence nette pour la qualité, un nombre croissant de ménages avec deux revenus et un nouvel essor de la construction sont autant de facteurs qui marquent la tendance de la demande de meubles domestiques en bois.

    Assurer une offre durable d'hévéa est essentiel à la croissance des exportations de ce secteur. Les experts en environnement ont remarqué une baisse dans l'offre d'hévéa et se demandent si la croissance actuelle peut continuer à moyen terme.

    Bonnes nouvelles pour la gomme arabique

    Le marché de la gomme arabique possède d'excellentes perspectives pour les pays de l'Afrique subsaharienne.

    La production est stable, la demande de produits alimentaires naturels croît rapidement, et aucun produit de substitution n'atteint son rapport qualité-prix. Après quelques années de déclin, les importations mondiales de gomme arabique ont augmenté de 25% au cours de ces quatre dernières années.

    Une poignée de pays dominent le commerce de la gomme arabique. En 1998, 95% des exportations mondiales provenaient de trois pays: le Soudan (56%), le Tchad (29%) et le Nigéria (10%). De la même manière, les importateurs se concentraient dans trois pays: la France (46%), grand importateur et réexportateur, suivie des États-Unis (21%) et du Royaume-Uni (12%).

    L'exemple du Tchad montre que de nouveaux concurrents peuvent pénétrer avec succès ce marché et accroître leurs parts de marché. Les parts de marché de ce pays ont sauté de 5% il y a dix ans à presque 30% à l'heure actuelle. Les producteurs à l'affût de créneaux commerciaux ne devraient pas négliger l'Amérique du Sud et les marchés asiatiques, comme par exemple l'Argentine, le Brésil, la Chine, le Mexique et le Pakistan.

    La production de gomme arabique se concentre sur la «ceinture de gomme», qui comprend la plupart des pays de l'Afrique subsaharienne. Ce produit est extrait de l'Acacia senegal et de l'Acacia seyal, le premier fournissant une meilleure qualité, par conséquent un produit plus cher. La gomme arabique sert surtout d'additif alimentaire (pâtisserie, bonbons, vin, aliments et boissons à basses calories principalement), de composant pharmaceutique (capsules) et de colle ou de stabilisateur pour toute une gamme de produits industriels (timbres, imprimerie, peinture et céramique).

    Les ananas frais: les préférences des Européens

    Le marché mondial de l'ananas va augmenter de 35% de 1995 à 2005.

    Le marché européen occupe la position de leader, avec 40% des importations totales, suivi par les États-Unis et le Japon. Les plus grands producteurs sont la Thaïlande, les Philippines, le Brésil et l'Inde, dont les produits sont consommés sur place ou exportés sous forme de produits transformés. Les principaux fournisseurs du marché européen sont la Côte d'Ivoire et le Costa Rica, ce dernier pays ayant gagné des parts de marché grâce au fameux hybride MD-2. Récemment, le Ghana a aussi tenu un rôle de premier plan; ce pays a triplé son offre entre 1993 et 1999, ce qui, en termes de transport maritime, a représenté environ la moitié de ses exportations.

    Améliorer les exportations d'ananas signifie, surtout en Afrique, que les producteurs doivent se concentrer sur l'emballage, le transport et la promotion commerciale, de manière à s'approprier une partie de ce marché en croissance. Ils doivent également diversifier leur offre de façon à exploiter des niches du marché telles que les «préparations fraîches», qui répondent à la demande des consommateurs. La distribution passe par les chaînes de supermarchés, sauf en Italie, mais les importateurs spécialisés restent les intermédiaires obligés. Il y a de la place pour les pays en développement qui peuvent proposer des produits attrayants tant au niveau du goût que de l'aspect.

    Les Européens cherchent des produits de haute qualité, au goût très doux et à l'aspect doré. Les consommateurs reconnaissent qu'ils aiment les ananas, mais qu'ils les trouvent difficiles à apprêter. Ils désirent une meilleure information sur la maturité du fruit et sa conservation. L'ananas frais ne constitue pas un achat fréquent et son prix est encore élevé en comparaison avec les fruits frais locaux. Ainsi, il est important d'informer, voire d'éduquer, le consommateur si l'on veut qu'il achète couramment ce produit.

    La croissance estimée de la demande ainsi que l'accélération de croissance de l'offre d'ananas mettront une pression à la baisse sur les prix dans les années à venir. C'est une question qu'il faut résoudre, en concevant par exemple des campagnes dirigées aux consommateurs européens, qui connaîtront une augmentation constante du revenu per capita.

    Changement d'orientation du Programme des profils de marché du CCI

    Le CCI oriente son Programme de profils de marché en vue de favoriser les partenariats et d'étendre sa couverture aux économies comprenant des marchés émergents.

    Voilà maintenant plus de dix ans que le CCI publie des recherches sur les produits et les marchés dotés de potentiel d'exportation des pays en développement et des économies en transition. Ces études succinctes fournissent un panorama de la taille du marché, sa segmentation, ses caractéristiques, la concurrence, les obstacles ainsi que des contacts.

    Une recherche fondée sur le marché

    Le Programme de profils de marché se concentre aujourd'hui sur cinq groupes de produits:

    • les produits de l'apiculture
    • les composants et accessoires automobiles
    • les fruits et légumes
    • les produits secondaires en bois
    • les épices et fines herbes

    C'est la demande qui a guidé le choix de ces produits. Ces cinq catégories ont été sélectionnées sur une liste de départ de 100 sortes de produits. Parmi les critères utilisés: la fréquences des renseignements demandés au CCI par l'intermédiaire du Service de réponses aux demandes de renseignements, sur une période de deux ans; les exportations phares des pays les moins avancés; la fréquence de mots clés retrouvés sur 900 rapports issus d'institutions commerciales du monde entier, le tout consigné par les soins de la section de l'information commerciale du CCI, enfin une classification des produits importés par 19 économies comprenant des marchés émergents. Des échos provenant du Service de nouvelles sur les marchés et du JITAP ont également été pris en compte.

    L'accent sur les marchés émergents

    Le CCI étend progressivement sa couverture aux économies comprenant des marchés émergents. Celles-ci, définies comme des pays en développement comprenant des importations totales s'élevant à plus de US$ 10 milliards, représentent des marchés d'importation prometteurs pour les exportateurs des pays en développement.

    La recherche habituelle sur les marchés des pays industrialisés va continuer, l'accent mis sur les marchés émergents constituant un complément.

    Partenariats en vue

    Les sources des profils de marché du CCI changent, tout comme leur contenu. Généralement confié aux bons soins du personnel et des consultants du CCI, le programme recourt à présent à des contributions externes. Son objectif est de se fonder sur les études existantes et de les diffuser, ainsi que de procéder à de nouveaux profils en partenariat avec les institutions d'appui au commerce des pays en développement, avec un réseau de journalistes spécialisés, d'universitaires et de consultants issus des économies comprenant des marchés émergents.

    Le CCI désire travailler en partenariat sur trois fronts:
    • Un site portail sur les profils de marché. Le CCI met à disposition un site portail pour diffuser des profils de marché publiés dans les pays en développement vers une audience mondiale de professionnels du commerce.

    • Des profils de marché conjoints. Le CCI cherche à travailler en collaboration avec les institutions de soutien au commerce, les programmes universitaires, les sociétés de conseil, des associations professionnelles, les chambres de commerce et autres organismes concernés en vue de la recherche et de la publication de profils de marché.

    • Un réseau de rédacteurs dans les économies émergentes. Le CCI est en train de mettre sur pied un réseau de rédacteurs

    issus des économies émergentes pour couvrir les créneaux commerciaux sur les marchés interne et voisins.

    Pour plus d'information, veuillez prendre contact avec le Programme des profils de marché du CCI; e-mail:mb@intracen.org

    Le présent article a été rédigé par Natalie Domeisen, en collaboration avec l'équipe chargée des profils de marché: Nourane Doyen, José da Luz, May El-Darwish. Les profils de marché ont été réalisés par Nourane Doyen, Pierre Buffet et Didier Muller.