• back
  • LES OPC ONT-ELLES ÉVOLUÉ DEPUIS 1990? POINT DE VUE D'EUROPE OCCIDENTALE

  •  

    Les OPC ont-elles évolué depuis 1990? Point de vue d'Europe occidentale

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 1/2005

    Les technologies de la communication permettent d'offrir des services plus spécialisés en plus grand nombre. Les OPC doivent désormais se focaliser sur les exportations de services, les pays européens étant à 80% basés sur ce secteur.

    Oui, les OPC ont évolué depuis les années 90. «Y a-t-il un débouché à Paris pour mes chemises en coton blanches? Pouvez-vous m'aider à trouver un acheteur? Comment dois-je m'y prendre?» Ces questions essentielles sont les mêmes que celles qui m'ont été posées en 1960 à mes débuts dans une OPC du Royaume-Uni; seules les réponses ont changé au cours de ces 15 dernières années et en 45 ans, l'évolution a été considérable.

    Priorité aux clients



    Les OPC tiennent davantage compte du client ou de la demande. Autrefois seuls décideurs des services offerts au public, elles portent désormais leur attention sur les besoins de services des entreprises (exportateurs et non exportateurs) et sur les réformes des prestations. Même si la tâche est techniquement ardue, elles s'efforcent, par des enquêtes indépendantes, de mesurer et d'évaluer la satisfaction du client et la façon dont l'OPC répond à la demande, mission qui n'entrait pas dans leurs attributions voilà 15 ans.

    Une vision globale



    Les OPC ont désormais une vision plus universelle. Aidant autrefois les entreprises exportatrices de biens manufacturés ou originaires de leur propre pays, l'OPC reconnaît aujourd'hui la nécessité d'aider les exportateurs pour autant que le pays puisse ajouter suffisamment de valeur dans le cadre d'une chaîne d'approvisionnement mondiale.

    Les OPC aident davantage les entreprises nationales à investir à l'étranger afin de renforcer leur efficacité et de réduire les coûts par l'externalisation, les bénéfices générés pouvant être rapatriés dans le pays. Certaines OPC encouragent également l'investissement étranger direct, qui leur donne la capacité d'exporter des produits compétitifs.

    D'autres OPC s'unissent pour promouvoir le tourisme en Europe occidentale, secteur d'exportation très prometteur dans de nombreux pays; d'autres oeuvrent à la croissance en amont par un développement des petites entreprises et l'exploitation des nouvelles technologies.

    Recours aux nouvelles technologies de la communication



    Au cours des 15 dernières années, la communication entre OPC et clients a évolué; le courriel, l'internet et les SMS (services de messages courts) ont remplacé la poste, le téléphone et le télex; les demandes sont traitées par des centres d'appel souvent basés à l'étranger. Une demande téléphonique au bureau londonien d'une OPC pour un problème d'exportation vers l'Allemagne a toutes les chances d'être automatiquement basculée dans ce pays. Dispositif inenvisageable 15 ans plus tôt.

    Simplification de la gestion clients



    La gestion du capital client a été simplifiée. Autrefois, les demandes de renseignement soumises à un bureau local étaient transmises au siège avant d'être répercutées vers le réseau à l'étranger, le cas échéant. L'abandon de ce système rigide, au Royaume-Uni et en France notamment, a permis une réduction de taille du siège. Les OPC transfèrent directement les demandes des clients ou des bureaux locaux vers le réseau étranger des représentants commerciaux et réciproquement. Cette tendance devrait se renforcer et entraîner d'autres compressions de personnel au siège.

    Confirmation du rôle des OPC



    Des indicateurs montrent que les OPC ont évolué au fil du temps, notamment depuis 15 ans. Ce qui ne freinent pas l'ardeur des ministères des finances à s'interroger sur leur rôle.

    En 2002, une organisation suisse d'aide aux exportateurs (OSEC Business Network) a demandé une étude comparative d'OPC basées dans 8 pays d'Europe occidentale. Au moins un bilan avait été effectué pour chacune des principales OPC nationales sur leur intérêt et structure dans les 5 années précédentes. Malgré quelques ajustements structurels, les OPC avaient peu évolué dans chaque cas. Dans les 8 pays, les enquêteurs indépendants ont, pour des raisons sans doute différentes, conclu à l'utilité des OPC.

    Au cours des 15 dernières années, aucune OPC n'avait disparu même si certaines avaient changé de nom ou fusionné comme le Conseil irlandais du commerce repris par Enterprise Ireland.

    Certaines œuvrent à l'échelon régional



    Les OPC nationales se maintiennent mais il existe dans plusieurs pays européens (France, Espagne et Royaume-Uni) d'importantes OPC régionales nées de la décentralisation des pouvoirs et de la demande des clients pour des services plus centrés sur la région et leurs besoins individuels.

    L'Union européenne (UE), qui ne peut selon les règles de subsidiarité se substituer aux OPC nationales, a cependant inclus la promotion du commerce dans ses programmes (ProInvest, MEDA et AL-Invest par exemple). Les États membres ont approuvé les divers budgets de promotion du commerce.

    Les PME, clients privilégiés



    Les clients sollicitant l'appui des OPC défendent également leur utilité. Leur nombre semble stagner, même s'il augmente parfois (Australie notamment). Ils s'attendent à voir leurs besoins satisfaits de façon différente (site internet de l'OPC plutôt que centre d'information commerciale traditionnel) et semblent toujours solliciter une assistance.

    Sans nier l'intérêt des OPC pour répondre aux besoins des petites et moyennes entreprises (PME), il ne faut pas oublier que dans quasiment tous les pays d'Europe occidentale, la majorité des exportateurs et des investisseurs étrangers mènent leurs activités à l'écart des OPC nationales; cette situation n'a pas changé depuis 40 ans.

    Les activités des OPC restent marginales. En général, les PME européennes connaissent les rudiments de la commercialisation et de la vente et peuvent opérer sur le marché national sans appui des organisations gouvernementales. Mais à l'exportation, elles ont besoin d'aide pour accéder aux informations, voire les analyser, et trouver des débouchés.

    Leur réseau de bureaux à l'étranger confère aux OPC un avantage certain. Elles peuvent aider les PME qui, opérant généralement hors réseau, doivent être secondées pour nouer des contacts à l'étranger et organiser des rencontres. Les grandes entreprises sont autonomes à ce niveau, à moins qu'il ne relève de l'influence politique d'un ambassadeur, pour ouvrir les portes d'une grande organisation publique.

    Appui à l'exportation de services



    La majorité des OPC doivent combler un déficit lié aux exportationset aux exportateurs de services. Dans la majorité des économies développées, dont le Royaume-Uni, les produits manufacturés (principal objet des études sur les OPC) représentent jusqu'à 20% du produit intérieur brut.

    Les services, autrefois appelés «exportations invisibles», sont une part essentielle de la production nationale. L'obtention d'informations sur les marchés étrangers et leur pénétration par des exportateurs sans preuves tangibles de leur activité est une gageure que ne comprennent pas la majorité des OPC du fait de leur incapacité à satisfaire la demande et du manque de connaissances et de compétences de leur personnel.

    L'évolution sans révolution



    Les OPC ont sans nul doute évolué au cours des 15 dernières années mais sans révolution. Maintiendront-elles leur présence en 2020? Sans doute mais sous une autre forme et un autre mode de fonctionnement que nous sommes incapables d'imaginer aujourd'hui.

    Alan Reynolds est consultant en matière de promotion du commerce extérieur. Jusqu'en 1999, il était Directeur des services d'exportation au sein de l'OPC britannique UK Trade & Investment.