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    Les épices

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 3/2001

    Le marché mondial des épices et herbes aromatiques est vaste, un peu plus de US$ 2,3 milliards. Des PMA tels que Madagascar, les Comores et la République-Unie de Tanzanie gagnent une part importante de leur revenu du commerce extérieur grâce à l'exportation des épices. Les principales épices exportées par les PMA sont la vanille, le girofle, les piments, la cardamome, la noix de muscade et le macis. Depuis 1995, les PMA ont fourni plus de la moitié des importations mondiales de vanille et plus d'un cinquième du girofle.

    De 1995 à 1999, les importations annuelles mondiales d'épices se montaient en moyenne à 500 000 tonnes, avec une croissance de 8,5% par an. Ce fort taux de croissance est un bon indicateur de l'augmentation de la consommation d'épices.

    Les PMA détiennent un formidable potentiel pour accroître leurs exportations tant vers les marchés des pays industrialisés que vers ceux des pays en développement. Il s'agit de marchés à forte valeur et en croissance continue, et les PMA possèdent les ressources naturelles pour être compétitifs. Ils vont sans doute profiter de la croissance du marché et pourraient enlever des parts de marchés à leurs concurrents des pays en développement, ajouter un assortiment d'épices à leur offre et augmenter leur valeur grâce à une première transformation.

    En dépit de la croissance des importations mondiales, les PMA n'ont pourtant pas obtenu de bons résultats avec l'exportation des épices ces dernières années. Durant la période 1995-1999, leurs exportations totales ont baissé de 8,5% en quantité et de 4% en valeur. Cela pour deux raisons: une chute importante des prix mondiaux de la vanille à la suite d'une offre excédentaire en Indonésie et de mauvaises conditions climatiques pour plusieurs pays producteurs d'Afrique en 1998 et 1999.

    Les stratégies visant à tirer le maximum de l'exportation des épices et herbes aromatiques doivent prendre en compte différentes possibilités.

    - Diversifier les marchés d'exportation.

    - Diversifier la gamme des produits. Des produits tels que la coriandre, le cumin, le laurier, l'origan et le thym offrent des débouchés à l'exportation attrayants.

    - Améliorer la part et la position dans le marché. Parmi les exigences principales se trouve la régularité dans la qualité et les délais de livraison.

    - Tirer parti des niches de marché. Bien que de petite taille pour le moment (un peu plus de 1% de la demande totale d'épices), le segment de la production biologique est en train de croître, renforcé par le désir des consommateurs de produits sains et naturels, dominant sur le marché des épices. La tendance à consommer une plus grande variété de mets exotiques offre une perspective à chaque pays de trouver une niche pour des épices et des condiments utilisés dans leur propre cuisine.

    - Transformer et emballer. Les épices toujours plus transformées et emballées dans les pays en développement. Les mélanges d'épices gagnent du terrain, car ils répondent à un désir de commodité.

    Le facteur de réussite clé réside dans l'augmentation de la capacité de l'offre et de la compétitivité des PMA et dans l'aide qui leur est destinée pour qu'ils exploitent ces compétences sur les marchés internationaux grâce à l'information, l'accès aux facteurs de production, aux services d'utilité publique, d'appui et à l'infrastructure.

    Dans les conditions actuelles du marché, les exportateurs des PMA pourraient se focaliser dans l'approvisionnement de grosses industries de transformation et d'emballage avec des épices entières de bonne qualité. Ils pourraient essayer de fournir des épices moulues de qualité élevée en gros à des intermédiaires susceptibles d'acheter directement à la source et d'avoir plusieurs fournisseurs. À plus long terme, il faudrait viser à attirer les investissements avec des préparateurs qui connaissent le marché et possèdent des capacités de distribution dans les pays consommateurs. Les petits préparateurs et négociants peuvent vouloir créer des alliances et des coentreprises avec des préparateurs dans les pays producteurs.

    Pour plus d'information, voir bulletin du CCI Service de nouvelles du marché sur les épices, plantes aromatiques et graines (abonnement, v. p. 37). Pour l'assistance technique du CCI, voir Antony Sandana, Administrateur principal pour le marketing des produits de base (sandana@intracen.org).

    Liens correspondants:

    - Des ouvertures dans l'adversité
    - Dipag (Guinée): viser les marchés de produits naturels
    - Cotriex (Burundi): des exportations agricoles pour un pays en crise
    - Tiviski (Mauritanie): créer une niche pour le lait de chamelle
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