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  • LE COMMERCE DES TAPIS TRADITIONNELS ET DES KILIMS

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    Le commerce des tapis traditionnels et des kilims

     

     
     
    L'héritage du passé
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/1999

    Les producteurs et les exportateurs de tapis traditionnels et de kilims doivent adopter une nouvelle approche commerciale pour faire face aux défis actuels: l'augmentation des imitations de tapis d'Orient et de kilims produites industriellement, l'intérêt croissant des consommateurs pour les produits respectueux de l'environnement et leur préoccupation concernant le travail des enfants. Repositionner les tapis comme héritage du passé, unir ses forces pour informer les acheteurs, utiliser l'internet efficacement et nouer les bons contacts, voilà quelques voies à suivre pour que producteurs et exportateurs restent dans la course. Le CCI travaille en collaboration avec différentes organisations internationales pour déterminer la part des tapis artisanaux dans les statistiques commerciales, ce qui apporterait aux experts des données plus exactes pour la planification du développement. Fonctionnaire de la Section du développement des marchés du CCI chargée des produits artisanaux, María-Mercedes Sala nous informe.

    Une tradition millénaire se perpétue dans la fabrication manuelle des tapis et des kilims d'aujourd'hui. On pense que le tissage de tapis à points noués a commencé il y a environ 3500 ans en Asie centrale, carrefour de maintes civilisations. Pour la fabrication des tentes qui les protégeaient des hivers rigoureux, les tribus nomades utilisaient le poil de leurs chèvres. Ce matériau - plus long et plus raide que la laine des moutons - conduit les fabricants de tentes à développer la technique du tissage lisse, afin d'obtenir un tissu plat et serré. Ils obtinrent des tentes presque étanches. La même technique fut ensuite employée pour faire des pièces destinées à recouvrir le sol et à isoler leur habitat de l'humidité de la terre: les premiers kilims étaient nés.

    Avec le temps, l'art du tissage a évolué et les kilims furent utilisés à d'autres fins pratiques: comme créer des divisions dans les tentes, des couvertures, tapis de prière, sacoches de selle, voire des berceaux. Dans le dessein d'améliorer le fond des tentes recouvert de feuilles et pour pouvoir plier et transporter facilement leurs matelas à dos de cheval, les nomades commencèrent à imiter la fourrure des animaux en rajoutant des poils aux toiles sèches de base: les premiers tapis à points noués apparurent ainsi.

    Les plus anciens tapis à points noués existants - découverts en 1947 dans les montagnes de l'Altaï sibérien et exposés maintenant au Musée de l'Hermitage à Saint-Pétersbourg -, qu'on a datés au carbone, remontent au Ve siècle av. J.-C.

    Du fond des temps aux marchés actuels
    Depuis lors, les tapis et les kilims faits main ont pris place tant dans les logis modestes que dans les demeures cossues et les palais. La variété des modèles et des techniques reflète les traditions perpétuées de génération en génération. Parallèlement à cette activité productive, le commerce des tapis a toujours été florissant. De nos jours, la confection de tapis représente la part la plus importante de toutes les exportations artisanales dans nombre de pays en développement.