Les accessoires de mode mongols
séduisent les marchés étrangers
Le succès du Programme de réduction de la pauvreté par
l'exportation (PRPE) mené par l'ITC en Mongolie ouvre la voie
permettant aux producteurs de laine de tirer parti de la demande
touristique d'objets en feutre et de réussir sur les marchés
étrangers.
La Mongolie possédant plus de 24 millions de têtes de bétail,
dont 10,6 millions de moutons, la transformation et l'exportation
d'accessoires en laine et en feutre ont été considérées comme un
débouché prometteur générateur d'emplois et de revenus pour les
communautés nomades et urbaines pauvres. De concert avec la Mission
luthérienne norvégienne (NLM), le PRPE a lancé un projet fin 2004
en vue d'améliorer les moyens d'existence de 250 personnes, dont 90
pour cent de femmes, organisées en coopérative réunissant 10
groupes de producteurs des provinces d'Ulaanbaatar, Darkhan et
Selenge. Durant la dernière décennie, l'afflux croissant de
touristes du monde entier vers la Mongolie (440 000 personnes
en 2008) a incité la coopérative à ouvrir un magasin de laine
(Tsagaan Alt Wool Shop) à Ulaanbaatar.
Le succès du projet repose sur deux facteurs: un design novateur
et une gestion solide de la qualité. Au départ, le magasin vendait
surtout des objets décoratifs en feutre et des souvenirs, des
peluches notamment, en ciblant le marché du tourisme. Aujourd'hui,
ce sont chaussures et accessoires de mode qui ont le vent en poupe.
Les ventes décollent suite à la qualité du point de vente et des
produits, et à la formation dispensée aux producteurs afin qu'ils
conçoivent des produits utiles, tels que des chaussons, pour
satisfaire la demande occidentale. La participation de NLM en tant
que partenaire du projet a été un autre facteur de réussite. Cette
ONG a une solide expérience de la coopération technique dans le
secteur de la laine et elle partage les objectifs de l'ITC quant à
la mise en relation des producteurs pauvres avec les marchés en vue
de réduire la pauvreté.
Grâce au PRPE, qui a permis de créer de nouvelles collections de
produits et de former les producteurs, le magasin est devenu une
attraction touristique, qui affiche un chiffre d'affaires mensuel
de $E.-U. 15 000 et aide 300 membres de la coopérative.
Encouragée par les ventes locales du marché du tourisme et avec
l'aide du PRPE, la coopérative s'est lancée avec succès dans
l'exportation vers différents pays: Allemagne, Chine, Japon,
Pays-Bas et Norvège. La contribution au projet de la NLM et du PRPE
arrivant à son terme, la coopérative est devenue autonome et a
généré suffisamment de profits pour financer sa participation au
Salon Ambiente 2010 en Allemagne (en partageant un stand avec le
Comité de coopération pour le Cambodge, autre partenaire du projet
PRPE).
Les tisserands de soie laotiens
ouvrent des boutiques
Tisser et porter des soieries sont le reflet de traditions
culturelles et sociales profondément ancrées dans la République
démocratique populaire lao. Les tisserands, pour la plupart des
femmes, fabriquent des écharpes, des chemins de table, des sacs à
main et des housses de coussins. Toutefois, sans compétences en
commercialisation et sans connaissance des exigences du marché
mondial, les producteurs n'ont pu s'extraire de la pauvreté et ne
sont pas en mesure de tirer parti des revenus potentiels de la
production séricicole.
Le projet pilote PRPE de l'ITC a tenté d'inverser la tendance et
il attire des jeunes femmes jusqu'alors peu intéressées par le
tissage. Les activités du projet ont pour but de réduire la
pauvreté dans les régions rurales pauvres, de générer emplois et
revenus, et d'assurer la survie de la tradition séricicole.
Une étape importante du projet a été l'ouverture de cinq points
de vente et la participation d'un cinquième village. Le projet a
été lancé en 2007 en collaboration avec le partenaire national de
l'ITC, Lao Handicraft Association, et quatre communautés pilotes de
tisserands du sud de Pakse.
Afin d'améliorer la qualité et la production de soie, l'ITC, de
concert avec Varitha Handicraft Silk and Cotton, a contribué à
renforcer la capacité via une formation aux techniques de tissage
et de coloration. L'équipement de production a été modernisé et la
qualité des matières premières bonifiée afin d'augmenter la
productivité et la qualité des produits. En outre, pour aider le
partenaire du projet de façon permanente, deux jeunes créateurs
diplômés de la Haute école d'art et de design de Genève passent
actuellement quatre mois sur le site pour travailler avec les
tisserands et le partenaire du projet à la création de designs, de
colorations et d'outils de marketing.
Suite à ce projet, des tisserands ruraux pauvres de ces villages
produisent et vendent des articles en soie de qualité qui satisfont
aux exigences des marchés étrangers et améliorent leurs revenus. Le
projet souhaitait s'ouvrir à d'autres communautés et la
participation de Ban Saman en 2009 va dans ce sens. Des points de
vente ont été ouverts à l'aéroport international de Pakse et dans
un hôtel proche ainsi qu'à Ban Sapay et Vat Phou, site classé au
patrimoine mondial de l'UNESCO. Ces développements devraient
permettre une hausse de 50 pour cent des revenus générés par le
projet l'an prochain et l'intégration de nouvelles communautés
laotiennes.
Un programme interagences cible
les industries créatives du Mozambique
Au Mozambique, un programme géré par l'UNESCO, l'OIT, l'ITC et
trois autres agences gouvernementales, vise à développer les
industries créatives et le tourisme culturel communautaire. Ciblant
les provinces de Maputo, Nampula et Inhambane, il vise à nouer des
liens avec le secteur privé et à améliorer la chaîne de valeur des
industries créatives. Le manque d'appui institutionnel et
législatif, l'instabilité de la qualité, le taux de contrefaçon
alarmant et les violations du copyright (estimées à 80 pour cent)
expliquent la stagnation du secteur des industries créatives au
Mozambique.
L'ITC a analysé la chaîne de valeur du secteur artisanal et
évalué les besoins des artisans et des musiciens. Cette étude a
débouché sur l'élaboration de contrats types spécifiques, qui
seront disponibles en 2010, et sur une formation à la
commercialisation à l'étranger et à la propriété intellectuelle,
qui sera menée conjointement avec l'Organisation mondiale de la
propriété intellectuelle. L'ITC a également envisagé une stratégie
de développement des exportations et des marchés pour 2010 et 2011
afin de renforcer la compétitivité internationale du secteur via le
centre d'études et de développement de l'artisanat du Mozambique
(Centro de Estudos e Desenvolvimento de Artesanato).