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  • L'ITC EN ACTION : RELANCER LES EXPORTATIONS DES PRODUITS CRÉATIFS

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    L'ITC en action : Relancer les exportations des produits créatifs

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 3/2009

    L'ITC est très engagé dans le renforcement de la capacité des pays en transition et en développement d'exporter des produits créatifs, artisanaux notamment. L'aide de l'ITC vise à faciliter l'accès aux marchés via de nouvelles technologies et l'intégration aux chaînes logistiques; à soutenir le secteur créatif via la promotion des opportunités commerciales et le renforcement de la compétitivité à l'exportation; et à encourager l'intégration de la dimension culturelle dans les politiques nationales de développement du commerce.

    Les accessoires de mode mongols séduisent les marchés étrangers

    Le succès du Programme de réduction de la pauvreté par l'exportation (PRPE) mené par l'ITC en Mongolie ouvre la voie permettant aux producteurs de laine de tirer parti de la demande touristique d'objets en feutre et de réussir sur les marchés étrangers.

    La Mongolie possédant plus de 24 millions de têtes de bétail, dont 10,6 millions de moutons, la transformation et l'exportation d'accessoires en laine et en feutre ont été considérées comme un débouché prometteur générateur d'emplois et de revenus pour les communautés nomades et urbaines pauvres. De concert avec la Mission luthérienne norvégienne (NLM), le PRPE a lancé un projet fin 2004 en vue d'améliorer les moyens d'existence de 250 personnes, dont 90 pour cent de femmes, organisées en coopérative réunissant 10 groupes de producteurs des provinces d'Ulaanbaatar, Darkhan et Selenge. Durant la dernière décennie, l'afflux croissant de touristes du monde entier vers la Mongolie (440 000 personnes en 2008) a incité la coopérative à ouvrir un magasin de laine (Tsagaan Alt Wool Shop) à Ulaanbaatar.

    Le succès du projet repose sur deux facteurs: un design novateur et une gestion solide de la qualité. Au départ, le magasin vendait surtout des objets décoratifs en feutre et des souvenirs, des peluches notamment, en ciblant le marché du tourisme. Aujourd'hui, ce sont chaussures et accessoires de mode qui ont le vent en poupe. Les ventes décollent suite à la qualité du point de vente et des produits, et à la formation dispensée aux producteurs afin qu'ils conçoivent des produits utiles, tels que des chaussons, pour satisfaire la demande occidentale. La participation de NLM en tant que partenaire du projet a été un autre facteur de réussite. Cette ONG a une solide expérience de la coopération technique dans le secteur de la laine et elle partage les objectifs de l'ITC quant à la mise en relation des producteurs pauvres avec les marchés en vue de réduire la pauvreté.

    Grâce au PRPE, qui a permis de créer de nouvelles collections de produits et de former les producteurs, le magasin est devenu une attraction touristique, qui affiche un chiffre d'affaires mensuel de $E.-U. 15 000 et aide 300 membres de la coopérative. Encouragée par les ventes locales du marché du tourisme et avec l'aide du PRPE, la coopérative s'est lancée avec succès dans l'exportation vers différents pays: Allemagne, Chine, Japon, Pays-Bas et Norvège. La contribution au projet de la NLM et du PRPE arrivant à son terme, la coopérative est devenue autonome et a généré suffisamment de profits pour financer sa participation au Salon Ambiente 2010 en Allemagne (en partageant un stand avec le Comité de coopération pour le Cambodge, autre partenaire du projet PRPE).



    Les tisserands de soie laotiens ouvrent des boutiques

    Tisser et porter des soieries sont le reflet de traditions culturelles et sociales profondément ancrées dans la République démocratique populaire lao. Les tisserands, pour la plupart des femmes, fabriquent des écharpes, des chemins de table, des sacs à main et des housses de coussins. Toutefois, sans compétences en commercialisation et sans connaissance des exigences du marché mondial, les producteurs n'ont pu s'extraire de la pauvreté et ne sont pas en mesure de tirer parti des revenus potentiels de la production séricicole.

    Le projet pilote PRPE de l'ITC a tenté d'inverser la tendance et il attire des jeunes femmes jusqu'alors peu intéressées par le tissage. Les activités du projet ont pour but de réduire la pauvreté dans les régions rurales pauvres, de générer emplois et revenus, et d'assurer la survie de la tradition séricicole.

    Une étape importante du projet a été l'ouverture de cinq points de vente et la participation d'un cinquième village. Le projet a été lancé en 2007 en collaboration avec le partenaire national de l'ITC, Lao Handicraft Association, et quatre communautés pilotes de tisserands du sud de Pakse.

    Afin d'améliorer la qualité et la production de soie, l'ITC, de concert avec Varitha Handicraft Silk and Cotton, a contribué à renforcer la capacité via une formation aux techniques de tissage et de coloration. L'équipement de production a été modernisé et la qualité des matières premières bonifiée afin d'augmenter la productivité et la qualité des produits. En outre, pour aider le partenaire du projet de façon permanente, deux jeunes créateurs diplômés de la Haute école d'art et de design de Genève passent actuellement quatre mois sur le site pour travailler avec les tisserands et le partenaire du projet à la création de designs, de colorations et d'outils de marketing.



    Suite à ce projet, des tisserands ruraux pauvres de ces villages produisent et vendent des articles en soie de qualité qui satisfont aux exigences des marchés étrangers et améliorent leurs revenus. Le projet souhaitait s'ouvrir à d'autres communautés et la participation de Ban Saman en 2009 va dans ce sens. Des points de vente ont été ouverts à l'aéroport international de Pakse et dans un hôtel proche ainsi qu'à Ban Sapay et Vat Phou, site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ces développements devraient permettre une hausse de 50 pour cent des revenus générés par le projet l'an prochain et l'intégration de nouvelles communautés laotiennes.



    Un programme interagences cible les industries créatives du Mozambique

    Au Mozambique, un programme géré par l'UNESCO, l'OIT, l'ITC et trois autres agences gouvernementales, vise à développer les industries créatives et le tourisme culturel communautaire. Ciblant les provinces de Maputo, Nampula et Inhambane, il vise à nouer des liens avec le secteur privé et à améliorer la chaîne de valeur des industries créatives. Le manque d'appui institutionnel et législatif, l'instabilité de la qualité, le taux de contrefaçon alarmant et les violations du copyright (estimées à 80 pour cent) expliquent la stagnation du secteur des industries créatives au Mozambique.

    L'ITC a analysé la chaîne de valeur du secteur artisanal et évalué les besoins des artisans et des musiciens. Cette étude a débouché sur l'élaboration de contrats types spécifiques, qui seront disponibles en 2010, et sur une formation à la commercialisation à l'étranger et à la propriété intellectuelle, qui sera menée conjointement avec l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. L'ITC a également envisagé une stratégie de développement des exportations et des marchés pour 2010 et 2011 afin de renforcer la compétitivité internationale du secteur via le centre d'études et de développement de l'artisanat du Mozambique (Centro de Estudos e Desenvolvimento de Artesanato).