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    L'électronique dans les affaires

     

     
     
    Une révolution dans les échanges commerciaux internationaux
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/2000

    Les acheteurs internationaux peuvent former les fournisseurs locaux à l'occasion de réunions.

    Une véritable révolution se déroule sur presque tous les marchés où vous exportez, qui va affecter la manière d'agir des institutions de promotion des échanges commerciaux.

    Le siège de ce bouleversement se situe au niveau des opérations interentreprises (B2B: E-E), qui réunissent tous les acteurs du commerce international et de leurs services en un lieu unique: fournisseurs, acheteurs, transporteurs, services liés à la finance, à la logistique et à l'inspection, tout comme les nouvelles des marchés et les applications logicielles qui offrent des catalogues numériques pour la production, l'achat et la vente. Le marché électronique est pratiquement l'équivalent virtuel d'une place du marché, ouverte néanmoins aux acheteurs et aux fournisseurs du monde entier pouvant connecter leur ordinateur sur l'internet. L'objectif d'un marché électronique est de représenter un usage si simple et si efficace que les acheteurs et les vendeurs seront prêts à payer les services proposés. Ces marchés existent dans presque tous les secteurs. L'avant-garde à l'origine de ces bouleversements était constituée des firmes dominantes sur le marché, qui pouvaient apporter l'investissement initial nécessaire, de l'ordre du million de dollars. À l'heure actuelle, des marchés plus modestes peuvent être mis en place pour créer des liens entre les communautés d'affaires à un coût bien moindre que celui des premiers sites. Dans les pays dont les liens de communication sont lents et peu fiables, les usagers potentiels peuvent être amenés à établir des accès temporaires par l'intermédiaire d'un site à l'étranger, ou doivent sinon investir dans un lien vers un réseau satellite VSAT, propre ou partagé; une telle expérience a été mise en place au Népal.

    Pourquoi le terme de révolution?

    De grands changements ont lieu dans les rapports entre les entreprises et au niveau des coûts des transactions. Les nouvelles technologies permettent aux acheteurs de communiquer simultanément avec plusieurs fournisseurs de biens et de services, ainsi qu'avec les fournisseurs mêmes de ces derniers et avec les points de production et de distribution. Cela entraîne une diminution sensible des coûts, des cycles de commandes et des besoins en capital actif ainsi qu'une augmentation de l'efficacité (voir synthèse dans l'encadré de la page 13).

    Cela permet aussi aux fournisseurs de composer des ensembles de produits et services adaptés aux nécessités de chaque acheteur. Selon les indications d'une enquête effectuée par Goldman Sachs, les acheteurs ont généralement expérimenté des réductions de coût des facteurs de 10% à 30%, et les fournisseurs une réduction des frais de vente de 5% à 20%. Les compagnies de transport en tirent également profit, puisqu'elles peuvent combiner des cargaisons pour le trajet de retour au lieu de revenir à vide comme c'est généralement le cas. Les sociétés qui ont restructuré leur fonctionnement interne, leur hiérarchie et leur communication à partir des nécessités d'un environnement numérique sont celles qui en ont le plus profité. Elles ont réussi à gérer toute leur chaîne d'approvisionnement grâce à l'internet et passent d'un processus «achat-attente-manu-facturation-attente-vente» au modèle «vente-source-assemblage-expédition». En d'autres termes, elles fabriquent à la commande et non en vue de stocker.

    Des marchés aux réseaux d'achats par internet

    Les places de négoce électroniques se présentent sous différentes formes. Actuellement, une expression couramment utilisée pour les distinguer des sites de compagnies isolées est réseau d'achat par internet (Internet Trading Exchange, ITE). Certains de ces réseaux sont limités à des branches d'activité spécifiques, comme par exemple http://www.africa.recycle.net/, la Bourse africaine de recyclage. D'autres possèdent un rayon d'action plus large. Ainsi, http://www.goindustry.com est consacré à la vente de matériel excédentaire pour de nombreux secteurs, http://www.mmprocurement.com s'occupe du secteur métallurgique, et http://www.gofish.com traite des ventes internationales de fruits de mer.

    Les réseaux d'achats en ligne ne se trouvent pas uniquement dans les pays industrialisés. On en rencontre par exemple en Chine, en Inde, en Mongolie, en Ouganda, au Paraguay, au Pérou, en Thaïlande et dans d'autres pays en développement. À l'heure actuelle, plus de 1000 sont en activité, et il est prévu d'en développer bon nombre l'année prochaine.

    Préparer son pays au commerce électronique

    En octobre 1999, lors du premier Forum exécutif du CCI tenu à Annecy, nombre d'organismes de promotion du commerce ont exprimé leurs doutes quant à l'utilité de l'internet en tant qu'instrument pour les échanges internationaux. Une année plus tard, ce scepticisme a disparu. La question qui se pose maintenant est comment tirer le meilleur parti de l'internet pour augmenter l'efficacité en affaires.

    Neuf mesures pratiques

    Voici neuf mesures pratiques que les institutions de promotion des échanges peuvent prendre pour aider les exportateurs à exploiter au mieux l'internet. Fondées sur les expériences narrées par les participants au Forum exécutif 2000, ces mesures consistent à créer un environnement favorable au niveau national, à s'assurer que votre organisation se sert efficacement de l'internet et à aider les fournisseurs à l'exportation à devenir toujours plus efficaces, grâce à la formation et à la technologie.

    1. Sensibiliser les dirigeants nationaux et les agences internationales aux nécessités du pays dans la voie vers l'électronique. Par le travail en partenariat entre les organismes qui représentent les petites et les grandes entreprises et les agences internationales. En analysant ce dont votre pays a besoin pour augmenter ses compétences électroniques, et en travaillant avec les partenaires intéressés afin de convaincre les milieux d'affaires, la presse et les agents gouvernementaux. En communiquant vos conclusions aux responsables nationaux et aux agences internationales afin de trouver des solutions. Simultanément, il faut tenir les exportateurs et leurs partenaires le long de la chaîne de l'approvisionnement au courant des changements rapides issus de l'emploi du commerce électronique dans tous les secteurs d'activité. La communication peut se faire grâce à des séminaires, des conférences et par des journaux spécialisés.

    2. Faire équipe avec des acheteurs internationaux pour former les fournisseurs locaux. Il faut que les exportateurs sachent tirer le meilleur parti des nouvelles technologies. La formation devrait inclure l'adaptation des processus de production et des pratiques commerciales à l'économie numérique grâce à l'usage d'enchères et de bourses commerciales, en limitant les mises avec des détails techniques et financiers choisis, un réseau de fournisseurs et de sécurité. Les fournisseurs doivent aussi être formés aux techniques de recherche par internet, à la collecte et à l'analyse des données sur les clients et à l'évaluation de la qualité et de l'exactitude de l'information. Le CCI et certains acheteurs internationaux mettent sur pied des programmes de formation des fournisseurs et fonctionnent volontiers comme partenaires dans des ateliers destinés aux fournisseurs de lachaîne d'approvisionnement, comme fournisseurs logistiques, les douanes et les autorités portuaires, les fournisseurs, les banques et les agences gouvernementales.

    3. Rechercher et proposer de l'information en ligne. Il faut que les fournisseurs sachent quel réseau d'achat en ligne et quelle information disponible sur le net sont appropriés à leurs activités. Ils doivent aussi être en possession d'information sur les réseaux eux-mêmes: leur degré de sécurité, quelles possibilités sont offertes, les conditions requises pour y participer et quels acheteurs font partie du réseau. Les institutions de promotion du commerce peuvent se montrer utiles en sélectionnant les meilleurs renseignements, en les synthétisant et en les diffusant parmi les exportateurs du pays ou de la région. Le CCI propose de l'information sur son site internet et va bientôt en proposer plus (voir encadré).

    4. Utiliser les technologies de l'information pour améliorer l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement. Il faut aider les sociétés à se servir des technologies de l'information pour augmenter l'efficacité de leurs opérations de manière à pouvoir exécuter les commandes à l'exportation à temps, plus précisément et obtenir des marchandises possédant la qualité requise. Une formation pratique devrait être apportée, telle que la conversion des données sur papier en format numérique; l'intégration des opérations logistiques, de la gestion financière et de l'information sur la production et la gestion de la chaîne des fournisseurs. Cela signifie la mise sur pied d'ateliers sur les questions d'organisation et de gestion destinés aux exportateurs et aux fournisseurs. Les petits fournisseurs dotés de potentiel à l'exportation peuvent être encouragés à constituer des consortiums pour acquérir la capacité de production nécessaire pour répondre aux attentes des acheteurs internationaux. Les technologies de l'information peuvent servir à la formation dans l'organisation et la gestion de consortiums d'achat ou de vente, en passant par les services des fournisseurs d'accès à l'internet locaux qui offrent des applications meilleur marché pour la gestion des logiciels.

    5. Augmenter la confiance des acheteurs dans les fournisseurs locaux. En mettant en place des services de vérification et d'arbitrage et des bases de données de référence à jour; en divulguant les réussites des fournisseurs et des opérations effectuées. Il faut avertir les utilisateurs quand les services de transmission sont interrompus et assurer que toute information proposée aux acheteurs potentiels et aux investisseurs étrangers est datée, tenue à jour et complète.

    6. Offrir vos services habituels en ligne. En construisant votre site web comme un guichet unique, de sorte qu'acheteurs et vendeurs puissent dénicher le renseignement recherché en un seul endroit. Utilisez les services en ligne pour vos formalités: par exemple pour les certificats d'origine et phytosanitaire ou la conformité aux normes de qualité et d'emballage. D'autres services aux exportateurs qui ne coûtent pas grand-chose à mettre en place sont la calculation des taux de change, les bulletins de nouvelles ou l'information sur le trafic maritime.

    7. Encourager les accords avec des sites portails de la branche. Les acheteurs internationaux préfèrent s'informer par l'intermédiaire de sites propres à leur branche d'activité plutôt que sur des sites par régions. Ne vous concentrez pas exclusivement sur les exportateurs nationaux sur le site d'une organisation de promotion des échanges, mais essayez plutôt de procéder à des arrangements et de créer de liens qui mettent en valeur vos exportateurs sur des sites commerciaux spécifiques à l'activité et que vous avez contrôlés. En aidant les exportateurs à évaluer le moment où il devient opportun d'investir dans leur propre site web, ou quand il vaut mieux agir par le biais des marchés existants.

    8. Encourager les logiciels locaux et le développement de leur contenu. Une des retombées de la croissance de l'internet est une véritable explosion de la demande de services logiciels d'application à l'internet adaptés à la culture ou à la langue locale. Il vaut mieux satisfaire une telle demande sur place. Les institutions d'appui au commerce sont favorables à l'emploi des technologies de l'information dans le cadre des normes internationales pour la qualité de conception et de la gestion de projets, car cela représente un véritable tremplin pour de futures exportations.

    9. Exploiter les possibilités de back-office. Les institutions d'appui au commerce devraient profiter des nouveaux créneaux d'exportation qui se forment grâce aux progrès de la technique et qui peuvent apporter un retour d'investissement rapide dans la formation à la technologie de l'internet. Ainsi, des sociétés de pays en développement peuvent offrir des services administratifs, des prestations comme centre d'usagers et d'achat via l'internet pour des sociétés clientes sises à l'autre bout du monde.

    L'ouvrage publié par le CCI Opérations de back-office offshore: Fourniture de service d'appui aux marchés mondiaux examine précisément ces possibilités dans le détail.

    Ian Sayers est Administrateur principal du CCI pour le secteur privé, en particulier pour les PME; e-mail: sayers@intracen.org




    Les avantages de l'internet

    Diminution des coûts dans la chaîne d'approvisionnement
    Le cycle des commandes passe de quelques semaines à quelques jours ou heures.
    L'exactitude de l'exécution de la commande augmente de 70% à 98%.
    Les coûts d'inventaire diminuent grâce à un contrôle plus serré des approvisionnements et à des exécutions sur mesure.

    Diminution des coûts des opérations
    Les frais de transactions et de communication diminuent (de 80% en temps, communication et travail).

    Efficacité sur le marché
    Un nombre réduit de places importantes, beaucoup d'information sur les marchés et un vaste choix pour le vendeur (économies allant jusqu'à 50%).

    Augmentation des recettes
    Grâce à de nouvelles activités fondées sur des liquidités obtenues grâce à la diminution du cycle du fonds de roulement.




    Base de données sur les réseaux d'achats par internet

    Un des résultats du Forum exécutif sur le développement des exportations dans l'économie numérique (2000) est un nouveau partenariat entre plusieurs organisations de promotion des échanges et représentants de certains secteurs d'activité, dans le dessein d'élaborer une base de données sur les réseaux d'achats en ligne et les services offerts. Il est prévu que les activités commencent dès le début de 2001. Le CCI invite ses partenaires des pays en développement spécialisés dans la gestion des achats et de la chaîne d'approvisionnement, afin de construire un réseau de sources d'information sur de tels sites dans leur pays. Veuillez prendre contact avec M. Ian Sayers (sayers@intracen.org).