• back
  • GUINÉE-BISSAU: RESTAURER LA CONFIANCE DANS LE COMMERCE

  •  

    Guinée-Bissau: Restaurer la confiance dans le commerce

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 3/2007, © Centre du commerce international

    © E. Jassy

    Interview - João Bernardo Vieira

    Les histoires de réussite commerciale de pays émergeant d'un conflit peuvent inspirer et stimuler les entrepreneurs bissau-guinéens.

    La Guinée-Bissau est un des pays les plus pauvres du monde. Son économie est surtout basée sur l'agriculture; les noix de cajou sont le principal produit d'exportation. Dans les années 1980, le pays a engagé des réformes économiques structurelles qui ont dopé la croissance mais la guerre civile et la chute des cours des noix de cajou ont retardé le développement économique. Aujourd'hui, le Gouvernement accélère la reconstruction et tente de diversifier les exportations et de tisser de nouveaux liens commerciaux internationaux.

    João Bernardo Vieira est chargé du commerce au sein du Ministère du commerce, du tourisme et de l'artisanat de la Guinée-Bissau. La revue l'avise des informations actualisées et des tendances qu'il partage avec ses collègues et suscite des idées sur la coopération technique liée au commerce. Dans le cadre de son travail en faveur des PME, il estime très stimulante l'expérience d'entrepreneurs d'autres pays en développement et de PMA.

    Q: Depuis combien de temps lisez-vous la revue?

    R: J'ai connu leForum du commerce à mon entrée au Ministère en 2003. J'ai tout de suite été séduit souhaitant maximiser mes connaissances sur le commerce tout en me tenant informé sur la façon dont les pays appliquent leurs stratégies pour accéder à l'indépendance. La revue combine qualité de l'information et chance de parfaire ses connaissances.

    Q: Comment l'utilisez-vous?

    R: Elle m'aide à formuler des idées, à rédiger des documents techniques sur les tendances dans le secteur ou à informer mes collègues du département sur la façon de solliciter une assistance technique sur mesure et un renforcement de la capacité adapté à nos besoins afin de doper nos exportations. Selon moi, c'est un outil très utile à mon travail.

    Q: Préférez-vous la version papier ou en ligne?

    R: La version en ligne exige une connexion Internet rapide et une alimentation électrique sans faille. Quand il faut dix minutes pour se connecter, dix autres minutes pour accéder à un article et qu'une coupure électrique vient interrompre la lecture, il est difficile d'être motivé. Je préfère donc lire la version imprimée.

    Q: Un thème ou un numéro a-t-il particulièrement retenu votre attention et pourquoi?

    R: Une histoire m'a conforté dans l'idée selon laquelle nous autres Africains ne pouvons nous en sortir sans une réelle volonté politique - celle sur la contribution du commerce du gingembre à la reconstruction de la Sierra Leone [numéro 1/2007]. Après 22 ans de déclin dans ce secteur, le pays a pu exporter vers plusieurs pays européens du gingembre conforme aux normes européennes. En vue de relancer l'économie, le Gouvernement sierra-léonais a fait du développement du secteur des épices en général et de la production et l'exportation de gingembre en particulier une priorité. Le gingembre ne résoudra certes pas tous les problèmes mais certains d'entre eux. Si nous continuons à nous appliquer, ces histoires de réussite seront bientôt les nôtres.

    Q: Quels sujets voudriez-vous voir traités?

    R: J'aimerais des articles sur les noix de cajou, qui sont notre principal produit d'exportation. Il serait intéressant de connaître les étapes de la transformation des noix de cajou au Brésil, en Inde et au Pakistan, tout comme les histoires de coopération réussie entre des PME produisant des biens qui ne font pas l'objet de transactions internationales.

    Q: Quel serait le meilleur moyen de faire parvenir ces articles aux lecteurs bissau-guinéens?

    R: En proposant des exemples pratiques sur les moyens pris par les pays émergeant de la guerre civile ou de catastrophes naturelles pour doper leur économie et améliorer le niveau de vie des populations rurales et urbaines. Par exemple, comment utilisent-elles l'écotourisme pour développer les zones rurales tout en respectant les traditions locales?

    Il faudrait également illustrer la façon dont le secteur privé et les chefs d'entreprise, anéantis par la guerre, sont repartis de zéro pour tout reconstruire. Pourquoi? Parce que je pense que le déficit de confiance est un problème majeur en Guinée-Bissau.

     
    à propos du Ministère du commerce, du tourisme et de l'artisanat

    Le Ministère du commerce, du tourisme et de l'artisanat de Guinée-Bissau est en charge de l'élaboration des politiques spécifiques. Après plusieurs années d'instabilité politique due à la guerre civile, le Ministère a défini un plan d'action pour diversifier les exportations, attirer davantage de touristes vers les 80 îles du pays et organiser le secteur industriel.

    Il a pris diverses mesures pour atteindre ces objectifs, dont l'élaboration d'un nouveau code des investissements avec l'appui du Service-conseil pour l'investissement étranger de la Banque mondiale. Le Ministère collabore étroitement avec la Chambre de commerce par le biais d'un forum afin d'examiner les opportunités de conclure des partenariats nationaux et internationaux.