La Guinée-Bissau est un des pays les plus pauvres du monde. Son
économie est surtout basée sur l'agriculture; les noix de cajou
sont le principal produit d'exportation. Dans les années 1980, le
pays a engagé des réformes économiques structurelles qui ont dopé
la croissance mais la guerre civile et la chute des cours des noix
de cajou ont retardé le développement économique. Aujourd'hui, le
Gouvernement accélère la reconstruction et tente de diversifier les
exportations et de tisser de nouveaux liens commerciaux
internationaux.
João Bernardo Vieira est chargé du commerce au sein du Ministère
du commerce, du tourisme et de l'artisanat de la Guinée-Bissau. La
revue l'avise des informations actualisées et des tendances qu'il
partage avec ses collègues et suscite des idées sur la coopération
technique liée au commerce. Dans le cadre de son travail en faveur
des PME, il estime très stimulante l'expérience d'entrepreneurs
d'autres pays en développement et de PMA.
Q: Depuis combien de temps lisez-vous la
revue?
R: J'ai connu leForum du
commerce à mon entrée au Ministère en 2003. J'ai tout
de suite été séduit souhaitant maximiser mes connaissances sur le
commerce tout en me tenant informé sur la façon dont les pays
appliquent leurs stratégies pour accéder à l'indépendance. La revue
combine qualité de l'information et chance de parfaire ses
connaissances.
Q: Comment l'utilisez-vous?
R: Elle m'aide à formuler des idées, à rédiger
des documents techniques sur les tendances dans le secteur ou à
informer mes collègues du département sur la façon de solliciter
une assistance technique sur mesure et un renforcement de la
capacité adapté à nos besoins afin de doper nos exportations. Selon
moi, c'est un outil très utile à mon travail.
Q: Préférez-vous la version papier ou en
ligne?
R: La version en ligne exige une connexion
Internet rapide et une alimentation électrique sans faille. Quand
il faut dix minutes pour se connecter, dix autres minutes pour
accéder à un article et qu'une coupure électrique vient interrompre
la lecture, il est difficile d'être motivé. Je préfère donc lire la
version imprimée.
Q: Un thème ou un numéro a-t-il
particulièrement retenu votre attention et pourquoi?
R: Une histoire m'a conforté dans l'idée selon
laquelle nous autres Africains ne pouvons nous en sortir sans une
réelle volonté politique - celle sur la contribution du commerce du
gingembre à la reconstruction de la Sierra Leone [numéro 1/2007].
Après 22 ans de déclin dans ce secteur, le pays a pu exporter vers
plusieurs pays européens du gingembre conforme aux normes
européennes. En vue de relancer l'économie, le Gouvernement
sierra-léonais a fait du développement du secteur des épices en
général et de la production et l'exportation de gingembre en
particulier une priorité. Le gingembre ne résoudra certes pas tous
les problèmes mais certains d'entre eux. Si nous continuons à nous
appliquer, ces histoires de réussite seront bientôt les nôtres.

Q: Quels sujets voudriez-vous voir
traités?
R: J'aimerais des articles sur les noix de
cajou, qui sont notre principal produit d'exportation. Il serait
intéressant de connaître les étapes de la transformation des noix
de cajou au Brésil, en Inde et au Pakistan, tout comme les
histoires de coopération réussie entre des PME produisant des biens
qui ne font pas l'objet de transactions internationales.
Q: Quel serait le meilleur moyen de faire
parvenir ces articles aux lecteurs bissau-guinéens?
R: En proposant des exemples pratiques sur les
moyens pris par les pays émergeant de la guerre civile ou de
catastrophes naturelles pour doper leur économie et améliorer le
niveau de vie des populations rurales et urbaines. Par exemple,
comment utilisent-elles l'écotourisme pour développer les zones
rurales tout en respectant les traditions locales?
Il faudrait également illustrer la façon dont le secteur privé
et les chefs d'entreprise, anéantis par la guerre, sont repartis de
zéro pour tout reconstruire. Pourquoi? Parce que je pense que le
déficit de confiance est un problème majeur en Guinée-Bissau.
à propos du Ministère du commerce, du tourisme et de
l'artisanat
Le Ministère du commerce, du tourisme et de l'artisanat de
Guinée-Bissau est en charge de l'élaboration des politiques
spécifiques. Après plusieurs années d'instabilité politique due à
la guerre civile, le Ministère a défini un plan d'action pour
diversifier les exportations, attirer davantage de touristes vers
les 80 îles du pays et organiser le secteur industriel.
Il a pris diverses mesures pour atteindre ces objectifs, dont
l'élaboration d'un nouveau code des investissements avec l'appui du
Service-conseil pour l'investissement étranger de la Banque
mondiale. Le Ministère collabore étroitement avec la Chambre de
commerce par le biais d'un forum afin d'examiner les opportunités
de conclure des partenariats nationaux et internationaux.