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    Formation pour réussir a l’exportation : Aider la Mongolie et d’autres pays en développement à bâtir une industrie touristique durable

    Terri J. Kester, Rédactrice indépendante
    juillet 01, 2011
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    Des gers (tentes) typiques de Mongolie. © Tour Mongolia
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    Un cavalier nomade aide une touriste autrichienne à franchir une rivière dans les montagnes Turgen, région protégée de la province d’Uvs. © Tour Mongolia
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    Baga Gazryin Chuluu, imposante formation rocheuse dans le Gobi central, province de Dundgobi. © Tour Mongolia

    En Mongolie, le Centre néerlandais pour la promotion des importations en provenance des pays en développement aide les entreprises locales à tirer parti du patrimoine environnemental et patrimonial unique pour bâtir une industrie touristique durable et rentable offrant une expérience unique aux visiteurs.

    Lorsqu’on prévoit des vacances à l’étranger, la Mongolie ne vient pas spontanément à l’esprit. Cet immense pays s’est dégagé de la tutelle soviétique en 1991 et travaille encore à établir une économie de marché. La saison touristique ne dure que deux mois et demi et les conditions climatiques sont souvent extrêmes. L’évocation de Genghis Khan, le Mongol le plus célèbre, n’est guère plus engageante.

    L’autre facette de la Mongolie est l’expérience unique qui attend les visiteurs. Le pays attire les touristes indépendants d’esprit, en quête de grands espaces et de vie simple. Ils logent souvent chez l’habitant et vont dans les régions reculées où ils s’installent pendant des semaines, voire des mois. Par contre, ils dépensent peu et contribuent donc peu au développement économique. 

     

    Un patrimoine vivant 

    Damba Gantemur, Président du Centre pour le développement du tourisme durable en Mongolie, reconnaît que, jusqu’à peu, le tourisme était une activité imposée d’en haut avec une chaîne de valeur inefficace. Néanmoins il voit l’avenir sous un jour meilleur. ‘Nous sommes un peuple traditionnellement nomade’, explique-t-il. ‘La durabilité est un principe que nous connaissons bien car elle affecte notre vie quotidienne sur un plan pratique. Si le tourisme l’adopte, les visiteurs étrangers et leurs hôtes en tireront bénéfice.’ Il estime qu’il est possible d’attirer les touristes du monde entier en améliorant les structures de gestion et la transparence. ‘La Mongolie tranche avec ses voisins. Les touristes n’y viennent pas pour l’architecture. C’est un pays riche en patrimoine vivant.’

    Il explique que l’économie mongole repose principalement sur ses ressources naturelles. ‘Nous avons des mines de toutes sortes et nous produisons de la laine de cachemire. Je pense que le tourisme peut contribuer à maintenir et renforcer l’élevage. Oulan-Bator, la capitale, connaît une urbanisation effrénée mais en été, les habitants des villes répondent à l’appel de la steppe.’

    C’est précisément l’appel de la steppe, de la forêt, du désert, de la montagne, etc., et les milliers de chevaux qui vagabondent en liberté qui donnent aux touristes le sentiment de marcher sur les traces du grand Genghis Khan. M. Gantemur sait qu’il tient là un bon argument de vente pour le tourisme. ‘Nous devons préserver les paysages culturels et les mœurs populaires tout en favorisant une consommation durable. Le tourisme doit être un moteur du développement économique. Pour cela, les voyagistes européens ont besoin de l’aide de partenaires locaux.’

     

    Une chaîne de valeur durable 

    M. Gantemur est lui-même un important partenaire local, à la fois pour les voyagistes individuels mais aussi les organismes de promotion du tourisme en tant que produit d’exportation, dont le Centre néerlandais pour la promotion des importations en provenance des pays en développement (CBI), qui dépend du Ministère néerlandais des affaires étrangères. Pour parvenir à la durabilité de la chaîne de valeur touristique en Mongolie, le CBI a organisé une conférence à Oulan-Bator en novembre 2010. ‘Au départ, le désir de collaborer était apathique,’ déclare Wim van Heumen, Directeur du Programme de formation à l’exportation (ECP) pour le tourisme du CBI. ‘La concurrence était âpre mais la Mongolie était prête pour opérer un changement culturel. Le cours de formation, organisé à Rotterdam, qui a permis d’élaborer un plan d’action, a attiré 19 entreprises liées au tourisme et 40 participants issus du gouvernement et d’organisations d’appui au tourisme.’

    L’ECP crée actuellement un réseau regroupant des voyagistes européens et mongols, et de plus en plus de voyageurs individuels. Un protocole d’accord, qui entend faire du tourisme un secteur entrepreneurial dynamique, a été récemment signé par toutes les parties concernées. M. Van Heumen le considère comme un pas décisif dans la bonne direction. ‘Le CBI ne sert qu’à soutenir et faciliter. Le secteur doit se prendre en mains. Les voyagistes doivent s’adresser à leur gouvernement et se présenter ensemble sur la scène mondiale. S’ils s’attendent à que nous prenions les devants, le programme ne marchera pas.’ Mais il reste confiant. À la clôture du programme en 2014, il s’attend à ce que la Mongolie fasse état d’une hausse des recettes du tourisme en provenance de l’UE comprise entre €1 million et €1,5 million.

    M. Van Heumen se réjouit du bilan touristique du CBI. ‘Sur les 44 pays qui ont participé au programme précédent, 95% font régulièrement affaire avec des voyagistes néerlandais.’ Pour la nouvelle édition, l’ECP peut tirer parti de l’expertise d’une douzaine de professionnels expérimentés basés dans six marchés européens cibles. Début 2011, lors d’une semaine de formation organisée aux Pays-Bas, chaque voyagiste participant s’est vu attribuer un conseiller expert censé lui apprendre à travailler de manière structurée et stratégique.
     

    Renforcement de la capacité 

    Le CBI a créé l’ECP pour renforcer la compétitivité des exportateurs des pays en développement sur le marché européen et parvenir à exporter durablement. Ces programmes entendent développer les compétences de ces entreprises en termes de gestion interne et de respect des exigences de l’UE en matière d’accès aux marchés. Ils sont organisés en modules axés sur l’audit et la sélection des entreprises éligibles, le développement de plans d’action pour améliorer leur activité, l’offre d’une aide au renforcement de leur capacité d’exportation, une formation sectorielle sur le marketing à l’exportation et une aide à l’accession des entreprises participantes sur les marchés régionaux et européens. Les participants sont invités à participer aux salons commerciaux, rencontres d’acheteurs, activités interentreprises, etc.

    Divisés entre l’agriculture, les produits de consommation, l’industrie et les services, l’ECP a déjà permis à des centaines d’entreprises du monde entier de se hisser sur les marchés européens. Le programme en cours pour le tourisme rassemble 36 pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique centrale et du Sud et des Balkans. Les 280 entreprises qui en bénéficient sont des PME et la majorité sont des voyagistes. Il n’y a pas que les interventions directes qui améliorent la compétitivité de ces PME exportatrices. Le CBI offre une approche intégrée cohérente, qui inclut d’améliorer la capacité des institutions d’appui au commerce à mieux servir les PME exportatrices, en conseillant les acheteurs européens sur les stratégies d’approvisionnement et les gouvernements locaux sur les opportunités commerciales, et en informant les décideurs du Nord de l’impact du développement des politiques commerciales sur les PME. Ces mesures sont appuyées par l’offre d’informations commerciales sur les marchés européens cibles.

     

    Programme intégré 

    En fait, l’ITC et le CBI ont beaucoup en commun. Les deux organisations aident les pays en développement à accroître leurs exportations pour faire reculer la pauvreté et prônent un développement pérenne. Depuis de nombreuses années, le CBI est détenteur du budget de la contribution des Pays-Bas à l’ITC. Depuis 2005, ils sont des partenaires officiels et en 2009, ils ont signé un nouvel accord de partenariat (NTFII) pour mener des projets communs au Sénégal, au Kenya, en Afrique du Sud, au Yémen, au Bangladesh et en Ouganda.

    Dick de Man, Directeur général adjoint du CBI, décrit le partenariat quadriennal comme un programme intégré et coordonné. ‘Le CBI sait évoluer sur différents segments du marché européen alors que l’ITC, en tant qu’acteur mondial, ouvre des portes au reste du m onde et pilote la mise en œuvre de NTFII. Constamment, nous entendons être complémentaires.’

     

    Pourvoyeur de savoir 

    Depuis sa création en 1971, le CBI a parcouru un long chemin. Il entame sa cinquième décennie fort d’un effectif de 60 personnes, d’un réseau de 250 experts et d’un carnet de commande de €150 millions jusqu’en 2015. Adoptant une approche intégrée de son rôle de pourvoyeur de savoir, il s’assure, si possible, que les organisations d’appui aux entreprises et les pouvoirs publics sont inclus dans ses programmes. Grâce au CBI et des organisations similaires, le volume des produits et services de tous les pays en développement destinés aux marchés européens est à la hausse.