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  • DES GAINS POUR LE PROGRÈS?

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    Des gains pour le progrès?

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 1/2004, © Centre du commerce international

    Qui est le consommateur responsable, ce nouveau et puissant personnage qu'on retrouve dans les cours d'économie et les négociations commerciales? Quelqu'un qui achète dans un magasin qui engage sa responsabilité sociale, semble-t-il.

    Les consommateurs responsables, ceux qui exigent des produits biologiques, fabriqués avec des méthodes respectueuses de l'environnement et des emballages recyclables, restent sans doute une minorité. Ils représentent pourtant un segment du marché significatif et en croissance. À mesure que les consommateurs accèdent à plus d'information sur les pratiques commerciales, même les grandes compagnies peuvent en souffrir si elles négligent les préoccupations de leur clientèle. La tendance, comme il en ressort des discussions tenues lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, va probablement s'accélérer et se renforcer.


    «Le secteur de la consommation responsable peut être décrit comme exigeant mais minuscule», émet Ed Mayo, Chef de la direction du National Consumer Council, au Royaume-Uni. Ces consommateurs représentent seulement entre 1% et 10% du marché, selon le segment. Cependant, US$ 23 milliards par année pour les ventes mondiales de produits biologiques, ce n'est pas rien.


    Neil Kearney, Secrétaire général de la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l'habillement et du cuir, à Bruxelles (Belgique), a exprimé son étonnement, car de nombreux détaillants prétendent encore que le consommateur responsable n'existe pas, que les gens achètent uniquement en fonction du prix et de la qualité. Soyez attentifs, a-t-il suggéré. Les consommateurs informés étaient révoltés, par exemple, d'apprendre les conditions de travail inférieures aux normes exigées dans les fabriques à l'étranger. À Brooklyn (New York), des jeunes gens ont organisé une manifestation devant un point de vente et ont jeté leurs baskets à l'entrée du magasin pour protester contre les méthodes d'exploitation du fabricant de chaussures de sport. Des homologues européens ont noué leurs lacets de chaussures et lancé celles-ci sur des fils téléphoniques, transformant la rue en scène de performance artistique dénonçant de mauvaises pratiques. «Certains détaillants qui ont tout juste se plaignent qu'ils ne sont pas récompensés, mais je pense que les consommateurs cherchent plutôt à punir ceux qui ont tout faux.»

    Profil du consommateur responsable



    Que savons-nous sur le consommateur responsable, en dehors de ses préoccupations? Roberto Milk, PDG de Novica, société mondiale de vente en ligne de produits artisanaux sise aux États-Unis, a relaté que, dans des groupes de discussion organisés par sa firme, la corrélation la plus élevée correspondait à un échantillon démographique appelé «créatifs cultivés». Paul Ray, quant à lui, a identifié ces «créatifs cultivés» dans son ouvrage The Cultural Creatives comme étant un groupe de 50 millions de personnes qui changent le monde. Il affirme: «Ils représentent le segment qui croît le plus rapidement. Ils ont une éducation au-dessus de la moyenne. Ils sont socialement conscients. Ils voyagent beaucoup et s'intéressent aux autres cultures.»


    En outre, ils regardent peu la télévision et lui préfèrent la radio.

    Aux États-Unis, ils écoutent plutôt la chaîne publique nationale, dans un but lucratif et exempte de publicité. Ils sont des lecteurs avides et tendent à s'impliquer dans les affaires du quartier, soutenant les écoles ou des groupes écologistes locaux par exemple.


    Atteindre ce type de consommateurs suppose des nouvelles approches de commercialisation et de vente. «Ils ne croient pas la publicité, ajoute M. Milk. Ils ne se fient qu'à des sources de confiance, comme un article de journal. Il peut être utile de former un partenariat avec une organisation plus grande, comme Novica l'a fait avec le National Geographic


    Mel Young, Président d'International Network of Street Papers, sis au Royaume-Uni, un réseau de journaux édités par des sans-abri de 22 pays, a cité une enquête montrant que les personnes assez jeunes tendent à être plus informées sur les questions liées à la consommation responsable, et que les personnes plus âgées sont plus enclines à l'action. De son analyse, il ressort que, pour faire un choix, les gens doivent bénéficier d'un revenu suffisant; ainsi, quand les jeunes d'aujourd'hui vont commencer à gagner un salaire plus élevé, le mouvement des consommateurs responsables va augmenter de manière significative.

    Lier la responsabilité aux résultats financiers



    En tant que firme, il faudrait examiner vos résultats financiers et savoir si vous auriez avantage à appliquer la responsabilité sociale des entreprises (RSE)? Pas nécessairement, selon un expert. Simon Zadek, partisan en vue de la RSE et Directeur exécutif de l'organisation sans but lucratif AccountAbility, au Royaume-Uni, répond que cela paie «peut-être parfois, généralement de manière asymétrique».

    Marilyn C. Nelson, PDG du conglomérat Carlson Companies, aux États-Unis, préférait poser la question autrement: «Cela coûte-t-il?»


    C'est dans ce domaine que le secteur privé peut laisser la place au secteur public. Tout le monde semblait d'accord sur le fait que la RSE n'est viable que lorsqu'elle est imposée par des règles gouvernementales, qui nivellent le terrain en augmentant les coûts pour les «méchants» du monde des entreprises.


    Ricardo Young Silva, Président de l'institut Ethos, au Brésil, une association qui encourage l'éthique dans les affaires, a soutenu que les méthodes responsables peuvent générer un véritable développement durable: le progrès peut se révéler avantageux pour tous, même pour les entreprises. «Quand les dirigeants prennent des décisions qui vont bénéficier non seulement à leurs actionnaires mais aussi aux parties prenantes dans la communauté et le pays, ils vont créer une entreprise stable à long terme, a-t-il affirmé. Il faut inclure les pauvres dans le développement, et non détruire l'environnement, qui est notre plus grand capital.»


    S'engager sur cette voie est un véritable défi.






    Le CCI aide les exportateurs à cibler les consommateurs responsables



    • La publication du CCI Les marchés mondiaux de fruits et légumes biologiques fournit des renseignements détaillés sur la demande de fruits et légumes frais biologiques dans les plus grands marchés. Cette information se fonde sur une étude conjointe du CCI, de la FAO et du Centre technique de coopération agricole et rurale ACP-UE. Le CCI a aussi mené des études sur les produits biologiques aux États-Unis, les principaux marchés européens et au Canada (à paraître).


    Veuillez contacter Peter Smit (smit@intracen.org), Chef, Section du développement des marchés du CCI.


    • L'ouvrage Tropical Timber Products est une publication conjointe du CCI et de l'Organisation internationale des bois tropicaux. Il examine le développement de la transformation du bois, gérée sur une base de plus en plus durable. La transformation aide à réduire la pauvreté - laquelle est sans doute la cause majeure de la déforestation - créant une source de revenus à l'exportation et encourageant une main-d'œuvre qualifiée.


    Veuillez contacter Peter Smit (smit@intracen.org), Chef, Section du développement des marchés du CCI.


    • Le service du CCI Export Packaging comprend des éléments de formation et d'information sur l'emballage écologique pour les firmes des pays en développement.


    Veuillez contacter Jacky Charbonneau (charbonneau@intracen.org), Administrateur principal du CCI sur l'emballage à l'exportation.


    • Publication récente du CCI dans la série Bulletins sur la qualité des exportations, An Introduction to Eco-Labelling offre une vue d'ensemble des incidences sur le commerce de l'éco-étiquetage, ainsi que des renseignements et contacts dans les pays en développement et industrialisés.


    Veuillez contacter Shyam K. Gujadhur (gujadhur@intracen.org), Conseiller principal du CCI sur les normes et la gestion de la qualité.


    • Sous l'égide du Programme de réduction de la pauvreté par l'exportation du CCI, un projet touristique communautaire avec une grande chaîne d'hôtels a vu le jour à Costa do Sauípe, au Brésil; les biens et services demandés par les touristes ont ainsi pu être trouvés auprès des communautés locales.


    Veuillez contacter Fabrice Leclerq (leclerq@intracen.org), Conseiller du CCI en promotion commerciale pour la réduction de la pauvreté par l'exportation.

    Articles de Forum sur le sujet



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    Ces articles et plus d'information sont disponibles sur le site internet de Forum (http://tradeforum.org).


    Prema de Sousa






    Ancien correspondant au Financial Times, Bill Hinchberger, journaliste et écrivain résidant à São Paulo, est rédacteur en chef et éditeur de BrazilMax: http://www.BrazilMax.com

    Peter Hulm a également contribué à la rédaction de cet article.