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    CCI: renforcer les capacités commerciales

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 2/2000

    Lors d'un séminairedu JITAP à Cotonou (Bénin), des spécialistes et des formateurs s'entretiennent à propos de l'évaluation en douane, des règles d'origine et de l'inspection avant expédition.

    Le commerce gagne en visibilité et en importance dans l'agenda de développement des forums internationaux comme dans les centres de décision des pays donateurs et, surtout, dans les pays en développement et les économies en transition. Les ministres du commerce présents à la conférence de l'OMC de Seattle et les pays membres de la CNUCED participant à celle de Bangkok ont signifié clairement que nos pays partenaires nécessitent une plus grande assistance technique pour s'intégrer au système commercial multilatéral. Le renforcement des capacités commerciales doit devenir plus accessible aux gouvernements, aux entreprises et aux institutions de promotion des affaires.

    Le CCI est prêt à relever le défi, car il s'agit là de sa mission fondamentale. Son approche met l'accent sur des programmes génériques qui, à la demande, sont adaptés aux circonstances spécifiques de chaque pays par les partenaires nationaux. Cette approche «produit-réseau» implique un développement participatif, une application étendue et un affûtage constant des instruments, en coopération avec les entreprises et les institutions de promotion commerciale nationales. Une telle approche donne ainsi à des programmes globaux tels que World Tr@de Net et le JITAP (Programme intégré d'assistance technique en faveur des pays les moins avancés d'Afrique et d'autres pays africains) une plus grande portée et une efficacité majeure. Cela va se vérifier encore plus avec l'aide des technologies de la communication maintenant à notre disposition.

    Nos efforts de renforcement des capacités ne seront couronnés de succès que dans la mesure où nous pouvons aider de nombreux pays à s'intégrer réellement à l'économie mondiale, de façon concrète et mesurable. Cette contribution peut être importante mais, pour la mettre en œuvre, nous avons besoin de rapports de coopération forts. Nous devrons pouvoir compter sur nos partenaires habituels que sont la CNUCED, l'OMC et le PNUD. Nous visons également des alliances plus spécifiques avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, le Secrétariat du Commonwealth, l'Agence intergouvernementale de la francophonie, l'Association mondiale des petites et moyennes entreprises (WASME) et d'autres programmes bilatéraux. Le soutien de nos donateurs habituels nous a permis de renouveler nos propres capacités, ce qui nous autorise de plus amples contributions envers les pays partenaires. Un tel soutien revêt une importance capitale pour notre efficacité à venir.

    Le CCI se concentre sur le renforcement des capacités

    Comprendre les règles de l'OMC

    La compréhension des incidences commerciales du système commercial multi-latéral est impératif pour les pays en développement s'ils veulent en bénéficier. Ils doivent créer un noyau national d'experts sur les questions liées au système commercial multilatéral (ci-après MTS), de sorte que le point de vue commercial soit traité adéquatement dans le cadre de la politique commerciale nationale et lors des négociations internationales. Le moyen de renforcer les capacités dans ce domaine crucial est de créer des réseaux interactifs au niveau national avec des formateurs et des experts sur les Accords de l'OMC aussi bien dans le secteur privé qu'au sein du gouvernement et dans les universités. Le CCI alimente ces réseaux et fournit de l'information, du matériel de référence ainsi que des sets de formation prêts à l'emploi sur des Accords spécifiques de l'OMC, par le biais de World Tr@de Net et du JITAP. Des activités sont en cours dans 20 pays participant au World Tr@de Net et au JITAP. Un nouveau partenariat s'est établi entre le CCI et le réseau d'enseignement à distance de l'Institut de la Banque mondiale, qui devrait élargir la portée de ces réseaux à moindre coût. La création de réseaux électroniques régionaux et mondiaux va consolider encore la viabilité de ces structures.

    Les stratégies nationales d'exportation

    Tout pays a besoin de stratégies d'exportation de pointe pour que les acteurs économiques nationaux puissent tirer parti des débouchés émergents. Afin de contribuer à ce processus, le CCI propose différents outils, dont les Trade Maps qui mettent des produits nationaux en rapport avec des marchés internationaux potentiels, évaluent l'offre potentielle et les contraintes, et tracent les étapes pour mettre les produits sur le marché. Le CCI propose également du matériel expressément conçu pour la formulation de stratégies sectorielles et au niveau des entreprises. Notre premier Forum exécutif, dont le thème était «Redéfinir la promotion des échanges commerciaux - Nécessité d'une réponse stratégique», a mis en évidence les meilleures méthodes pour concevoir et gérer des stratégies efficaces d'exportation. Il a étendu notamment les liens institutionnels et les rapports et approches fonctionnels destinés à établir le consensus, l'engagement et le partenariat entre secteurs public et privé, au sein des organismes de promotion commerciale et de la communauté des affaires. (Les points forts de cet événement sont disponibles dans l'ouvrage Redéfinir la promotion des échanges commerciaux - Nécessité d'une réponse stratégique, sur le site web du CCI (www.intracen.org), et dans la revue Forum No 4/1999.)

    Renforcer les organismes d'appui au commerce
    Les pays ont besoin de réseaux au fonctionnement efficace pour que leurs organismes d'appui au commerce puissent étayer des programmes qui améliorent les résultats à l'exportation nationaux. Les organismes de soutien au commerce sont fondamentaux pour l'élaboration de la stratégie, pour la diffusion de l'information commerciale, la formation et le conseil dans tous les aspects du processus d'exportation. Les avantages comparatifs suggèrent en général qu'il faut donner un rôle central aux prestataires de services privés. Renforcer les organismes d'appui au commerce au service de la communauté des affaires est une tâche prioritaire du CCI. Son approche consiste à former des partenaires à l'usage d'instruments de diagnostic, de systèmes d'apprentissage et de bases de données qu'ils peuvent ensuite adapter et utiliser au niveau de l'entreprise. Les modules du programme d'introduction du CCI et les outils de diagnostic et de planification associés servent déjà aux maîtres pour leur enseignement aux formateurs commerciaux dans leur propre pays ou ailleurs. La formation nationaleet les compétences en conseil sur les techniques d'importation peuvent à présent bénéficier du système modulaire de formation en achats internationaux et gestion de l'approvisionnement du CCI. Le renforcement des capacités dans les services d'information commerciale se déroule dans le cadre de la nouvelle stratégie du CCI sur l'information commerciale. Les services de soutien commercial doivent se fonder sur des besoins clairement déterminés chez les exportateurs et les importateurs, auxquels le CCI fournit des outils méthodologiques et d'évaluation.

    La compétitivité des entreprises

    Le CCI édifie la compétitivité des entreprises en partenariat avec les organismes d'appui au commerce, lesquels offrent les services indispensables aux importateurs et aux exportateurs. Un appui intégré est proposé au niveau de l'entreprise, qui combine la formation, le conseil et l'information à l'assistance aux organismes de soutien, afin d'obtenir le renforcement des capacités et des effets multiplicateurs. Outre ces activités centrales, le CCI a développé des outils visant les résultats commerciaux, comme Les Clefs de l'Exportation - Manuel pour les PME exportatrices. Il est en train d'élaborer d'autres ouvrages de questions-réponses, notamment en ce qui concerne l'exportation de pièces automobiles, la qualité et la transformation des aliments ainsi que le commerce des services. Une publication de ce type sur le commerce électronique aura pour complément un réseau internet international sous la forme de diffusion automatisée de listes d'experts et d'organisations, ainsi que d'un catalogue de produits et services.

    Les résultats commerciaux sectoriels

    Améliorer les résultats commerciaux sectoriels implique le renforcement des associations commerciales sectorielles dans les pays exportateurs. Toutes les activités du CCI relatives aux produits de base sont entreprises en partenariat avec les organisations nationales ou internationales concernées. Ainsi, une vente aux enchères de café par internet, couronnée d'un franc succès, a été mise sur pied sous les auspices de l'Association brésilienne de café de spécialité. De plus, les activités menées par le CCI dans le secteur du cuir en Afrique ont entraîné la création de la Fédération panafricaine du cuir et industries connexes, ainsi que celle de deux associations régionales, qui ont démarré des programmes de formation et la promotion des liens commerciaux. À la suite de plusieurs rencontres sectorielles acheteurs-vendeurs pour les pays arabes soutenues par le CCI, qui ont impliqué un processus d'apprentissage par l'expérience, le Programme arabe de financement du commerce a démontré qu'il est parfaitement capable de poursuivre ces activités seul. D'autres exemples pourraient encore être cités.

    L'application du renforcement des capacités

    Le CCI applique des approches visant le renforcement des capacités dans le cadre de ses programmes globaux, avec une initiative unique concernant plusieurs pays, le JITAP, et par le biais d'autres projets régionaux ou particuliers à un pays. L'efficacité au moindre coût revêt une importance majeure, mais ce sont les besoins spécifiques et les caractéristiques des pays partenaires qui dictent le contenu et l'approche à employer.

    Des programmes comme World Tr@de Net pour l'amélioration de la compétitivité de PME prouve que des capacités durables peuvent être édifiées avec des programmes globaux, efficaces à moindre coût et destinés à un grand nombre de pays. Notre programme pour la promotion des échanges commerciaux Sud-Sud adapte des méthodologies éprouvées et des instruments à l'usage des institutions partenaires. Quant au programme Renforcement des capacités et travail en réseau pour les services de l'information commerciale, que nous espérons démarrer d'ici peu, il prévoit la collaboration avec la CNUCED pour la diffusion de l'information commerciale et avec l'OMC pour l'amélioration des capacités des pays partenaires pour obtenir de l'information sur les conditions d'accès au marché.

    Le JITAP, un programme développé dans le pays partenaire et mis sur pied conjointement par l'OMC et la CNUCED, se consacre à l'élaboration et à l'adaptation d'une série de techniques et de matériel. Ils sont conçus pour aider les pays partenaires à développer leurs capacités à traiter des questions liées au MTS, à mettre en œuvre les Accords de l'OMC, à formuler des stratégies sectorielles ou propres à l'entreprise, et à offrir des services pour aider les exportateurs. Le renforcement des capacités progresse grâce aux synergies entre les activités nationales amplifiées par la mise en place de réseaux de formateurs et d'experts sur les questions liées au MTS. Les actions coordonnées entre pays sont aussi générées par le programme en vertu de la mise en pratique simultanée dans sept pays des mêmes mécanismes d'exécution et de la stratégie de gestion pour des économies d'échelle. Les résultats d'une récente enquête, pour savoir si les objectifs de renforcement des capacités étaient en bonne voie, suggèrent qu'une action plus délibérée et efficace est nécessaire pour encourager les synergies du programme.

    Les activités visant le renforcement des capacités doivent être principalement fondées sur les besoins et les capacités existantes du pays partenaire. Au Viet Nam, une approche par étapes est en cours pour faire connaître les éléments indispensables à une promotion de l'exportation réussie. Le dialogue entre le secteur privé et le secteur public sur différents sujets, y compris leurs rôles respectifs, l'analyse des besoins des entreprises et des services d'appui, la formulation d'une stratégie sectorielle précise ainsi qu'une formation de base constituent les conditions préalables avant de s'engager dans un programme plus vaste. Dans plusieurs pays moins avancés (PMA), comme par exemple le Bhoutan et le Lesotho, des consultations des secteurs public et privé sur les approches stratégiques et les priorités sont encouragées afin de créer une base pour les activités du programme dans le Cadre intégré. Des approches similaires vont être adoptées dans plusieurs PMA francophones, avec le soutien financier de l'Agence intergouvernementale de la francophonie.

    Améliorer la capacité d'exécution du CCI

    Le CCI attache une importance de premier ordre à l'amélioration de ses propres capacités à répondre aux besoins croissants des pays en développement et des économies en transition. Le programme d'évaluation du CCI est complété par un contrôle des projets plus soutenu et un suivi interne de la gestion. De plus, il a été apporté plus de rigueur dans la planification des programmes. Dernièrement, de nouvelles lignes directrices ont été établies pour l'évaluation des besoins et la conception des projets. Elles constituent la base pour les programmes du CCI et un point de référence pour l'approbation des projets par le CCI.

    Le CCI va aborder les problèmes des programmes de manière systématique. Sur la base d'évaluations d'anciens projets de développement des exportations rurales et de son expérience actuelle, il a pu identifier les conditions et les contraintes pour réussir à promouvoir l'autonomie des communautés pauvres en canalisant leurs capacités entrepreneuriales et de production vers des marchés d'exportation. Le CCI a développé une approche globale de la diminution de la pauvreté grâce à l'exportation, ce qui

    implique de mettre en contact des groupes de producteurs pauvres avec les marchés d'exportation. L'expérience et les compétences du CCI dans ce domaine donneront lieu à une coopération avec le PNUD et la Banque mondiale.

    Le CCI a eu l'occasion de participer à plusieurs forums, auxquels il a non seulement contribué mais où il s'est également enrichi dans le domaine du renforcement des capacités, notamment dans le cadre du Comité d'assistance au développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui est en train d'examiner les meilleures méthodes de renforcement des capacités pour le développement du commerce, et du Comité des agences donatrices pour le développement des petites entreprises, qui fait des recherches et des échanges d'expériences sur le même sujet avec les consultants commerciaux.

    Le CCI demeure attentif aux progrès des technologies des télécommunications et leurs effets potentiels sur la mise en place des programmes et sur l'évolution des conditions des milieux d'affaires dans les pays partenaires. D'une part, le CCI travaille en étroite collaboration avec le réseau d'enseignement à distance de l'Institut de la Banque mondiale pour faire bénéficier au maximum le développement du commerce de ce potentiel inouï. D'autre part, il a mis sur pied un examen systématique des perspectives et des incidences du commerce électronique dans les pays partenaires. Le prochain Forum exécutif du CCI est en bonne voie; il a pour thème «La promotion du commerce dans l'économie numérique».

    Pourtant, si l'on veut traduire le développement de programmes en réalisations concrètes, des ressources sont nécessaires. C'est pourquoi le CCI se tient prêt à coopérer étroitement avec les donateurs, y compris par des évaluations conjointes des besoins ou avec des projets conjoints, comme nous le faisons déjà en partenariat avec un nombre croissant d'agences de développement bilatérales.

    Ces lignes sont tirées d'un discours de M. J. Denis Bélisle, Directeur exécutif du CCI, prononcé lors de la 33e session du Groupe consultatif commun du CCI, réunie en avril 2000.